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Samedi 28 octobre 2006
   
    Alan Curtis a donné en septembre dernier, dans le cadre du festival de Viterbe, une exécution du rare Tolomeo de Haendel qui donnera lieu à un enregistrement pour Archiv/DG.
    La distribution réunit Ann Hallenberg (Tolomeo), Karina Gauvin (Seleuce), Romina Basso (Alessandro), Pietro Spagnoli (Araspe). O gioia !

    Par le même Curtis doit sortir au début de 2007 un Fernando (alias Sosarme) avec Lawrence Zazzo et Max-Emmanuel Cencic en tête de distribution.

    À paraître également en 2007 chez Harmonia Mundi l'enregistrement d'Amadigi issu du concert dirigé par eduardo Lopez Banzo à Montpellier, avec Maria Riccarda Wesseling dans le rôle-titre et la remarquable Sharon Rostorf-Zamir en Melissa.

    On retrouvera les deux cantatrices avec Kobie van Rensburg et Raimund Nolte dans un enregistrement du Messie, ou plutôt Der Messias, dans la traduction de Johann Gottfried Herder, le tout dirigé par Wolfgang Katschner (Coviello, 2007).

    Au chapitre des rééditions imminentes, le Giulio Cesare dirigé par Karl Richter (DG, 1970), curieusement jamais réédité en CD, contrairement à son monumental Samson (avec Arroyo, Procter, Young, Donath, Stewart : le gratin). Bon témoin des usages germaniques encore en vigueur à l'époque : parties transposées (Fischer-Dieskau en César, Schreier en Sesto, Franz Crass en Tolomeo !), da capo sans AUCUN ornement, partition complète. La direction de Richter est disons nourrie…
    Mais les dames valent le coup : Julia Hamari déploie en Cornelia son alto sublime (l'expression reste un peu molle, mais quel chant) et surtout Troyanos confère à Cléopâtre une splendeur vocale, un sens de la couleur, de l'expression et du phrasé, de l'ironie comme de la grandeur, tous exceptionnels. C'est la seule Cléopâtre érotique que j'aie entendue (Delunsch sur scène à Bordeaux mise à part) et son mezzo est finalement très à l'aise malgré les passages aigus du rôle. L'air d'entrée est d'une ardeur magnifique, "V'adoro pupille" ravit. À connaître impérativement : comme Kozena et avant elle, Troyanos révèle le caractère d'un rôle trop souvent confié à des soranos aigus.

Par Bajazet
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Vendredi 15 décembre 2006
« Le ténor a pris le théâtre en photo avec son téléphone. »

(Le Monde, 15 déc. 2006)
Par Bajazet
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Vendredi 29 décembre 2006

    Ce n'est pas nouveau… et ceux qui ont entendu son Armida dans le Rinaldo ne l'ont sans doute pas oubliée. La version Jacobs a heureusement préservé cette incarnation extraordinaire, un des rares témoignages discographiques de cette voix fantastique, doublée d'une intelligence musicale et expressive de premier ordre.
    Photos et extraits live sont disponibles sur son site (pas forcément à jour) :
    www.ingakalna.com

    La soprano lettone est toujours en troupe à Hambourg : après Ilia la saison passée, elle va chanter Regina dans Mathis le peintre de Hindemith, puis en mai prochain le rôle de Polissena dans le Radamisto de Haendel, aux côtés de la mezzo Maïté Beaumont. Toutes deux avaient interprété les protagonistes d'Alcina par le passé, toujours à Hambourg.

    Or, selon une source bien informée, Inga Kalna devrait reprendre ce rôle d'Alcina à l'Opéra de Paris la saison prochaine !

    Aaaaaaaaaaaah, mio cor…
Par Bajazet
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Mercredi 3 janvier 2007
    Le Deusche Oper am Rhein, qui réunit les théâtres de Düsseldorf et de Duisburg, a été créé en 1956. Il est aujourd'hui dirigé par Tobias Richter, le fils de Karl Richter, lui-même metteur en scène (Montpellier avait présenté son Vaisseau fantôme il y a près de 20 ans, avec Lisbeth Balslev et Monte Pederson).

    À l'occasion du cinquantenaire paraît un copieux livre de photographies (chez Dumont) accompagné d'un double CD réunissant des enregistrements live issus des archives du théâtre. Ces 2 CD sont aussi vendus séparement (disponibles sur jpc).



    Les chanteurs retenus ne sont pas forcément les plus illustres (à tous les sens du terme). Attention : dans la liste des noms, Hollweg et Ludwig désignent respectivement Ilse pour sa Zerbinetta, et Hanna au lieu de Christa…
    On peut cependant mentionner Astrid Varnay en Lady Macbeth, Hilde Zadek en Aida, la jeune Behrens en Rusalka (la soirée complète est parue chez Gala : Behrens était alors en troupe à Düsseldorf, où Karajan la dénicha pour Salomé) et Martha Mödl dans Noces de sang (Bluthochzeit) de Fortner.



Par Bajazet
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Samedi 6 janvier 2007
    Plusieurs nouveautés importantes chez l'éditeur Walhall, dont les disques sont vendus à prix dérisoire sur www.jpc.de
    D'abord un enregistrement inédit d'Antigonae de Carl Orff, issu des archives de Stuttgart, avec une distribution qui laisse pantois.
    Sauf erreur, on n'avait pas de trace de Mödl dans ce rôle. Ce que vaut l'œuvre, c'est sans doute une autre histoire, mais Mödl dans un tel rôle ne se refuse pas.



    Sous la direction de Böhm, deux Mozart rares des années 50. Le premier a peut-être intérêt à le rester : un Idomeneo de Salzbourg 56 (donc façon "bœuf mode") avec Kmennt et Schock (mouais…) et aussi (et là on a vraiment peur) Hillebrecht en Ilia et Goltz en Elettra (Elektra ?). Kaminski en parle dans la Discographie de L'Avant-Scène old fashioned.
    Mais le second, capté à Francfort la même année, est un Enlèvement au sérail réunissant la jeune Erika Köth et le toujours jeune Anton Dermota en couple de protagonistes, plus Greindl en Osmin.

    Enfin, on ne peut que se réjouir de disposer à prix très modique des Meistersinger de Bayreuth 1956, dirigés par Cluytens ! J'imagine que la direction à elle seule justifie l'écoute. Et quand on aligne Brouwenstjn, Windgassen, Hotter en Sachs, Greindl en Pogner…

    Je n'ai rien oublié ? Oh, une broutille : encore un Falparsi, de 1956 et de saint Kna, avec Mödl et Vinay, Fischer-Dieskau en Amfortas, Blankenheim en Klingsor. Je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà vu cette distribution-là, mais Kat pourra nous éclairer, si du moins elle ne croupit pas en prison pour dettes.

    JPC L'A TUER

Par Bajazet
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Dimanche 14 janvier 2007

   C'est officiel : Placido Domingo interprètera le rôle de Bajazet dans le Tamerlano de Haendel en 2008, à Washington mais aussi à Madrid au printemps.

    La production de Washington (dates à déterminer) sera dirigée par W. Lacey, et réunira David Daniels (Tamerlano), Patricia Bardon (Andronico) et Andrew Foster-Williams (Leone). Prions le Ciel pour que Renée Fleming n'ajoute pas Asteria à son tableau de chasse

    Au Teatro Real de Madrid, l'opéra sera dirigé par Paul Mc Creesh, à la tête de l'orchestre de la maison. Mise en scène de Graham Vick. 2 distributions en alternance :
— celle avec Domingo réunit M. Bacelli (Tamerlano), Ingela Bohlin (Asteria), Sara Mingardo (Andronico), Jennifer Holloway (Irene) les 26 & 29 mars, puis 1er, 4, 8 & 11 avril
— la seconde comprend Ann Hallenberg (Tamerlano), Bruce Ford (Bajazet), Isabel Rey (Asteria), Patricia Bardon (Andronico), Renata Pokupic (Irene) les 28 & 31 mars puis 3, 5 & 7 avril.
 

    Après son Hippolyte de Rameau (!) avec Beverly Sils (!!) à Boston en 1966*, et si l'on veut bien excepter Idomeneo, c'est la deuxième fois que Placido Domingo aborde le répertoire baroque, et on ne l'attendait guère sous la baguette de Mc Creesh… Seul témoignage de lui dans Haendel jusqu'ici, sauf erreur : l'air de Sesto "Svegliatevi nel core" dans un de ses premiers récitals chez RCA.


*Deux ans avant, pour le bicentenaire de la mort de Rameau, c'est Pierre Boulez qui avait dirigé Hippolyte et Aricie en concert à Paris (au Théâtre des Champs Élysées, sauf erreur).


P.S. Sur les rôles de ténor dans l'opera seria, je renvoie à la synthèse remarquable de Clément, en 5 articles successifs sur le blog de Licida. On y trouvera en particulier des renseignements sur Francesco Borosini, le créateur du Bajazet de Haendel, et sur les particularités du rôle (confier le rôle masculin principal à un ténor était alors inusité).

http://licida.over-blog.com/article-3660903.html
http://licida.over-blog.com/article-3661181.html
http://licida.over-blog.com/article-3661789.html
http://licida.over-blog.com/article-3664638.html
http://licida.over-blog.com/article-3664709.html
 
Par Bajazet
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Mercredi 24 janvier 2007

Un courrier de la Salle Pleyel annonce le remplacement, pour le rôle de Télaïre, de Sandrine Piau par Sophie Daneman, qui sévit donc toujours.

Tristes apprêts, pâles flambeaux...

Le même courrier nous assure aimablement qu'Anders Dahlin, Laurent Naouri et Jennifer Smith seront à leur poste dans ce Castor & Pollux dirigé par Gardiner les 16 et 17 février prochains.

Par Bajazet
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Dimanche 28 janvier 2007
  1.  
    Pour la saison d'opéra 1770-1771, la ville de Turin commandait un opéra célébrant son histoire : Annibale in Torino. Le livret, dû à Jacopo Durandi, fut mis en musique par Giovanni Paisiello, alors âgé de 30 ans. Le jeune Mozart, qui passait par là, assista avec son père à l'une des représentations. À la même époque, l'Académie de peinture lançait un concours sur le même thème que l'opéra.

    La genèse de cet opéra et son contexte sont retracés dans un livre à paraître dans quelques jours, lequel propose aussi le livret intégral :
"Annibale in Torino" Una storia spettacolare
, EDT
    http://www.edt.it/shop/dettaglio.php?isbn=9788860401731

    Cette publication est placée sous l'égide d'une association turinoise (De Sono), laquelle organise une exécution en concert de cet opéra le 25 février prochain à 21h au Conservatoire de Turin. Ce concert est gratuit : se reporter au site www.desono.it pour retirer une invitation.

    L'affiche est plus qu'alléchante :

Annibale : Sakurada Makoto*
Artace : Karina Gauvin
Adrane : Roberta Invernizzi
Edlige : Sonia Prina
Oscarte : Maria Grazia Schiavo
Jassarte : Romina Basso
Accademia Bizantina
Direction musicale : Ottavio Dantone

    Il n'y a que les Alpes à franchir. Se munir d'éléphants et de vinaigre bouillant pour faire éclater la roche. À défaut, prier le Ciel que ce concert soit accueilli au prochain Festival de Beaune !

* C'est un ténor qui a participé à la série des cantates de Bach gravées sous la direction de Suzuki. J'ignore si dans la distribution que j'ai reproduite le nom précède le prénom ou pas : il semblerait que Sakurada soit le patronyme. (Mais alors, Professeur Marrec, ce serait comme pour les Hongrois ?)
Par Bajazet
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Dimanche 4 mars 2007
    
    Connaissez-vous Mannheim ?


   
    Avant de devenir Prince Électeur de Bavière en 1777, et ainsi de commander La Finta Giardiniera puis Idomeneo à Mozart pour le Carnaval, Carl Théodor (1724-1799) régnait sur le Palatinat et tenait sa cour à Mannheim, au confluent du Rhin et du Neckar. L'orchestre y faisait l'admiration de l'Europe entière. La correspondance de Mozart, qui s'était lié avec Cannabich, un des musiciens éminents de Mannheim, témoigne de la vitalité extraordinaire de la composition orchestrale et lyrique à la cour (du ballet également).

    Dès la fin des années 1750, on donne à Mannheim des opéras novateurs. L'année même de la création d'Ippolito e Aricia de Traetta à Parme (1759), qui greffe le livret de la tragédie lyrique de Rameau sur l'esthétique de l'opera seria, Holzbauer en réalise une nouvelle mouture à Mannheim. Traetta créera sa Sofonisba à Mannheim en 1762, juste avant de composer son Ifigenia in Tauride pour Vienne. En 1764, une autre Ifigenia in Tauride est composée par de Majo pour Mannheim. Parallèlement à l'entreprise de Gluck et Calzabigi, de tels opéras ambitionnent d'une façon ou d'une autre de réorienter l'opéra seria dans un sens plus vigoureusement tragique, via le modèle français le cas échéant. Mais on trouve aussi un opera seria en allemand et à sujet patriotique : Günther von Schwarzburg, "singspiel" (sic) ou plutôt "deutsche Oper" de Holzbauer, qui date de  1776 et dont la musique enthousiasme Mozart.
    À côté de cela, on représentait aussi à Mannheim des opéras sur des livrets de Métastase (adaptés) ou d'autres librettistes : par exemple, Temistocle (1772) ou Lucio Silla (1774) de Jean-Chrétien Bach, Catone in Utica de Piccinni (1770). Ces 3 opéras furent créés par Anton Raaf et Dorothea Wendling, stars de la cour, qu'on retrouvera à la création d'Idomeneo.

    Il se trouve que l'actuel Opéra de Mannheim (Nationaltheater) depuis plusieurs années s'attache à remettre en valeur ce patrimoine. Sofonisba de Traetta a été donnée il y a 2 ou 3 ans, et même en 1999 un spectacle a réuni sous la direction de Fr. Bernius 2 "mélodrames" très rares, Didons Tod de Holzbauer et Electra de Cannabich (ce dernier créé quelques mois après Idomeneo).

    C'est le tour cette année du Catone in Utica de Piccinni, spectacle créé il y a un mois sous la direction de Reinhard Goebel ! La production est redonnée jusqu'en juillet au Hoftheater. On peut même entendre deux soirs de suite  ce Catone et la Médée de Cherubini (en français, dialogues parlés en allemand) mis en scène par Achim Freyer. Les chanteurs distribués ne sont pas connus (sauf Robert Crowe), les mises en scène sont ordinairement "à l'allemande" (voir les photos de la Sofonisba sur le net…), mais tout cela est bien tentant. Puisque Beaune est tombé dans la paresse, pourquoi ne pas aller faire un tour à Mannheim en juillet ? Vous connaissez Mannheim ?

http://www.nationaltheater-mannheim.de/oper/


P.S. Le planning affiché sur Operabase annonce une reprise de Médée en juillet, mais le site du théâtre ne la mentionne pas. J'imagine qu'il y a eu annulation. On peut voir un extrait vidéo de cette Médée de Freyer sur le même site.
Par Bajazet
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Vendredi 9 mars 2007

    Le programme est en ligne
http://www.festivalbeaune.com

    Comment ne pas être déçu devant la raréfaction des concerts et surtout la platitude de la programmation ? Le Festival de Beaune a brillé naguère à la fois par le choix de raretés et/ou par des distributions prestigieuses. Pour le coup, on nous propose ce qu'il faut bien appeler du tout venant. À quoi bon ces Noces de Figaro en version concert et honorables sur le papier ? Cet Enlèvement réchauffé d'Aix était-il nécessaire ? Et Christie dans La Création, franchement… Malgré un versant de musique sacrée plus intéressant (Buxtehude, Purcell), le programme est ostensiblement recentré sur des compositeurs qui attirent de toute façon le public (Bach, Monteverdi, Mozart, le Haydn de la Création… mais pas celui du Retour de Tobie).
Et un énième come back de Scholl dans les cantates italiennes, pietà di noi. Pas de baroque français, pas d'opéra ou d'oratorio italien rare du XVIIIe.

     Certes, le Festival a par le passé honoré ces répertoires, mais que se passe-t-il pour qu'un festival-anniversaire se replie ainsi assez frileusement sur des œuvres dont de toute façon on ne peut guère attendre d'éblouissement vocal ? Baisse du budget, des subventions ? Il est triste de constater une telle évolution, ne serait-ce qu'en comparant avec le programme de l'an passé.

Par Bajazet
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