Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /2007 13:57
    
    Connaissez-vous Mannheim ?


   
    Avant de devenir Prince Électeur de Bavière en 1777, et ainsi de commander La Finta Giardiniera puis Idomeneo à Mozart pour le Carnaval, Carl Théodor (1724-1799) régnait sur le Palatinat et tenait sa cour à Mannheim, au confluent du Rhin et du Neckar. L'orchestre y faisait l'admiration de l'Europe entière. La correspondance de Mozart, qui s'était lié avec Cannabich, un des musiciens éminents de Mannheim, témoigne de la vitalité extraordinaire de la composition orchestrale et lyrique à la cour (du ballet également).

    Dès la fin des années 1750, on donne à Mannheim des opéras novateurs. L'année même de la création d'Ippolito e Aricia de Traetta à Parme (1759), qui greffe le livret de la tragédie lyrique de Rameau sur l'esthétique de l'opera seria, Holzbauer en réalise une nouvelle mouture à Mannheim. Traetta créera sa Sofonisba à Mannheim en 1762, juste avant de composer son Ifigenia in Tauride pour Vienne. En 1764, une autre Ifigenia in Tauride est composée par de Majo pour Mannheim. Parallèlement à l'entreprise de Gluck et Calzabigi, de tels opéras ambitionnent d'une façon ou d'une autre de réorienter l'opéra seria dans un sens plus vigoureusement tragique, via le modèle français le cas échéant. Mais on trouve aussi un opera seria en allemand et à sujet patriotique : Günther von Schwarzburg, "singspiel" (sic) ou plutôt "deutsche Oper" de Holzbauer, qui date de  1776 et dont la musique enthousiasme Mozart.
    À côté de cela, on représentait aussi à Mannheim des opéras sur des livrets de Métastase (adaptés) ou d'autres librettistes : par exemple, Temistocle (1772) ou Lucio Silla (1774) de Jean-Chrétien Bach, Catone in Utica de Piccinni (1770). Ces 3 opéras furent créés par Anton Raaf et Dorothea Wendling, stars de la cour, qu'on retrouvera à la création d'Idomeneo.

    Il se trouve que l'actuel Opéra de Mannheim (Nationaltheater) depuis plusieurs années s'attache à remettre en valeur ce patrimoine. Sofonisba de Traetta a été donnée il y a 2 ou 3 ans, et même en 1999 un spectacle a réuni sous la direction de Fr. Bernius 2 "mélodrames" très rares, Didons Tod de Holzbauer et Electra de Cannabich (ce dernier créé quelques mois après Idomeneo).

    C'est le tour cette année du Catone in Utica de Piccinni, spectacle créé il y a un mois sous la direction de Reinhard Goebel ! La production est redonnée jusqu'en juillet au Hoftheater. On peut même entendre deux soirs de suite  ce Catone et la Médée de Cherubini (en français, dialogues parlés en allemand) mis en scène par Achim Freyer. Les chanteurs distribués ne sont pas connus (sauf Robert Crowe), les mises en scène sont ordinairement "à l'allemande" (voir les photos de la Sofonisba sur le net…), mais tout cela est bien tentant. Puisque Beaune est tombé dans la paresse, pourquoi ne pas aller faire un tour à Mannheim en juillet ? Vous connaissez Mannheim ?

http://www.nationaltheater-mannheim.de/oper/


P.S. Le planning affiché sur Operabase annonce une reprise de Médée en juillet, mais le site du théâtre ne la mentionne pas. J'imagine qu'il y a eu annulation. On peut voir un extrait vidéo de cette Médée de Freyer sur le même site.
Par Bajazet - Publié dans : Actualités
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Commentaires

J'espere être en Allemagne cet été, je ferais bien un petit tour par Manheim :-))
Commentaire n°1 posté par licida le 04/03/2007 à 17h10
C'est tout près de la frontière de toute façon. J'avoue que depuis que j'ai vu que Goebel dirige, je suis très tenté par le Caton. Dommage qu'il n'y ait plus la Médée en même temps.
Commentaire n°2 posté par Bajazet le 04/03/2007 à 17h23
Au fait je ne savais pas que c'était le brave Henri qui avait "outé" Platen, c'était dans quel cadre? C'est pas gentil en tout cas!

Pour ce qui est de l'intégrale CPO, tout donner par opus est une fausse bonne idée à mon sens. Cela recoupe une réalité  de l'éditeur, mais ce n'était sans doute pas la volonté du compositeur de jouer ces lieder ensemble et dans cet ordre (le programme est le même par exemple avec Richard Strauss, et on sait qu'il concoctait des Liederabende tout à fait hétéroclites en termes d'opus et d'époques... avec même le luxe d'improviser des transitions entre chaque lied!). Cela a plus une -indéniable- valeur documentaire, amis cela ne fait vraiment pas un programme...

Commentaire n°3 posté par orlandogiocoso le 15/03/2007 à 23h10
Damned! Mille pompons! Rogntudju! Enfer et transfiguration!

Si les vague-mestres et pigeons-voyageurs du blog, commencent à se mélanger les pinceaux et à mal poster les commentaires, où va-t-on, je vous le demande ma bonne dame! Ce dernier commentaire ne s'adressait évidemment pas à cette bonne ville de Mannheim, mais à Goerne! Mais le blogueur attentif et intelligent -ce qui est un pléonasme, n'est-ce pas?- aura bien sûr corrigé de lui-même!

 Puisque j'y suis, j'en profite pour énoncer une phrase de commentaire  historique  : 
Eté 2007 : Au "Nach Mannheim!" des festivaliers français répond le "A Aix-en-Provence!" des Allemands..."

Encore désolé!

O.
Commentaire n°4 posté par orlandosorpreso le 16/03/2007 à 11h14
Le Théâtre de Mannheim donnera l'Alessandro composé par De Majo, du 31 mai au 20 juillet prochain. Mozart fut très séduit par cette musique.

Mise en scène de G. Krämer : son Mitridate de Salzbourg, chroniqué ici même, donne une idée de ce à quoi il faut s'attendre, sachant que les rôles d'Alexandre, Porus et Cléophide seront doublés par des acteurs allemands.

Pour plus de précisions :
http://www.nationaltheater-mannheim.de/oper/9389/detail/
Commentaire n°5 posté par Bajazet le 09/12/2007 à 16h53

Et voilà que cet Alessandro nell'Indie de De Majo a été enregistré à Mannheim (sans acteurs allemands, on espère) et sort en coffret à la fin du mois. Voir ICI
L'opéra fut créé en 1766, avec pour les rôles de Cleofide et Erissena les belles-sœurs Dorothea et Elisabeth Wendling, qui serot les premières Ilia et Elettra dans Idomeneo, comme elles avaient été en 1764 Iphigénie et la jalouse Tomyris dans l'Ifigenia i Tauride du même De Majo.

En tout cas ce disque permettra de se faire une idée plus précise des qualités d'Elisabeth et de ses ressources. Parce que créer Elettra en 1781 et l'année d'après, toujours à Munich, la Sémiramis pyrotechnique de Salieri, il y a de quoi faire méditer.
Quelle titulaire d'Elettra aujourd'hui serait capable de faire les deux ? N'est-ce pas aussi qu'on fantasme la puissance vocale d'Elettra au détriment de sa souplesse ? Cela dit, Elettra réclame une solide assise vocale, et Mozart avait noté que le rôle d'Anna dans Günther von Schwarzburg était trop aigu et roucoulant pour Elisabeth, alors…
Commentaire n°6 posté par Bajazet le 03/09/2009 à 03h14
P.S. La version d'Alessandro comprend apparemment Marie-Belle Sandis, une Française qui avait remporté je ne sais plus quel prix (le Concours Mozart de Vienne ?). On l'avait entendue à Salzbourg en Silvia d'Ascanio in Alba, avec Prina et Damrau. Le DVD existe, je crois.
Commentaire n°7 posté par Bajazet le 03/09/2009 à 03h17
Et hop, encore une découverte : l'abbé Vogler, passé lui aussi chez l'Electeur Carl Theodor, a composé un "Großes Requiem" qui vient d'être publié par Oehms. On peut écouter des extraits sur JPC, ça semble très étonnant.
Commentaire n°8 posté par Bajazet le 03/09/2009 à 03h26
Le rapport est un peu indirect, mais autant poster ici.

Enhardi par une intense activité ménagère, je réécoute La Clemenza di Scipione de Jean-Chrétien Bach (Londres, 1778) dans la seule intégrale publiée (CPO). Eh bien je crois que des trois sopranos, c'est encore le sieur Waschinski (surnommé Vaginski, parfois) que je préfère
Commentaire n°9 posté par Bajazet le 03/09/2009 à 16h07
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