Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 20:15
    Bien sûr il y a Martha Mödl et Margaret Price pour l'original du Liebestod, ou bien Kubelik en version orchestrale (qui vous permet de chanter par-dessus l'orchestre, car nous avons tous en nous quelque chose de hochdramatisch, n'est-ce pas ?).
    Mais avez-vous vu le film de Chabrol Les Cousins (1959) ?



    Charles (Gérard Blain) est un provincial (du Limousin, si je me souviens bien) monté à Paris pour finir son droit. Sérieux, scrupuleux, sans grâce, attaché à sa mère à qui il écrit régulièrement, il loge chez son cousin Paul (Jean-Claude Brialy), glandeur, beau parleur, mondain. L'opposition des deux personnages permet d'incarner l'assimilation impossible d'un univers moral et culturel (mental, plutôt) à l'autre. Une vague idylle est près de se nouer entre Charles et la Parisienne Florence (Juliette Mayniel), mais Charles s'arc-boute à ses études et à l'espoir que sa famille a mis en lui, si bien que Florence se met finalement en ménage avec Paul. À l'approche des examens, Paul ne songe qu'à faire la fête et Charles se raidit devant l'obstacle. Il est recalé, quand son cousin est reçu in extremis grâce à son aisance à l'oral.



    À la fin du film, c'est le petit matin. Une aube navrante de nuit blanche. Charles est désespéré. Il prend un revolver et joue à la roulette russe… contre la tempe de Paul endormi dans le canapé. Paul se réveille, se lève, met un disque sur le pick-up : la Mort d'Isolde, version pour orchestre seul. Toute la dernière scène, entre les deux cousins, dure exactement le temps du morceau. Dialogue équivoque entre les deux cousins. Le revolver est resté posé sur un meuble du salon. Paul le prend nonchalamment, par un jeu habituel, et vise Charles à bout portant, qui tend le bras vers lui. Paul appuie sur la gachette sans se douter que le revolver puisse être chargé. Charles s'effondre. Le dernier plan est sur le pick up dont le bras arrive en fin de sillon avec les derniers accords enveloppants de Wagner, et la résolution du chromatisme.




Par Bajazet - Publié dans : Œuvres et compositeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Oh, mais c'est quoi ce dirty spoiling ? ;)

Le rythme va un peu vite pour les commentateurs, mais on tient bon.


(qui vous permet de chanter par-dessus l'orchestre, car nous avons tous en nous quelque chose de hochdramatisch, n'est-ce pas ?).


En plus, ce n'est pas trop haut, du coup les sopranes sans aigus et les barytons souffreteux peuvent aussi participer !

Wagner avait déjà inventé le tube. (A moins que ce ne soit Berlioz avec Aux champs, autre chef-d'oeuvre immortel du patrimoine savant occidental.


J'en profite pour dire que je suis ravi de voir apparaître un nouveau témoignage de Grace Hoffman, surtout dans cet environnement parfait (oui, je suis hors-fil, mais c'est plus drôle).
Commentaire n°1 posté par DavidLeMarrec le 08/01/2007 à 14h06

Je ne suis pas un baryton souffreteux, je suis un ténor qui a peur de monter.


Je refuse toujours de monter, au moins la première fois.

Commentaire n°2 posté par Bajazet le 08/01/2007 à 16h48

Soll ich schlürfen, untertauchen ?... *


Tiens ! qu'est-ce que je vous disais ?

Commentaire n°3 posté par Bajazet le 08/01/2007 à 17h02
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés