Vendredi 9 octobre 2009
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Vous aussi, vous regrettez les années 70 ? Vous n'étiez pas né ? Raison de plus.
C'était donc en 1974. Daniel Schmid sortit un film intitulé La Paloma, avec en tête d'affiche une artiste vouée par je ne sais quel mystère à devenir une icône. Eh
non, je ne parle pas d'Éve Ruggieri, qui à l'époque se contentait de coprésenter à France Inter l'émission Les Panthères Roses. Je suis bien placé pour en témoigner puisque lors d'une
tournée estivale de la radio je l'ai vue de mes yeux, trônant sous le kiosque à musique de la place Louis XIV à St-Jean-de-Luz, et vêtue d'une salopette rose, animer ladite émission par son babil
scintillant. Je fus d'ailleurs tellement envoûté par sa voix que je m'enhardis à m'approcher d'elle pour quémander un autocollant France Inter pour ma collec. Il resto, il resto non
dico.
Donc il ne s'agissait pas d'Ève Ruggieri mais de son corps glorieux, j'ai nommé Ingrid Caven. Laquelle, dans une scène qui n'est pas la moins kitsch du film (si les mots ont un
sens), pousse assez loin l'émulation avec Lotte Lehmann dans le tube extrait de La Ville morte. L'autre voix (Paul) est celle de Richard Tauber, George Szell dirige, le tout est gravé à
Berlin le 17 mars 1924. Que si vous regrettez que le play-back ne soit pas synchrone, c'est forcément par insensibilité à l'Art avec un grand K.
Allez, on respire profondément, et on clique.
Et pour boire jusqu'à la lie le calice de la nécrophilie, voici, sous la direction de Korngold en personne, à son retour à Vienne après la
guerre, Hilde Zadek, toujours assez prosaïque dans le phrasé mais bien intéressante quand même, et surtout Anton Dermota, pur fantasme vocal — c'est de circonstance.
Par Bajazet
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Publié dans : uvres et compositeurs
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Et puis Lehmann était du genre de Maggie Smith : elle n'allait pas voir de film au cinéma.
Puisqu'il n'a pas souvent été l'occasion de parler de Lehmann sur le Bajablog, j'en profite pour indiquer ce témoignage extraordinaire que beaucoup connaissent déjà je pense :
Heureusement, Pauline Tinsley est indemne !
Mariode R. n'y sévira pas, contrairement au débat accablant de dimanche dernier sur Les Nuits d'été, où l'interprétation de Crespin fut qualifiée de "très rhétorique" quand les maniérismes de Gens ("Iphise sur les lagunes") provoquèrent une extase collective. Bernarda Fink s'est fait sortir après quelques mesures de "Villanelle". Ouais… Il est de toute façon risible de prétendre juger d'un "Spectre de la Rose" en bornant l'écoute à moins des 2 premières minutes. Mais il faut bien le temps de pérorer, de soupirer, de balancer des saillies dignes d'un entretien avec Mireille Dumas.
Il va devenir indispensable pour moi de me procurer cette Paloma. Je suis au bord de l'orgasme (au bord seulement, rassurez-vous)
Ca à l'air de valoir l'extraordinaire Esa Mujer que je visionne béatement en ce moment même et dans lequel Sara Montiel, religieuse violée par des soudards, est chassée de son couvent et devient prostituée. Mais elle interprète elle-même ses chansons.