Jeudi 12 juillet 2007
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Aujourd'hui : l'Idiote revient de la noce.
Salut la compagnie ! Je viens pour le contrôle du taux de mariode, suite à son nouveau compte rendu aixois (El Mundo daté du 12 juillet).
C'est au sujet des Noces de Figaro dirigées par Harding à l'Archevêché. Ça n'a pas l'air d'être la joie, cette production… alors que Les Noces, c'est la joie de vivre. Comme disait Ève R. du temps où Louis Erlo la régalait à Aix, "Mozart, c'est du champagne". Je suis de mauvaise foi, peut-être, car elle parlait de Rossini. Dans le fond, peu importe. Car Mozart, c'est le rire mêlé de larmes, n'est-ce pas ? Un peu comme quand on a trop bu. Je parie que Harding ne boit pas d'alcool. Il a raison, car les buveurs dirigent jeunes. Pardon, je ne sais plus ce que je dis… c'est à cause de ce pauillac. Mais revenons au taux de mariode.
Il nous est agréable de vous rassurer : tout est OK. Même que l'homéotéleute est cette fois adorné d'une paronomase : « la mise en scène de Vincent Boussard a l'indigence d'un Beaumarchais bon marché ».
(Rires enregistrés.) Drelin drelin ! Faudra penser à garder le moule, il peut encore servir. Pour un opéra de Lully par exemple : « cette régie de fortune confond les mirages de Quinault avec le tirage du Kéno ».
La faute statutaire est à son poste : « Avec cette quasi-absence de continuo dans les récitatifs, on se croirait presque dans un opéra comique, soit une succession de dialogues entrecoupée de musique. » Est-ce que je finasse en faisant remarquer qu'un opéra comique, ce n'est pas un opéra-comique ? Bon, dites-moi plutôt ce qu'elle a voulu dire, parce que franchement j'ai perdu le fil…
Mariode au Labyrinthe avec vous descendue
Se serait avec vous corrodée, ou pendue.
Car on tremble à lire le début de l'article, tant l'auteure semble y abandonner son attachement légendaire à l'anti-conformisme pour renouer avec la rengaine nostalgique : où sont les mozartiens d'antan ? Aix n'est plus dans Aix, etc. Mais non, elle reste toujours transgressive, grâce à une écriture qui se met elle-même en danger :
« On ne va pas pleurer sur le temps révolu des Teresa Stich-Randall et Berganza, des Gabriel Bacquier, des Graziella Sciutti, mais a-t-on entendu depuis longtemps à Aix une voix mozartienne digne de ce nom ? »
Keine wie du ! Tout simplement, elle ne sait pas manier la langue française. On suppose qu'elle veut dire : "on n'a pas entendu depuis longtemps à Aix une voix mozartienne digne de ce nom". Passons sur le ridicule du propos. Mais tourner la phrase de la sorte en interrogation rhétorique revient à la rendre absurde. Il fallait écrire quelque chose comme : "depuis quand a-t-on entendu une voix mozartienne à Aix ?", ou "a-t-on entendu récemment une voix mozartienne à Aix ?" C'est quand même dommage d'écrire le contraire de ce qu'on voulait exprimer. Mais un charlatan de Molière dirait : sachez, Monsieur, que c'est précisément la gloire de notre profession.
Par Bajazet
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Eh bien on peut dire que l'"idiote" n'est pas à la noce sur vos terres!
Pour ce qui est de la nostalgie d'un âge d'or révolu, c'est curieusemnt un des leitmotivs les plus constants de l'Histoire du chant. On disait déjà cela au XVIIèsiècle en Italie, par exemple, sur la génération de chanteurs d'alors, au regard de la génération précédente, et cela devait être la même chose bien avant, dans l'Antiquité...
Pour le fond, en plus, je pense qu'une Kate Royal (qui ne nous vient pas de Hollande) en Comtesse ne doit pas faire honte au chant mozartien...
Mais pour la forme, cela m'évoque irrésistiblement cette perle relevée dans un article d'un journal gratuit voulant rendre compte de l'ouverture d'un nouveau lieu branché dont le succès immédiat avait été tel "qu'il ne cessait de désemplir"!
Amitiés. O.
8-/
"Seul le Cherubino très "kierkegaardien" de Malena Ernman (du genre séducteur métaphysique), la Comtesse un peu mégère et très en voix de Kate Royal (elle n'a pas encore quitté les mauvaises manières de la Rosina du Barbier de Séville) sauvent la mise."
un Chérubin kirkegaardien, c'est un Chérubin angoissé pour parler simplement ?
et un séducteur métaphysique ???
On en revient au syndrome "adolescente" de Mme R.
Par ailleurs, je ne comprends pas très bien ce qu'elle a en tête avec sa Comtesse "un peu mégère" qui rappelerait les "mauvaises manières" de la Rosina du Barbier. On suppose qu'elle veut dire Rosine, ou alors elle souffre de troubles de la chronologie Que sont donc ces "mauvaises manières" du personnage de Beaumarchais ? Tout cela est assez confus. Comme dit la chanson, "Ça tourn' pas rond dans ma p'tit' tête"
Mais au moins elle connaît Kierkegard ou elle en a entendu parler.