"Il faut aux Kindertotenlieder non pas une mère mais une prêtresse."
J.-Ch. Hoffelé dans Diapason (n°541), à propos du concert de Bernarda Fink à Paris le mois dernier,
dont personne n'a parlé sur les sites avertis :-(
"Nous espérons toujours un miracle, tant le timbre est riche, l'ambitus remarquable (un vrai soprano, avec des aigus non empruntés à Schwarzkopf!), l'agilité proprement extraordinaire, la diction excellente [...]. Mais qu'elle cesse de s'agiter enfin, d'intervenir à tout instant dans la matière vocale et musicale : le "voi" dans "Piangete voi" de Bolena entend saisir, en une seule note, le billot, la hache et le bourreau."
Piotr Kaminsi dans Diapason (n°541), à propos du dernier disque-récital d'Alexandrina Pendatchanska.
"Voix d'opéra-comique au timbre pauvre, dépassée par les exigences du rôle, Annick Massis s'attache surtout à tricoter les vocalises de Giunia. On ne dira même pas qu'elle aurait dû chanter Celia : Julia Kleiter nous y réserve la seule vraie satisfaction de la soirée"
Didier van Moere dans L'Avant-Scène (n°234), à propos du Lucio Silla de Salzbourg 2006
"Stéphane Degout a tout : classe physique qui n'exclut pas la drôlerie ; beau timbre, énergique et précis ; style mozartien pénétré au point que le récitatif le plus enflammé l'exacerbe sans jamais le corrompre ; jeu d'un grand naturel."
Chantal Cazaux dans L'Avant-Scène (n°234), à propos du Cosi de Chéreau (DVD)
"Certes nous n'avons plus les rites d'un sacrifice pompeux, ni ces Atrides agréablement distants à force d'être mythologiques. Nous avions les rites les rites de la mort lente d'aujourd'hui. [...] En guise de fatum antique, nous avions les fantômes modernes de ce que la vie nous impose, ou de ce que nous voulons à tout prix éviter de devenir. [...] Nous n'avions plus rien du décorum, mais nous avions Iphigénie : l'exil et la mort, l'acceptation ou le sursaut, soudainement là, présents aux portes de nos intimités sociales et familiales et de nos concessions coupables."*
Chantal Cazaux dans L'Avant-Scène (n°234),
à propos de l'Iphigénie en Tauride de Gluck mise en scène par Warlikowski.
*En somme, Iphigénie en Tauride, "c'est arrivé près de chez vous". Et ce grand bête de Racine qui s'imaginait que "les personnages tragiques doivent être regardés d'un autre oeil que nous ne regardons d'ordinaire les personnes que nous avons vues de près"... Le pauvret avait eu le malheur de fréquenter Tacite : "Major e longinquo reverentia", ce qui revient à dire que la majesté augmente avec la distance. Question de point de vue, c'est le cas de le dire.

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