Mardi 27 mars 2007
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À la demande de Donna Carolina, et à la faveur de ce jour de printemps radieux, quelques mots sur cet air de concert pour soprano K. 580, composé par Mozart pour sa belle-sœur Josefa Hofer, créatrice du rôle de la Reine de la Nuit. Cet air était plus exactement destiné à être interpolé dans une version allemande du Barbier de Séville de Paisiello, où Hofer chantait Rosine, donnée dans le théâtre de Schikaneder à Vienne.
Schon lacht der holde Frühling
Auf blumenreichen Matten,
Wo sich Zephyre gatten
Unter geselligem Scherze.
Wenn auch auf allen Zweigen
Sich junge Blüten zeigen,
Kehrt doch kein leiser Trost
In dieses arme Herz.
Da sitze ich und weine
Einsam auf der Flur,
Nicht um mein verlornes Schäfchen,
Nein, um den Schäfer Lindor nur.
Voici que déjà le doux printemps
Répand son sourire sur les prés florissants,
Où s'unissent les Zéphyrs
Parmi les Jeux et les Ris.
Pourtant, si de tous les rameaux
Jaillissent de jeunes pousses,
Il n'est point de doux réconfort
Pour mon pauvre cœur.
Je suis là à verser des pleurs solitaires
Assise dans cette prairie,
Mais ce n'est pas après mon troupeau que je pleure,
Non, ce n'est qu'à cause du berger Lindor.
J'ignore à quel moment devait être inséré l'air : la leçon de chant sans doute ? Le poème est en effet un aveu d'amour indirect à Lindor-Almaviva, sous le voile d'une pastorale rococo. L'écriture de Mozart est particulièrement gracieuse, fluide, avec les couleurs (évidemment pastorales) des bois, particulièrement sollicités dans la partie centrale élégiaque, correspondant à la 3e strophe (les 2 précédentes sont reprises en da capo simplifié). Flexibilité et élégance sont requis chez la soprane, la virtusoité restant modérée comme il sied au caractère de l'opéra d'insertion. La difficulté est cependant de soutenir l'expression pour éviter l'écueil du décoratif ou de la joliesse fade.
Plusieurs très belles versions ont été gravées, souvent par des Reines de la Nuit, bien que le caractère ici soit bien différent.
¶ Ingeborg Hallstein, dir. Patané (Eurodisc)
¶ Christiane Eda-Pierre, dir. C. Davis (Philips)
¶ Edita Gruberova, dir. G. Fischer (Decca)
¶ Edda Moser, dir. H. Blomstedt (EMI, rééd. Berlin Classics)
La plus équilibrée est sans doute la jeune Gruberova (1981), d'une grâce juvénile et d'un fruité exquis, avec un sens du galbe parfaitement en situation, mais sans les maniérismes agaçants qui fleuriront plus tard ; elle est accompagnée par un orchestre moelleux et fluide. À l'opposé Moser, à la même époque, s'impose par un caractère et une couleur originaux, les raideurs du chant (et la couleur massive de la Staatskapelle de Dresde) étant compensées par une véritable science de l'allègement chez une interprète qui chantait Fidelio à la même époque.
Eda-Pierre, à l'allemand plus flou, est d'une autorité et d'une sensualité égales à celles de sa Konstanze (l'air a été gravé en complément de l'intégrale de L'Enlèvement au Sérail). Hallstein fait plus porcelaine et rossignol, évidemment : charmant (dans le genre Frülingsstimmen) mais on se lasse vite.
Par Bajazet
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Publié dans : uvres et compositeurs
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GRAZIE MILLE!!!!
C.
Oui, cet air devait prendre place au moment de la leçon de musique au début d ela'cte II, les paroles origianles italiennes étant : "Gia riede la primavera". Curieusement il semblerait que ce projet de donner Il Barbiere en allemand en 1789 au théâtre An der Wien n'aboutit pas, et l'air nous est parvenu incomplet... La partie vocale, elle, est complète... La partie lente, très belle et mélancolique, m'a toujours paru venir un peu abruptement après le premier thème si enjoué... Certains commentateurs lui trouvent des parentés avec le Traurigkeit de Konstanze. Moi je trouve plutôt qu'il préfigure l'air central du Pâtre sur le rocher de Schubert, magnifique air de concert (et concertant pour soprano et clarinette) tri-partite aussi,