Dimanche 17 décembre 2006
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Morte un 17 décembre. Mais elle était déjà immortelle, n'est-ce pas ?
Voici celle qu'on a surnommé « la Callas allemande », ce qui ne veut rien dire… et qui veut tout dire en un sens. La ténèbre, la tragédie, l'éloquence du chant incarnées en une
femme.
Mais avec une carrière exceptionnellement longue : Mödl s'est repliée dès les années 60 sur des rôles de mezzo puis de caractère, chantant sur scène quasiment jusqu'à sa mort en 2001.
Pour ceux qui lisent l'allemand, je recommande vivement un livre d'entretiens avec Thomas Voigt, publié chez Parthas à Berlin en 2001, et abondamment documenté (photos, carrière,
discographie) : So war mein Weg. On y découvre une personnalité non seulement intelligente mais très humaine, sans guère d'illusions et sans la moindre
complaisance mais pleine d'humour, dont la vie privée s'est confondue avec son activité artistique. C'est passionnant.
Je l'ai découverte assez tard (pendant des lustres j'ai écouté Wagner par Nilsson : comme quoi on peut s'en sortir !) et j'ai d'abord lu des commentaires sur elle avant
d'entendre sa voix (Tubeuf a écrit des lignes immortelles sur son Isolde). Je crois que c'était cette Isolde avec Karajan.
Isolde stupéfiante à tous points de vue : la voix comme les mots empoignent l'auditeur, elle a une sorte d'amertume, de feu, et de
hiératisme en même temps, une couleur cendrée à la fin qui éclipsent tout le monde ; et vocalement c'est d'une facilité qu'elle n'aura plus guère ensuite.
Autre incarnation inoubliable : Lady Macbeth, en allemand bien sûr, face à l'admirable Josef Metternich. La vocalité italienne n'y est
pas, bien entendu (pas très canora, la Martha), ça vocalise comme ça peut, mais on a l'impression de la voir, vipérine, nocturne, tellurique, folle, brisée, dans une régie de film expressionniste
allemand. Les chuchotements de son duo avec Metternich sont un moment de pur génie. Une eau-forte.
Fidelio est un de ses très grands rôles, et depuis que je la connais, j'ai beaucoup de mal à entendre une autre Léonore. La douleur
héroïque personnifiée, mais la douleur qui pousse à l'action. Le rapport entre sa voix et celle de Jurinac est en outre magnifique à l'acte I. Le studio de Furtwängler est désormais disponible
pour 3 sous chez Naxos, mais il est privé des dialogues, et de toute façon il vaut mieux entendre la même distribution sur le vif. Là encore, c'est une expérience qu'on n'oublie plus. Préférer
l'édition Andante, qui bénéficie d'un son d'une qualité extraordinaire.
Son rôle préféré était la Brünnhilde du Crépuscule. On peut l'entendre dans le Ring de
Furtwängler à la RAI (en éco. chez Gebhardt) ou dans le Ring de Keilberth publié chez Melodram. La scène finale figure dans les anthologie Preiser et Archipel : la manière dont elle chante et
prononce "Ruhe, ruhe, du Gott !" est je crois sans équivalent.
Tom n'est pas là pour bien parler de son entrée dans La Walkyrie, alors je me contente de signaler qu'elle seule, à ma connaissance, a
ce goût de sang et de mort dans les appels, c'est vraiment la vierge fauve des batailles. Une présence d'épopée et de tragédie à la fois.
On a un témoignage de sa Sieglinde (Bayreuth 1954) face au Siegmund de Max Lorenz : deux fauves aux abois ! Pas toujours dans les rails, mais enthousiasmant.
Je ne dirai rien de sa célèbre Kundry, que je connais à peine : Parsifal, je ne suis pas encore entré dedans ^^
Parmi ses rôles tardifs, Klytemnestre bien sûr (je ne connais que celle avec Karajan), mais aussi la Sacristine de Jenufa avec Jurinac
(en allemand) ou la Nourrice de Strauss (à rééditer d'urgence) et bien sûr la Comtesse de La Dame de pique, inédite en CD, mais dont la romance était visible sur youtube il y a quelques mois
(production de Vienne, dir. Ozawa) : monstrueuse et désolée, absolument bouleversante, et dans un français châtié.
Les enregistrements de lieder qui nous restent sont souvent décevants (du moins ceux sur le vif dans les années 60) : prudence. On peut aussi penser que Mödl avait plus que d'autres besoin de
l'incarnation scénique pour être elle-même.
DISCOGRAPHIE DE MARTHA MÖDL
Enregistrements publiés à ce jour
1) OPÉRA (intégrales ou versions abrégées)
BEETHOVEN, Fidelio (Leonore) :
¶ Furwängler (Windgassen, Jurinac, Edelmann, Frick), live Vienne 1953 (Theater an der Wien), Andante.
¶ Furtwängler (même distrib.), studio EMI 1953 ; rééd. éco. Naxos Historical
¶ Böhm (Dermota, Seefried, Schöffler, Weber), live Vienne 1955 (réouverture du Staatsoper), Walhall
(Voir les remarques sur cette version dans les commentaires de cette page)
¶ Karajan (Windgassen, Schwarzkopf, Metternich, Edelmann), live Vienne 1953, Walhall
BERG, Lulu (Geschwitz), dir. Böhm (avec Silja, Kmennt, Hotter), live Vienne 1968.
CERHA, Baal (la Mère de Baal), dir. Dohnanyi (Adam, Lipovsek), live Salzburg 1981, Amadeo
HENZE, Élégie pour de jeunes amants (la Comtesse), dir. Henze, DG 1962
JANACEK, Jenufa (en allemand) (la Sacristine), dir. Klobucar (avec Jurinac et Kmennt), live Vienne 1964, Myto.
MOUSSORGSKI, Boris Godouvov (Marina), dir. Jochum (Hotter, Borg, Uhde, Hopf), live Radio Munich 1957, Myto.
OFFENBACH, Les Contes d'Hoffmann (en allemand) (Giulietta), dir. Szenkar (Schock, Lipp, Trötschel, A. Welitsch), live Radio de Cologne 1950, Walhall
OFFENBACH, Les Brigands (en allemand) (la Princesse), dir. P. Steinberg, Capriccio 1980.
ORFF, Antigonae (Antigone), dir. Leitner (Hoffmann, Uhde, Stolze, Wunderlich), live Stuttgart 1956, Walhall.
PUCCINI, Il Tabarro + Gianni Schicchi (en allemand), dir. Sawallisch (Varady, Fischer-Dieskau), live Munich 1977,
Orfeo.
PURCELL, Didon et Énée (en allemand) (Didon), dir. Schmidt-Isserstedt (avec H. Prey), Radio de Hambourg 1958.
SCHILLINGS, Das Hexenlied (Chant de la Sorcière), mélodrame [Mödl est récitante], CPO 1991
SCHOECK, Penthesilea (Penthésilée), dir. F. Leitner (avec E. Wächter et R. Fischer), live Stuttgart 1957, Walhall 2008.
SCHULZE, Schwarzer Peter (la Reine Marguerite), dir. Schultze (avec J. Altmeyer, McDaniel, Kruse), Koch 1979.
STRAUSS, Elektra (Clytemnestre) :
¶ dir. Mitropoulos (A. Konetzni, Ilitsch), live Florence 1950
¶ dir. Karajan (Varnay, Hillebrecht, King, Wächter), live Salzburg 1964, Orfeo
¶ dir. Dorati, extraits (avec Borkh), live Rome 1965, Ponto
¶ dir. Carlos Kleiber (Steger, Tarres), live Stuttgart 1971, Golden Melodram.
STRAUSS, La Femme sans ombre (la Nourrice), dir. Keilberth (Bjoner, Thomas, Borkh, Fischer-Dieskau), live Munich 1963, DG ; rééd. Brilliant 2009.
STRAUSS, La Femme silencieuse (la Femme de ménage), dir. Sawallisch (Böhme, Grist), live Munich 1971, Orfeo.
STRAUSS, Arabella (la Tireuse de cartes), dir. Sawallisch (Varady, Mathis, Fischer-Dieskau, Töpper), live Munich 1977, Opera Magic.
STRAVINSKI, Œdipus Rex (Jocaste), dir. Stravinski (Cocteau, Pears, Krebs, Rehfuss), Radio de Cologne 1951, Gebhardt ou Archipel.
Compte rendu ici même
VERDI, Macbeth (en allemand) (lady Macbeth), dir. Keilberth (avec Metternich), live Berlin 1950, Myto ou
Walhall.
VERDI, Un bal masqué (en allemand) (Ulrica), dir. Fr. Busch (Wegner, Schlemm, Fehenberger, Fischer-Dieskau), Radio de Cologne 1951, Calig.
VERDI, La Force du destin (en allemand) (Preziosilla), dir. Schüchter (Martinis, Schock, Metternich, Frick), Eurodisc, rééd. Gebhardt.
WAGNER, Tristan et Isolde (Isolde) :
¶ dir. Karajan (Vinay, Malaniuk, Hotter, Weber), live Bayreuth 1952, Myto ou Golden Melodram ou Orfeo ou Walhall
¶ dir. Rother (extraits studio) (Wifngassen, Blatter), Teldec 1952/54.
¶ dir. Leitner (Vinay, Malaniuk, Greindl, Neidlinger), live La Haye 1959, Ponto
WAGNER, L'Anneau du Nibelung (Brünnhilde) :
¶ dir. Keilberth, Bayreuth 1953, Golden Melodram (avec une interview de Mödl) ou Andromeda (moins cher)
¶ dir. Furtwängler, Rai Rome 1953, EMI ; rééd. Gebhardt.
WAGNER, La Walkyrie (Brünnhilde) :
¶ dir. Furwängler (Rysanek, Suthaus, Frantz, Klose), studio EMI 1954, Naxos
¶ dir. Keilberth (Varnay, Vinay, Hotter), Bayreuth 1955, Cantus-Lin
¶ dir. Keilberth (Brouwenstijn, Windgassen, Hotter, Greindl), live Barcelone 1955, Walhall
¶ dir. Leitner (Brouwenstijn, Beirer, Hotter), live Buenos Aires [extraits des actes I et II], Archipel
WAGNER, La Walkyrie (Sieglinde) :
dir. Keilberth (Hotter, Lorenz, Varnay), Bayreuth 1954, Melodram ou Archipel
WAGNER, Siegfried (Brünnhilde)
dir. Stiedry (Windgassen, Edelmann, Böhme), New York 1957, Walhall
WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Gutrune + 3e Norne) :
¶ dir. Knappertsbusch (Varnay, Aldenhof, Uhde, Höngen)
Bayreuth 1951, Testament
¶ dir. Keilberth (Varnay, Lorenz, Uhde, Greindl, Neidlinger), Bayreuth 1952
WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Brünnhilde)
¶ dir. Keilberth (Windgassen, Greindl, Hotter, Brouwenstijn), live Bayreuth 1955 (stéréo), Testament
WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Waltrautre) :
dir. Böhm (Nilsson, Windgassen, Greindl), Bayreuth 1967, Philips
WAGNER, Parsifal (Kundry) :
¶ dir. R. Kraus (Aldenhof, Greindl), Radio de Cologne 1949, Gebhardt
¶ dir. Knappertsbusch (Windgassen, London, Uhde, Weber), Bayreuth 1951, Teldec ou Naxos
¶ dir. Cl. Krauss (Vinay, Weber, London, Uhde), Bayreuth 1953
¶ dir. Knappertsbusch (Vinay, Greindl, Fischer-Dieskau, Blankenheil), Bayreuth 1956
ZELLER, Der Vogelhändler [L'Oiseleur], extraits (Adelaide), dir. Minich (Güden, Schädle), Teldec 1967
2) ANTHOLOGIES (tout est chanté en allemand, as usual)
¶ Preiser :
« O don fatale » (Don Carlos) 1951, « La luce langue » et scène du somnambulisme (Macbeth) 1951, Carmen (3 extr.) 1958 et 1964, Mort d'Isolde 1952, Immolation de Brünnhilde 1954 : enregistr.
Telefunken.
¶ Urania 2001:
Mort de Didon (Purcell) 1949 ; « V'adoro pupille » (Giulio Cesare) 1950 ; « Che faro senza Euridice ? » (Orfeo ed Euridice) 1950 ; « Dove sei ? » (Rodelinda) 1951 ; « Divinités du Styx »
(Alceste) 1950 ; Scène Marina-Dimitri (Boris Godounov, avec R. Schock) 1949 ; Scène de la Fée du Printemps (Rimski, Snegourotchka) 1949 ; Duo Hänsel-Gretel (avec Lore Hoffmann) 1949 + 4 lieder de
Brahms 1950 (Die Mainacht, Wie Melodien, Liebestreu, Der Schmied)
¶ Archipel 2004 :
mélange apparemment des emprunts aux deux anthologies précédentes. Recommandé pour la découvrir (c'est à 8 euros sur jpc.de)
¶ Archives inédites de la Radio de Hambourg
(CD hors commerce, publié par la revue Opernwelt)
« Divinités du Styx » (Alceste) 1961 ; « Abscheulicher » (Fidelio) 1952 ; « La luce langue » et Somnambulisme (Macbeth) 1952 ; « O don fatale » (Don Carlos) 1952 ; Duo Marina-Rangoni et
Marina-Dimitri (Boris Godounov) 1950 ; Habanera et Trio des cartes complet 1952 ; « Ich weiß nicht, wer mein Vater war » (Tiefland) 1961 ; 2 lieder de Schönberg (Der Wanderer + Erwartung)
1947.
¶ Liederabend live, vol. 1, Gebhardt :
Schubert, Wolf, Wesendonk-Lieder (Hambourg 1964) + les Wesendonck avec orch, dir. Keilberth, Cologne 1955
¶ Liederabend live, vol. 2, Gebhardt :
Schumann (Liederkreis op. 39), Mahler (Rückert-Lieder), Strauss (Oslo 1964 + Hambourg 1966)
3) Vidéo et DVD
¶ FORTNER, Bluthochzeit [Noces de sang, d'après Lorca] (la Mère), à paraître.
¶ STRAUSS, Arabella (la Tireuse de cartes), dir. Solti (Janowitz, Ghazarian, Weikl, Gruberova, Kollo), Decca 1977.
¶ WAGNER, Rheingold (Erda), dir. et m.e.s. Karajan (Stewart, Fassbaender, Schreier), DG
[Attention ! Mödl incarne le personnage à l'écran en étant doublée par je ne sais plus quelle chanteuse.]
¶ NICOLAI, Les Joyeuses commères de Windsor (film de G. Wildhagen, 1950) : là c'est l'inverse, Mödl chante dans la bande-son (avec Streich entre autres)
mais les chanteurs sont doublés à l'écran par des acteurs.
¶ TCHAÏKOWSKI, La Dame de Pique (la Comtesse), dir. Ozawa, régie Horres (Alexeïev, Freni, Kasarova, Chernov, Leiferkus), Opéra de Vienne 1992, Sony.
N.B. D'autres enregistrements inédits sont susceptibles d'être publiés (archives radio en particulier).
Par Bajazet
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Je me permets de donner l'adresse d'un podcast consacré à Martha Mödl sur Handelmania pour ceux qui n'ont pas pu avoir accès à ses disques. Je ne sais pas si tu approuves, fais comme bon te semblera, Baja.
Les auditeurs ont été saisis d'étonnement, cher Aladin, d'où l'absence de réaction ;-)
En plus, ils ont peur de se faire repérer par les RG.
De toute façon, j'avertis tout le monde qu'en vertu de la législation nouvelle, ce blog sera bientôt non-blogueur !
Ben moi Martha Mödl, j'y connais rien (à part son Divinités du Styx en allemand, pas ce qu'elle a fait de mieux je suppose), donc je découvre avec interêt grace à de tels portraits; donc je veux bien "proposer" un "ça donne envie de l'écouter" mais ça risque de vite devenir répétitif comme "proposition", déjà que c'était plus que limité...
Allez je retourne à ma Star Ac' baroque... 8-)
Pour en revenir au sujet, la musique et Martha en particulier, il y a de quoi écouter sur handelmania.com, plus d'une heure et demi de M. Mödl, entre autres.
Oui, Isolde éternelle, cette voix si charnue, si sûre d'elle, ce ton impérieux, ce feu débordant, ce port des mots...
J'aime beaucoup Lady Macbeth aussi, qui me valut pour la petite histoire de me faire couvrir d'insultes par un contrebassiste argentin, ancien du San Carlo. Il disait connaître Macbeth mieux que quiconque, puisqu'il l'avait travaillé avec Sinopoli - son heure de gloire. J'avais parlé en sa présence de ce Macbeth, qu'il s'était empressé d'acheter pour être à la page. Je lui avais même fourni les adresses les moins chères. Non content de faire l'impasse sur la terrifiante Lady Mödl, comme tu le dis, l'expression semblable aux expressionnistes, et cette fêlure constante, il m'avait injurié parce que je lui avais soi-disant conseillé un Macbeth ténor. Et de clamer que je n'avais jamais entendu l'enregistrement, en conséquence.
Metternich ténor, et il était spécialiste de la fosse d'opéra... poverino !
Je m'étonne un peu que tu trouves Metternich admirable. En Macbeth, oui, mais sinon, la voix est facile, splendide, mais le style si débraillé ! Robert Merril est la sobriété faite homme, à côté. Particulièrement sensible en Escamillo, en Hollandais et surtout Pizarro.
Pour Fidelio, oui, c'est très beau, notamment Komm, Hoffnung, mais j'ai plus de souci avec ces grands rôles, de même pour Brünnhilde. La voix est moins assurée, plus poussée, le travail plus instinctif et moins inspiré à mon goût. Werth ou Jurinac, justement, me convainquent plus (sans parler de Mattila plus récemment). Il n'empêche que c'est assurément grand, oui.
Je ne dirai rien de sa célèbre Kundry, que je connais à peine : Parsifal, je ne suis pas encore entré dedans ^^
Sa prise de rôle, avec Richard Kraus (Gebhardt), est sans doute son meilleur témoignage. Comme toujours, c'est inventif, et à l'époque, la voix sonne pleine.
MOUSSORGSKI, Boris Godouvov (Marina), dir. Jochum (Hotter, Borg, Uhde, Hopf), live Radio Munich 1957, Myto.
Ce doit être spécial, ça. Tu connais ? Ca me tente beaucoup, que du beau monde.
OFFENBACH, Les Contes d'Hoffmann (en allemand) (Giulietta), dir. Szenkar (Schock, Lipp, Trötschel, A. Welitsch), live Radio de Cologne 1950, Walhall
Il faudra que je réécoute, j'ai un peu oublié, la soirée ne m'avait ni déplu ni impressionné.
PUCCINI, Il Tabarro + Gianni Schicchi (en allemand), dir. Sawallisch (Varady, Fischer-Dieskau), live Munich 1977, Orfeo.
PURCELL, Didon et Énée (en allemand) (Didon), dir. Schmidt-Isserstedt (avec H. Prey), Radio de Hambourg 1958.
Oh, mais ça a l'air très amusant, ça !
STRAUSS, Elektra (Clytemnestre) :
¶ dir. Mitropoulos (A. Konetzni, Ilitsch), live Florence 1950
¶ dir. Karajan (Varnay, Hillebrecht, King, Wächter), live Salzburg 1964, Orfeo
¶ dir. Dorati, extraits (avec Borkh), live Rome 1965, Ponto
¶ dir. Carlos Kleiber (Steger, Tarres), live Stuttgart 1971, Golden Melodram.
La version Mitropoulos de Florence est vraiment à connaître. Un peu de même nature que le Ring scaligère de Furtie. L'orchestre est totalement dépassé, mais se donne tout entier, et il en va de même pour Anny Konetzni, qui décidément avait un tempérament bien opposé à Hilde. Mödl très impressionnante, il va sans dire. Se trouve sous différent labels (notamment Hommage) pour une misère (je l'avais vu, dans le temps, à 3€).
« Divinités du Styx » (Alceste) 1950
Très différent de ce qu'on nous propose d'habitude, mais c'est à entendre, avec la couleur sombre qui lui est propre.
Mödl n'est pas dans un très bon soir, plus tendue qu'en 53 avec Furtwängler, fréquemment approximative dans les notes (même "Töt erst sein Weib !", boulé) mais elle fait passer une émotion prodigieuse, et le timbre est suffocant de beauté. Son "Zurück !" dans la scène du cachot donne la chair de poule comme jamais.
Mais je retiens comme une révélation le Florestan de Dermota, le plus bouleversant je crois que j'aie entendu, le plus lyrique aussi, mais il tient parfaitement le choc. Seefried a un grand relief théâtral, mais le timbre est déjà crispé. Schöffler et Weber sont exemplaires. Tout ça pour 5 euros sur jpc.
J'en profite pour signaler que plusieurs coffrets de chez Andante (coûteux d'ordinaire) sont actuellement bradés sur Amazon.fr. L'un d'eux propose 2 Fidelio en 4 CD pour 21 euros : l'un dirigé par Böhm en 44 avec Hilde Konetzni, Torsten Ralf et la jeune Seefried ; l'autre est le fameux live de Furtwângler en 53. Cette édition se signale d'après les critiques que j'ai lues, par l'excellence de sa qualité sonore.
Un autre de ces coffrets Andante bradés propose la Lulu en 2 actes dirigée par Böhm à Vienne avec une distribution plus qu'attirante : Silja, Möd en Geschwitz, Hotter, Kmennt
La présentation est luxueuse, en plus, avec un véritable livre au format CD, des photos et biographies des interprètes, un essai sur l'Opéra de Vienne, un texte de Furt sur Beethoven, et le livret traduit en anglais et français.
Bref, en plus à un prix si modique, c'est plus qu'une aubaine !
C'est exactement la soirée de 53 déjà publiée : on entend toujours un Français du public crier "Bravo !" à la fin de l'air de Marzelline. (L'accent ne trompe pas )
C'est couplé avec deux ouvertures de Wagner par Keilberth (Tannhäuser et Meistersinger) et 4 lieder de Pfitzner dont je ne sais si Clara Ebers els chante seule ou en alternance avec Mödl. Je penche pour la première hypothèse.
http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/1905696?rk=classic&rsk=hitlist
Je rajoute à la liste le Crépuscule des Dieux récemment publié par Testament (en stéréo).
Ç'avait été l'occasion de fêter les 50 ans de scène de Mödl à l'Opéra de Vienne :
http://www.youtube.com/watch?v=QexmOzk5hI0
DG a négligé d'assurer cette réédition (ils préfèrent sans doute publier Sicilien Live en DVD) et c'est donc Brilliant qui s'y colle, avec l'avantage d'un prix de vente dérisoire.
Dans la même fournée économique arrachée au catalogue DG, réédition du Palestrina de Pfitzner dirigé par Kubelik (autre merveille) et de la Salomé hambourgeoise de Böhm, qui vaut au moins pour le chef et pour un couple Narraboth-Page fantastique (Wieslaw Ochman et Ursula Boese) ; Fischer-Dieskau est assez incongru en Prophète, et si Gwyneth Jones mouille sa chemise — ou ses voiles, comme Mélusine — le résultat est assez inégal.
Et réédition du Mariage secret de Cimarosa dirigé par Barenboim en 1976, confortable et superbe, avec Auger et Varady à leur sommet. :-)
http://www.youtube.com/watch?v=gZt9ZtWEO_Y
Si oui, vous pouvez remercier Schlemm.
Enfin quoique ... cette musique je dois dire que je n'en pense pas grand chose.
Ah, ce Fortner, toute une époque…