Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 00:52
    Morte un 17 décembre. Mais elle était déjà immortelle, n'est-ce pas ?

   Voici celle qu'on a surnommé « la Callas allemande », ce qui ne veut rien dire… et qui veut tout dire en un sens. La ténèbre, la tragédie, l'éloquence du chant incarnées en une femme.





Mais avec une carrière exceptionnellement longue : Mödl s'est repliée dès les années 60 sur des rôles de mezzo puis de caractère, chantant sur scène quasiment jusqu'à sa mort en 2001.

   Pour ceux qui lisent l'allemand, je recommande vivement un livre d'entretiens avec Thomas Voigt, publié chez Parthas à Berlin en 2001, et abondamment documenté (photos, carrière, discographie) : So war mein Weg. On y découvre une personnalité non seulement intelligente mais très humaine, sans guère d'illusions et sans la moindre complaisance mais pleine d'humour, dont la vie privée s'est confondue avec son activité artistique. C'est passionnant.



    Je l'ai découverte assez tard (pendant des lustres j'ai écouté Wagner par Nilsson : comme quoi on peut s'en sortir !) et j'ai d'abord lu des commentaires sur elle avant d'entendre sa voix (Tubeuf a écrit des lignes immortelles sur son Isolde). Je crois que c'était cette Isolde avec Karajan.

    Isolde stupéfiante à tous points de vue : la voix comme les mots empoignent l'auditeur, elle a une sorte d'amertume, de feu, et de hiératisme en même temps, une couleur cendrée à la fin qui éclipsent tout le monde ; et vocalement c'est d'une facilité qu'elle n'aura plus guère ensuite.

    Autre incarnation inoubliable : Lady Macbeth, en allemand bien sûr, face à l'admirable Josef Metternich. La vocalité italienne n'y est pas, bien entendu (pas très canora, la Martha), ça vocalise comme ça peut, mais on a l'impression de la voir, vipérine, nocturne, tellurique, folle, brisée, dans une régie de film expressionniste allemand. Les chuchotements de son duo avec Metternich sont un moment de pur génie. Une eau-forte.

    Fidelio est un de ses très grands rôles, et depuis que je la connais, j'ai beaucoup de mal à entendre une autre Léonore. La douleur héroïque personnifiée, mais la douleur qui pousse à l'action. Le rapport entre sa voix et celle de Jurinac est en outre magnifique à l'acte I. Le studio de Furtwängler est désormais disponible pour 3 sous chez Naxos, mais il est privé des dialogues, et de toute façon il vaut mieux entendre la même distribution sur le vif. Là encore, c'est une expérience qu'on n'oublie plus. Préférer l'édition Andante, qui bénéficie d'un son d'une qualité extraordinaire.
   


    Son rôle préféré était la Brünnhilde du Crépuscule. On peut l'entendre dans le Ring de Furtwängler à la RAI (en éco. chez Gebhardt) ou dans le Ring de Keilberth publié chez Melodram. La scène finale figure dans les anthologie Preiser et Archipel : la manière dont elle chante et prononce "Ruhe, ruhe, du Gott !" est je crois sans équivalent.
    Tom n'est pas là pour bien parler de son entrée dans La Walkyrie, alors je me contente de signaler qu'elle seule, à ma connaissance, a ce goût de sang et de mort dans les appels, c'est vraiment la vierge fauve des batailles. Une présence d'épopée et de tragédie à la fois.
    On a un témoignage de sa Sieglinde (Bayreuth 1954) face au Siegmund de Max Lorenz : deux fauves aux abois ! Pas toujours dans les rails, mais enthousiasmant.

    Je ne dirai rien de sa célèbre Kundry, que je connais à peine : Parsifal, je ne suis pas encore entré dedans ^^


    Parmi ses rôles tardifs, Klytemnestre bien sûr (je ne connais que celle avec Karajan), mais aussi la Sacristine de Jenufa avec Jurinac (en allemand) ou la Nourrice de Strauss (à rééditer d'urgence) et bien sûr la Comtesse de La Dame de pique, inédite en CD, mais dont la romance était visible sur youtube il y a quelques mois (production de Vienne, dir. Ozawa) : monstrueuse et désolée, absolument bouleversante, et dans un français châtié.





Les enregistrements de lieder qui nous restent sont souvent décevants (du moins ceux sur le vif dans les années 60) : prudence. On peut aussi penser que Mödl avait plus que d'autres besoin de l'incarnation scénique pour être elle-même.


DISCOGRAPHIE DE MARTHA MÖDL
Enregistrements publiés à ce jour

1) OPÉRA (intégrales ou versions abrégées)

BEETHOVEN, Fidelio (Leonore) :
¶ Furwängler (Windgassen, Jurinac, Edelmann, Frick), live Vienne 1953 (Theater an der Wien), Andante.
¶ Furtwängler (même distrib.), studio EMI 1953 ; rééd. éco. Naxos Historical
¶ Böhm (Dermota, Seefried, Schöffler, Weber), live Vienne 1955 (réouverture du Staatsoper), Walhall
(Voir les remarques sur cette version dans les commentaires de cette page)
¶ Karajan (Windgassen, Schwarzkopf, Metternich, Edelmann), live Vienne 1953, Walhall

BERG, Lulu (Geschwitz), dir. Böhm (avec Silja, Kmennt, Hotter), live Vienne 1968.

CERHA, Baal (la Mère de Baal), dir. Dohnanyi (Adam, Lipovsek), live Salzburg 1981, Amadeo

HENZE, Élégie pour de jeunes amants (la Comtesse), dir. Henze, DG 1962

JANACEK, Jenufa (en allemand) (la Sacristine), dir. Klobucar (avec Jurinac et Kmennt), live Vienne 1964, Myto.

MOUSSORGSKI, Boris Godouvov (Marina), dir. Jochum (Hotter, Borg, Uhde, Hopf), live Radio Munich 1957, Myto.

OFFENBACH, Les Contes d'Hoffmann (en allemand) (Giulietta), dir. Szenkar (Schock, Lipp, Trötschel, A. Welitsch), live Radio de Cologne 1950, Walhall

OFFENBACH, Les Brigands (en allemand) (la Princesse), dir. P. Steinberg, Capriccio 1980.

ORFF, Antigonae (Antigone), dir. Leitner (Hoffmann, Uhde, Stolze, Wunderlich), live Stuttgart 1956, Walhall.

PUCCINI, Il Tabarro + Gianni Schicchi (en allemand), dir. Sawallisch (Varady, Fischer-Dieskau), live Munich 1977, Orfeo.

PURCELL, Didon et Énée (en allemand) (Didon), dir. Schmidt-Isserstedt (avec H. Prey), Radio de Hambourg 1958.

SCHILLINGS, Das Hexenlied (Chant de la Sorcière), mélodrame [Mödl est récitante], CPO 1991

SCHOECK, Penthesilea (Penthésilée), dir. F. Leitner (avec E. Wächter et R. Fischer), live Stuttgart 1957, Walhall 2008.

SCHULZE, Schwarzer Peter (la Reine Marguerite), dir. Schultze (avec J. Altmeyer, McDaniel, Kruse), Koch 1979.

STRAUSS, Elektra (Clytemnestre) :
¶ dir. Mitropoulos (A. Konetzni, Ilitsch), live Florence 1950
¶ dir. Karajan (Varnay, Hillebrecht, King, Wächter), live Salzburg 1964, Orfeo
¶ dir. Dorati, extraits (avec Borkh), live Rome 1965, Ponto
¶ dir. Carlos Kleiber (Steger, Tarres), live Stuttgart 1971, Golden Melodram.

STRAUSS, La Femme sans ombre (la Nourrice), dir. Keilberth (Bjoner, Thomas, Borkh, Fischer-Dieskau), live Munich 1963, DG ; rééd. Brilliant 2009.

STRAUSS, La Femme silencieuse (la Femme de ménage), dir. Sawallisch (Böhme, Grist), live Munich 1971, Orfeo.

STRAUSS, Arabella (la Tireuse de cartes), dir. Sawallisch (Varady, Mathis, Fischer-Dieskau, Töpper), live Munich 1977, Opera Magic.

STRAVINSKI, Œdipus Rex (Jocaste), dir. Stravinski (Cocteau, Pears, Krebs, Rehfuss), Radio de Cologne 1951, Gebhardt ou Archipel.
Compte rendu ici même

VERDI, Macbeth (en allemand) (lady Macbeth), dir. Keilberth (avec Metternich), live Berlin 1950, Myto ou Walhall.

VERDI, Un bal masqué (en allemand) (Ulrica), dir. Fr. Busch (Wegner, Schlemm, Fehenberger, Fischer-Dieskau), Radio de Cologne 1951, Calig.

VERDI, La Force du destin (en allemand) (Preziosilla), dir. Schüchter (Martinis, Schock, Metternich, Frick), Eurodisc, rééd. Gebhardt.

WAGNER, Tristan et Isolde (Isolde) :
¶ dir. Karajan (Vinay, Malaniuk, Hotter, Weber), live Bayreuth 1952, Myto ou Golden Melodram ou Orfeo ou Walhall
¶ dir. Rother (extraits studio) (Wifngassen, Blatter), Teldec 1952/54.
¶ dir. Leitner (Vinay, Malaniuk, Greindl, Neidlinger), live La Haye 1959, Ponto

WAGNER, L'Anneau du Nibelung (Brünnhilde) :
¶ dir. Keilberth, Bayreuth 1953, Golden Melodram (avec une interview de Mödl) ou Andromeda (moins cher)
¶ dir. Furtwängler, Rai Rome 1953, EMI ; rééd. Gebhardt.

WAGNER, La Walkyrie (Brünnhilde) :
¶ dir. Furwängler (Rysanek, Suthaus, Frantz, Klose), studio EMI 1954, Naxos
¶ dir. Keilberth (Varnay, Vinay, Hotter), Bayreuth 1955, Cantus-Lin
¶ dir. Keilberth (Brouwenstijn, Windgassen, Hotter, Greindl), live Barcelone 1955, Walhall
¶ dir. Leitner (Brouwenstijn, Beirer, Hotter), live Buenos Aires [extraits des actes I et II], Archipel

WAGNER, La Walkyrie (Sieglinde) :
dir. Keilberth (Hotter, Lorenz, Varnay), Bayreuth 1954, Melodram ou Archipel

WAGNER, Siegfried (Brünnhilde)
dir. Stiedry (Windgassen, Edelmann, Böhme), New York 1957, Walhall

WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Gutrune + 3e Norne) :
¶ dir. Knappertsbusch (Varnay, Aldenhof, Uhde, Höngen) Bayreuth 1951, Testament
¶ dir. Keilberth (Varnay, Lorenz, Uhde, Greindl, Neidlinger), Bayreuth 1952

WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Brünnhilde)
¶ dir. Keilberth (Windgassen, Greindl, Hotter, Brouwenstijn), live Bayreuth 1955 (stéréo), Testament

WAGNER, Le Crépuscule des dieux (Waltrautre) :
dir. Böhm (Nilsson, Windgassen, Greindl), Bayreuth 1967, Philips

WAGNER, Parsifal (Kundry) :
¶ dir. R. Kraus (Aldenhof, Greindl), Radio de Cologne 1949, Gebhardt
¶ dir. Knappertsbusch (Windgassen, London, Uhde, Weber), Bayreuth 1951, Teldec ou Naxos
¶ dir. Cl. Krauss (Vinay, Weber, London, Uhde), Bayreuth 1953
¶ dir. Knappertsbusch (Vinay, Greindl, Fischer-Dieskau, Blankenheil), Bayreuth 1956

ZELLER, Der Vogelhändler [L'Oiseleur], extraits (Adelaide), dir. Minich (Güden, Schädle), Teldec 1967




2) ANTHOLOGIES (tout est chanté en allemand, as usual)

¶ Preiser :
« O don fatale » (Don Carlos) 1951, « La luce langue » et scène du somnambulisme (Macbeth) 1951, Carmen (3 extr.) 1958 et 1964, Mort d'Isolde 1952, Immolation de Brünnhilde 1954 : enregistr. Telefunken.

¶ Urania 2001:
Mort de Didon (Purcell) 1949 ; « V'adoro pupille » (Giulio Cesare) 1950 ; « Che faro senza Euridice ? » (Orfeo ed Euridice) 1950 ; « Dove sei ? » (Rodelinda) 1951 ; « Divinités du Styx » (Alceste) 1950 ; Scène Marina-Dimitri (Boris Godounov, avec R. Schock) 1949 ; Scène de la Fée du Printemps (Rimski, Snegourotchka) 1949 ; Duo Hänsel-Gretel (avec Lore Hoffmann) 1949 + 4 lieder de Brahms 1950 (Die Mainacht, Wie Melodien, Liebestreu, Der Schmied)

¶ Archipel 2004 :
mélange apparemment des emprunts aux deux anthologies précédentes. Recommandé pour la découvrir (c'est à 8 euros sur jpc.de)

¶ Archives inédites de la Radio de Hambourg
(CD hors commerce, publié par la revue Opernwelt)
« Divinités du Styx » (Alceste) 1961 ; « Abscheulicher » (Fidelio) 1952 ; « La luce langue » et Somnambulisme (Macbeth) 1952 ; « O don fatale » (Don Carlos) 1952 ; Duo Marina-Rangoni et Marina-Dimitri (Boris Godounov) 1950 ; Habanera et Trio des cartes complet 1952 ; « Ich weiß nicht, wer mein Vater war » (Tiefland) 1961 ; 2 lieder de Schönberg (Der Wanderer + Erwartung) 1947.

¶ Liederabend live, vol. 1, Gebhardt :
Schubert, Wolf, Wesendonk-Lieder (Hambourg 1964) + les Wesendonck avec orch, dir. Keilberth, Cologne 1955

¶ Liederabend live, vol. 2, Gebhardt :
Schumann (Liederkreis op. 39), Mahler (Rückert-Lieder), Strauss (Oslo 1964 + Hambourg 1966)




3) Vidéo et DVD

¶ FORTNER, Bluthochzeit [Noces de sang, d'après Lorca] (la Mère), à paraître.

¶ STRAUSS, Arabella (la Tireuse de cartes), dir. Solti (Janowitz, Ghazarian, Weikl, Gruberova, Kollo), Decca 1977.

¶ WAGNER, Rheingold (Erda), dir. et m.e.s. Karajan (Stewart, Fassbaender, Schreier), DG
[Attention ! Mödl incarne le personnage à l'écran en étant doublée par je ne sais plus quelle chanteuse.]

¶ NICOLAI, Les Joyeuses commères de Windsor (film de G. Wildhagen, 1950) : là c'est l'inverse, Mödl chante dans la bande-son (avec Streich entre autres) mais les chanteurs sont doublés à l'écran par des acteurs.

¶ TCHAÏKOWSKI, La Dame de Pique (la Comtesse), dir. Ozawa, régie Horres (Alexeïev, Freni, Kasarova, Chernov, Leiferkus), Opéra de Vienne 1992, Sony.

N.B. D'autres enregistrements inédits sont susceptibles d'être publiés (archives radio en particulier).

Par Bajazet - Publié dans : Artistes
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Commentaires

http://handelmania.libsyn.com/index.php?post_id=104510

Je me permets de donner l'adresse d'un podcast consacré à Martha Mödl sur Handelmania pour ceux qui n'ont pas pu avoir accès à ses disques. Je ne sais pas si tu approuves, fais comme bon te semblera, Baja.
Commentaire n°1 posté par aladin le 17/12/2006 à 18h43
Je rêve..Je suis le seul à proposer "quelque chose" sur cette merveilleuse femme.... Hummph. Bon. Alllez  tous écouter Star Academy., et sentez-vous vivants! Ooooh lala.^^.
Commentaire n°2 posté par aladin le 20/12/2006 à 03h42

Les auditeurs ont été saisis d'étonnement, cher Aladin, d'où l'absence de réaction ;-)


En plus, ils ont peur de se faire repérer par les RG.


De toute façon, j'avertis tout le monde qu'en vertu de la législation nouvelle, ce blog sera bientôt non-blogueur !

Commentaire n°3 posté par Bajazet le 20/12/2006 à 11h54

Ben moi Martha Mödl, j'y connais rien (à part son Divinités du Styx en allemand, pas ce qu'elle a fait de mieux je suppose), donc je découvre avec interêt grace à de tels portraits; donc je veux bien "proposer" un "ça donne envie de l'écouter" mais ça risque de vite devenir répétitif comme "proposition", déjà que c'était plus que limité...


Allez je retourne à ma Star Ac' baroque... 8-)

Commentaire n°4 posté par licida le 21/12/2006 à 14h05
Je ne suis pas toujours aussi antipathique Licida^^, j'avoue que ce soir j'étais particulièrement mal luné. Désolé pour l'effet intempestif, chers hôtes. Ceci dit, mon commentaire désobligeant ne visait personne, c'était un tour pour rien, avant de comprendre d'où venait mes humeurs, comme cela arrive parfois...et elles ne venaient pas d'ici.
Pour en revenir au sujet, la musique et Martha en particulier, il y a de quoi écouter sur handelmania.com, plus d'une heure et demi de M. Mödl, entre autres.
Commentaire n°5 posté par aladin le 22/12/2006 à 23h39
Quel luxe !

Oui, Isolde éternelle, cette voix si charnue, si sûre d'elle, ce ton impérieux, ce feu débordant, ce port des mots...

J'aime beaucoup Lady Macbeth aussi, qui me valut pour la petite histoire de me faire couvrir d'insultes par un contrebassiste argentin, ancien du San Carlo. Il disait connaître Macbeth mieux que quiconque, puisqu'il l'avait travaillé avec Sinopoli - son heure de gloire. J'avais parlé en sa présence de ce Macbeth, qu'il s'était empressé d'acheter pour être à la page. Je lui avais même fourni les adresses les moins chères. Non content de faire l'impasse sur la terrifiante Lady Mödl, comme tu le dis, l'expression semblable aux expressionnistes, et cette fêlure constante, il m'avait injurié parce que je lui avais soi-disant conseillé un Macbeth ténor. Et de clamer que je n'avais jamais entendu l'enregistrement, en conséquence.
Metternich ténor, et il était spécialiste de la fosse d'opéra... poverino !


Je m'étonne un peu que tu trouves Metternich admirable. En Macbeth, oui, mais sinon, la voix est facile, splendide, mais le style si débraillé ! Robert Merril est la sobriété faite homme, à côté. Particulièrement sensible en Escamillo, en Hollandais et surtout Pizarro.

Pour Fidelio, oui, c'est très beau, notamment Komm, Hoffnung, mais j'ai plus de souci avec ces grands rôles, de même pour Brünnhilde. La voix est moins assurée, plus poussée, le travail plus instinctif et moins inspiré à mon goût. Werth ou Jurinac, justement, me convainquent plus (sans parler de Mattila plus récemment). Il n'empêche que c'est assurément grand, oui.


Je ne dirai rien de sa célèbre Kundry, que je connais à peine : Parsifal, je ne suis pas encore entré dedans ^^

Sa prise de rôle, avec Richard Kraus (Gebhardt), est sans doute son meilleur témoignage. Comme toujours, c'est inventif, et à l'époque, la voix sonne pleine.



MOUSSORGSKI, Boris Godouvov (Marina), dir. Jochum (Hotter, Borg, Uhde, Hopf), live Radio Munich 1957, Myto.

Ce doit être spécial, ça. Tu connais ?  Ca me tente beaucoup, que du beau monde.


OFFENBACH, Les Contes d'Hoffmann (en allemand) (Giulietta), dir. Szenkar (Schock, Lipp, Trötschel, A. Welitsch), live Radio de Cologne 1950, Walhall

Il faudra que je réécoute, j'ai un peu oublié, la soirée ne m'avait ni déplu ni impressionné.


PUCCINI, Il Tabarro + Gianni Schicchi (en allemand), dir. Sawallisch (Varady, Fischer-Dieskau), live Munich 1977, Orfeo.

PURCELL, Didon et Énée (en allemand) (Didon), dir. Schmidt-Isserstedt (avec H. Prey), Radio de Hambourg 1958.


Oh, mais ça a l'air très amusant, ça !


STRAUSS, Elektra (Clytemnestre) :
¶ dir. Mitropoulos (A. Konetzni, Ilitsch), live Florence 1950
¶ dir. Karajan (Varnay, Hillebrecht, King, Wächter), live Salzburg 1964, Orfeo
¶ dir. Dorati, extraits (avec Borkh), live Rome 1965, Ponto
¶ dir. Carlos Kleiber (Steger, Tarres), live Stuttgart 1971, Golden Melodram.


La version Mitropoulos de Florence est vraiment à connaître. Un peu de même nature que le Ring scaligère de Furtie. L'orchestre est totalement dépassé, mais se donne tout entier, et il en va de même pour Anny Konetzni, qui décidément avait un tempérament bien opposé à Hilde. Mödl très impressionnante, il va sans dire. Se trouve sous différent labels (notamment Hommage) pour une misère (je l'avais vu, dans le temps, à 3€).


« Divinités du Styx » (Alceste) 1950

Très différent de ce qu'on nous propose d'habitude, mais c'est à entendre, avec la couleur sombre qui lui est propre.
Commentaire n°6 posté par DavidLeMarrec le 05/01/2007 à 22h27
Je découvre enfin le Fidelio de la réouverture de l'Opéra de Vienne (5 nov. 1955). Böhm une fois de plus est électrique (le quatuor "Er sterbe" est pris à un tempo du diable). La soirée dégage une énergie théâtrale impressionnante, avec des dialogues parlés magnifiques (Ludwig Weber en Rocco est fantastique, dans un rôle difficile à rendre de façon prenante).

Mödl n'est pas dans un très bon soir, plus tendue qu'en 53 avec Furtwängler, fréquemment approximative dans les notes (même "Töt erst sein Weib !", boulé) mais elle fait passer une émotion prodigieuse, et le timbre est suffocant de beauté. Son "Zurück !" dans la scène du cachot donne la chair de poule comme jamais.

Mais je retiens comme une révélation le Florestan de Dermota, le plus bouleversant je crois que j'aie entendu, le plus lyrique aussi, mais il tient parfaitement le choc. Seefried a un grand relief théâtral, mais le timbre est déjà crispé. Schöffler et Weber sont exemplaires. Tout ça pour 5 euros sur jpc.

J'en profite pour signaler que plusieurs coffrets de chez Andante (coûteux d'ordinaire) sont actuellement bradés sur Amazon.fr. L'un d'eux propose 2 Fidelio en 4 CD pour 21 euros : l'un dirigé par Böhm en 44 avec Hilde Konetzni, Torsten Ralf et la jeune Seefried ; l'autre est le fameux live de Furtwângler en 53. Cette édition se signale d'après les critiques que j'ai lues, par l'excellence de sa qualité sonore.

Un autre de ces coffrets Andante bradés propose la Lulu en 2 actes dirigée par Böhm à Vienne avec une distribution plus qu'attirante : Silja, Möd en Geschwitz, Hotter, Kmennt
Commentaire n°7 posté par Bajazet le 10/01/2007 à 14h34
Je reçois juste le coffret Andante avec les 2 Fidelio en 4 CD. Je connaissais celui de Furtwängler par l'édition Fonit Cetra. La plus value sonore de l'édition Andante est phénoménale ! Incomparable. C'est du son impeccable avec une présence, un relief, une netteté extraordinaires : on a l'impression d'y être.

La présentation est luxueuse, en plus, avec un véritable livre au format CD, des photos et biographies des interprètes, un essai sur l'Opéra de Vienne, un texte de Furt sur Beethoven, et le livret traduit en anglais et français.

Bref, en plus à un prix si modique, c'est plus qu'une aubaine !

C'est exactement la soirée de 53 déjà publiée : on entend toujours un Français du public crier "Bravo !" à la fin de l'air de Marzelline. (L'accent ne trompe pas…)
Commentaire n°8 posté par Bajazet le 12/01/2007 à 15h51
Archipel vient de rééditer les Wensedonck-Lieder de Mödl avec Keilberth (Cologne 1955) déjà proposés par Gebhardt et parus jadis en microsillons chez Melodram.

C'est couplé avec deux ouvertures de Wagner par Keilberth (Tannhäuser et Meistersinger) et 4 lieder de Pfitzner dont je ne sais si Clara Ebers els chante seule ou en alternance avec Mödl. Je penche pour la première hypothèse.

http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/1905696?rk=classic&rsk=hitlist
Commentaire n°9 posté par Bajazet le 17/10/2007 à 19h19
J'ai ajouté à la discographie de Mödl un Siegfried inédit, capté au Met en 57, avec Windgassen et Edelmann, qui vient d'être publié par Walhall.
Commentaire n°10 posté par Bajazet le 25/05/2008 à 22h51
Je viens de découvrir ce document, notre Martha avec Isabelle Huppert, écoutant le Fidelio de 1953. C'est tiré du film Poussières d'amour de Werner Schroeter. http://fr.youtube.com/watch?v=41CZtYRiN2I
Commentaire n°11 posté par Jean-Charles le 07/12/2008 à 23h08
Ah, merci, Hansk. J'avais complètement oublié cette scène du film :-/ On avait déjà eu Losey filmant la Rotonde de Palladio en visite guidée, là on nous tartine du cloître médiéval pour Fidelio. Faut bien passer le temps, pas vrai ? On retrouve Mödl telle qu'en elle même. Quand elle apparaît à l'écran, on pense à Marguerite Duras, sauf que Mödl est aussi enfantine que vieille, et qu'elle ne se prend absolument pas au sérieux. Je n'ai d'ailleurs pas d'exemple d'une interprète d'opéra de cette trempe, et dont la simplicité, la franchise soit si totales. Quand on la voit parler comme ici, c'est exactemet le ton de ses entretiens avec Thomas Voigt. Je me souviens aussi d'un entretien à la TV bavaroise, réunissant Mödl, Varnay et Nilsson. Dieu sait si les 2 dernières ne jouaient pas les divas superbes ou tourmentées, mais comme elles faisaient "dame" à côté de Mödl.
Commentaire n°12 posté par Bajazet le 08/12/2008 à 01h39
"Je me souviens aussi d'un entretien à la TV bavaroise, réunissant Mödl, Varnay et Nilsson." Il suffit de demander ! 8-) http://fr.youtube.com/watch?v=V_DdAE8I5Z0
Commentaire n°13 posté par Jean-Charles le 08/12/2008 à 22h59
je viens de trouver un 78rpm TELEFUNKEN avec Don Carlo et Orfeo ed Eurydice; sauf erreur de ma part le Gluck n est pas listé. Cela se trouve aussi en LP Telefunken Preiser etc ... Je cherche d'autres 78rpm de Martha Modl si qqun possède qqchose.
Commentaire n°14 posté par sergio le 07/03/2009 à 10h33
L'air d'Orphée est-il celui dirigé par L. Ludwig (Berlin, 1950) ? Auquel cas il est repris dans le CD Urania détaillé ci-dessus.

Je rajoute à la liste le Crépuscule des Dieux récemment publié par Testament (en stéréo).
Commentaire n°15 posté par Bajazet le 07/03/2009 à 15h02
Sony vient de publier en DVD la Dame de pique dirigée par Ozawa à Vienne en 1992 : Mödl y chantait la Comtesse dans une mise en scène de Kurt Horres. On pouvait jusqu'ici en voir des extraits sur Youtube.

Ç'avait été l'occasion de fêter les 50 ans de scène de Mödl à l'Opéra de Vienne :
http://www.youtube.com/watch?v=QexmOzk5hI0

Commentaire n°16 posté par Bajazet le 12/08/2009 à 12h25
Réédition tant attendue de La Femme sans ombre captée live à Munich en 1963 sous la direction du grand Keilberth, avec Bjoner au zénith, Jess Thomas, Inge Borkh, Fischer-Dieskau et la Nourrice de Martha Mödl qui donne la chair de poule (et Fassbaender planquée dans les chœurs). Des extraits sont écoutables ici.

DG a négligé d'assurer cette réédition (ils préfèrent sans doute publier Sicilien Live en DVD) et c'est donc Brilliant qui s'y colle, avec l'avantage d'un prix de vente dérisoire.

Dans la même fournée économique arrachée au catalogue DG, réédition du Palestrina de Pfitzner dirigé par Kubelik (autre merveille) et de la Salomé hambourgeoise de Böhm, qui vaut au moins pour le chef et pour un couple Narraboth-Page fantastique (Wieslaw Ochman et Ursula Boese) ; Fischer-Dieskau est assez incongru en Prophète, et si Gwyneth Jones mouille sa chemise — ou ses voiles, comme Mélusine — le résultat est assez inégal.

Et réédition du Mariage secret de Cimarosa dirigé par Barenboim en 1976, confortable et superbe, avec Auger et Varady à leur sommet. :-)
Commentaire n°17 posté par Bajazet le 27/10/2009 à 20h49
A quand la parution de la vidéo de cette Femme sans Ombre ?


Commentaire n°18 posté par Hansk le 27/10/2009 à 21h43
Je n'aime pas cette scénographie, que je trouve inutilement moderniste.



Commentaire n°19 posté par Joe Nicolas le 27/10/2009 à 23h59
Est-ce inédit pour vous ?

http://www.youtube.com/watch?v=gZt9ZtWEO_Y

Si oui, vous pouvez remercier Schlemm.

Enfin quoique ... cette musique je dois dire que je n'en pense pas grand chose.
Commentaire n°20 posté par Francesco le 13/12/2009 à 00h57
Quand j'écoute cette musique, je pense qu'il reste peut-être du flan dans le frigo !
Ah, ce Fortner, toute une époque…

Commentaire n°21 posté par Bajazet le 13/12/2009 à 02h48
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