Samedi 13 octobre 2007
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Ce soir, en préparant le dîner, j'écoutais à la radio la fin d'une émission sur le Sant'Alessio de Landi monté par Lazar et Christie, à quoi succéda l'habituel blabla de Jérémie Rousseau sur l'actualité discographique, qui chez lui semble toujours se limiter à des têtes de gondoles : pour le coup, c'était Bartoli, Florez, Dessay*.
Va donc pour Juan Diego Florez qui rend hommage à Rubini. Extrait : un air de Gualtiero dans Le Pirate de Bellini, dont j'avoue ne connaître que la scène finale. Il en faudra plus pour stimuler mon désir. Non seulement je crois n'avoir jamais entendu un air de Bellini aussi plat, mais que dire de cet interprète ? C'est donc ça qui provoque l'hystérie d'une certaine partie du public ?
J'avais entendu Florez naguère dans quelques utilités (Marzio de Mithridate, Idreno dans Sémiramis) sans en avoir gardé d'autre souvenir qu'un chant facile avec un timbre clair et brillant. Mais là, je suis ébahi par son insignifiance. La diction est nette, mais le chant ne dit rien. Et que cette voix paraît pauvre, dans le fond. Du vernis, et après ? Alors bien sûr, c'est jeune, c'est souple, ça couine avec grâce et sûreté dans l'aigu, ce qui suffit à ravir, j'imagine, des auditeurs pour qui La Fille du Régiment constitue un sommet musical**. D'ailleurs, J. Rousseau, toujours un peu approximatif dans son expression, nous a invités bravement à admirer avec lui les « aigus redoutables » de Florez.
Ma question est donc la suivante : y a-t-il quelqu'un derrière ces suavités tièdes et molles ? J'ai irrésistiblement repensé à ce que dit la comtesse de Hautcardon dans une nouvelle des Diaboliques de Barbey :
« Nous sommes bien bêtes de nous donner un tel tintouin pour savoir ce qu'il y a dans le fond de l'âme de cette femme : probablement il n'y a rien ! »
* On a entendu un extrait du récital Bellini-Donizetti de Dessay à paraître, la fin de la folie des Puritains. Effarant : c'est exsangue, plat (Pidò à l'unisson, malgré les instruments d'époque), vide pour tout dire, et elle semble tellement peu à l'aise ni même concernée.
** Une collègue me confiait l'autre jour qu'elle n'en pouvait plus parce que son mari, féru d'opéra mais du genre qui n'écoute que Sutherland, Grubi et Florez (vous voyez le genre ?), écoutait en boucle l'air à contre-uts de La Fille du Régiment et autres gaietés de l'escadron. Comme elle m'a demandé ce que j'en pensais (ça ne suffit pas d'être ordonné confident, il faudrait en plus donner des conseils…), j'ai pris un biais en lui conseillant d'envisager sérieusement l'éventualité d'un divorce, tout en la persuadant qu'elle n'avait pas trop à se plaindre puisque son auguste époux, apparemment, ignore encore l'existence de Cristina Deutekom.
Par Bajazet
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Publié dans : Artistes
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