Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /2006 19:44
   
    L'Avant-Scène Opéra
file un mauvais coton…

    Certains numéros, vous le savez, sont "actualisés", non seulement pour la discographie et le bilan des productions, mais pour les articles de fond. C'est le cas du récent numéro sur Lucia (que je n'ai pas consulté d'ailleurs) et on peut espérer que le numéro à paraître dans quelques semaines sur Les Contes d'Hoffmann tienne compte des acquis de la recherche musicologique (l'édition Keck, bien sûr*).

    Mais que penser d'une "mise à jour" qui appauvrit le volume d'origine ?

    C'est la nouvelle mésaventure que vient d'essuyer Idoménée, semble-t-il.
  L'éditeur nous annonce que le numéro sur Idomeneo est de nouveau disponible. À la bonne heure. Mais il a l'air bien mince comparé au numéro d'origine… Et pour cause : il a été vigoureusement allégé !

    Jugez plutôt.

    Voici le sommaire du numéro paru cet automne :

¶ Pierre Michot : Vue d’ensemble
¶ Michel Pazdro : Argument
        
¶ Harry Halbreich : Commentaire littéraire et musical   
¶ Giambattista Varesco : Livret intégral
¶ Dominique Sila : Traduction française

¶ Jean-Michel Brèque : Les vertus d’un livret imparfait
¶ Pierre Michot : La genèse et la création 1781
¶ Pierre Michot : Profil des rôles

¶ Alfred Caron : Discographie comparée
¶ Alfred Caron : Vidéographie comparée

¶ Bibliographie
¶ Elisabetta Soldini : L’œuvre à l’affiche (1781-2006)
 
   
Et voici ce que proposait l'édition originale de 1986 (je mets en gras ce qui a été supprimé) :

¶ Alain Duault : Présentation
¶ Elisabeth Giuliani : La genèse d'Idomeneo au miroir de la correspondance
¶ Alain Gueulette : Mozart face au livret de Varesco
¶ Jean-Michel Brèque : Les vertus d'un livret imparfait
¶ Jacques Gheusi : Le créateur du rôle d'Idoménée : Anton Raaf
¶ Alain Duault : Argument

¶ Harry Halbreich : Commentaire littéraire et musical   
¶ Giambattista Varesco : Livret intégral
¶ Dominique Sila : Traduction française


¶ Rémy Stricker : Mort du seria, naissance du drame
¶ Jean-Victor Hocquard : Un laboratoire de la dramaturgie mozartienne
¶ Marie-Françoise Vieuille : Ilia ou le sourire de la tragédie
¶ Sena Jurinac : À Glyndebourne avec Fritz Busch
¶ Karl Böhm : Une œuvre inépuisable
¶ Pierre Strosser : Des pas dans l'espace d'un décor
¶ Piotr Kaminski : Discographie

¶ Michel Pazdro : L'œuvre à l'affiche
¶ Elisabeth Giulani : Bibliographie

+ Suppléments
¶ Anton Dermota : Chanter Mozart
¶ André Tubeuf : Ténors mozartiens
¶ J.-V. Richard : Oublis et compromis (chronique des productions de l'Opéra de Paris au printemps 86)

    Que certaines contributions aient pu être jugées dispensables ou trop liées à l'actualité de 1986, je veux bien… Et admettons que les nouveaux articles reprennent tout le contenu sur la genèse et la création de l'opéra (j'ai un gros doute, mais je n'ai pas acheté le volume sous cellophane pour vérifier). Reste qu'on voit un peu trop que la logique actuelle de la revue est de faire des économies : une poignée d'auteurs, et surtout une réduction drastique au minimum sur l'œuvre, qui revient à aligner la conception de la revue sur celle d'un programme de salle.

    Tout se passe comme si une publication spécialisée, qui en principe tire son attrait de sa substance, obéissait désormais au régime minimum de l'édition. Craint-on que les lecteurs s'offusquent d'avoir trop à lire sur le sujet ? Plus vraisemblablement, on a résolu de réduire le coût de l'édition. Mais faut-il alors des photos couleurs au détriment du contenu ?

    Voilà qui est plus que regrettable, pour ne pas dire lamentable quand l'éditeur proclame fièrement que le n° 89 (Idomeneo) est "à nouveau disponible". Imposture.

(Et en plus on perd la discographie si pénétrante de Kaminski !)


* On peut d'ailleurs remarquer le paradoxe suivant. Le livret des Contes d'Hoffmann conforme à la reconstitution de Keck n'est pas à ce jour disponible en France (sauf erreur). Mais l'éditeur de poche allemand Reclam le propose, en version bilingue, depuis 2005, pour moins de 6 euros.
Par Bajazet - Publié dans : Livres et revues
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Commentaires

Cela ne fait que confirmer mes soupçons, hélas !


En effet, la dernière réédition du Ring était bien inutile ne comportait guère de nouveautés. A tel point que je reste fidèle à l'édition précédente parue à la fin de sannées 90.


Je sais pour avoir discuté assez longuement avec des employés lors de Musicora, que l'ASO essayait de diversifier son offre et d'attirer un plus large public (d'où les numéros généraux sur Mozart, Verdi et Wagner et la nouveauté des "opéras racontés avec des personnalités célèbres racontant l'histoire et des extraits de l'oeuvre).


C'ets d'autant plus dommage que ces ouvrages restent indispensabes à tout amateur d'opéra et sont souvent une mine de renseignements. Les analyses, inégales peut-être selon les volumes, offrent d'ordinaire les principales clefs de compréhension de chaque oeuvre.


Hélas, trois fois hélas !


Kat.

Commentaire n°1 posté par Kat le 24/11/2006 à 21h34
Aaaaaah, la malediziooooooone !

Il est arrivé que la refonte soit bénéfique (je pense aux commentaires des opéras de Mozart par Michel Noiray) mais à l'époque, la refonte signifiait l'augmentation du texte ! Le numéro sur Così s'est ainsi considérablement amélioré.

Mais s'ils entrent dans la logique "light" du sommaire qui fait rage dans l'édition, mauvais temps pour eux. À moins que ça séduise un nouveau lectorat (quel mot vilain…), mais j'en doute un peu.

J'ai oublié de dire que le numéro sur La Clémence de Titus avait été déjà délesté.
Commentaire n°2 posté par Bajazet le 24/11/2006 à 22h00
Et dire que j'ai parfois hésité à acheter les anciens numéros d'occasion... naïve que je suis!

C.
Commentaire n°3 posté par Caroline le 25/11/2006 à 09h07

Est ce que quelqu'un a entre ses mains la nouvelle édition de l'Orfeo monteverdien ? Je traverse à nouveau une crise fin Renaissance / début de l'ère baroque que je n'arrive pas à soigner. Alors du coup je souhaiterais approfondir... Et je me demandais comment était ce numéro...


D'une manière générale, en ce qui concerne l'ASO même à la grande époque, j'ai remarqué que moins le titre était connu, plus le contenu était intéressant. J'ai de très grands souvenirs des numéros sur Intermezzo de Strauss ou La Ville morte de Korngold par exemple.

Commentaire n°4 posté par LeChevalierDesGrieux le 25/11/2006 à 12h03
Je ne connais que le numéro sur Poppée, refait par Denis Morrier il y a 2 ou 3 ans.

Oui, La Ville morte est vraiment un numéro remarquable. Les Gluck aussi, avec les commentaires de Noiray et les vapeurs de Tubeuf. Les numéros sur Salomé ou le Freischütz (numéros doubles) sont également goûteux.
Commentaire n°5 posté par Bajazet le 25/11/2006 à 12h34
C'est Morrier qui a refait l'Orfeo aussi. Comment est le numéro sur Poppea ?
Commentaire n°6 posté par LeChevalierDesGrieux le 25/11/2006 à 15h46
Bien, m'a-t-il semblé. L'actualisation du numéro a été motivée par les progrès de la recherche musicologique. Reste que le nombre d'articles a sensiblement baissé (le numéro d'origine était sauf erreur un numéro double, et fut rapidement épuisé, je ne le possède pas).
Commentaire n°7 posté par Bajazet le 25/11/2006 à 16h35
Dans le même genre, avez vous remarqué la réedition du Haendel de Romain Rolland chez Actes Sud? Toutes les annexes ont été supprimées (c'est à dire les analyses de grands oratorios et la note sur les "plagiats") ainsi que les illustrations et extraits de partitions.

A la place, réjouissez vous bon peuple car vous avez droit à une préface toute neuve de... Dominique Fernandez (applauze!).

Enfin l'edition Albin Michel dans un format plus grand coutait 10€, chez Actes Sud on réduit le contenu et la forme mais pas le prix: 16€.
Commentaire n°8 posté par licida le 26/11/2006 à 11h52
Jésus, ça me fait penser que j'avais acheté d'occasion un recueil de textes de R.Rolland sur Gluck and Co, et que je ne l'ai jamais lu ! :-/
Commentaire n°9 posté par Bajazet le 26/11/2006 à 16h37
En tout cas j'ai été scotché par l'intelligence de Rolland devant la musique du 18ème qu'il ne connaissait quasiment que pour avoir lu les partitions. Certes il y a des points totalement dépassés (la non ornementation des da capo) et des points éludés (les castrats et la classification des tessitures), mais en 1910 reconnaitre la valeur des opéras seria de Handel (alors que Giulio Cesare ne sera repris qu'en 1925!), justifier la logique des pasticcios et plus, comparer l'art de Handel à ceux de Keiser, Mattheson, les Bonnoncini, Jommelli et bien d'autres, en detaillant les styles de chacun, c'est confondant! Je suis curieux de savoir ce qu'il a dit de Gluck et de cette seconde moitié du siècle.

Maintenant je vais me plonger dans la bio de Handel par Keates.
Commentaire n°10 posté par licida le 26/11/2006 à 17h28
Pourquoi pas, mais à ce moment-là, laissez une adresse mail pour contact, car la maison n'assure pas ce genre de communication.
Commentaire n°11 posté par Bajazet le 16/01/2008 à 18h48

Nouveau venu sur ce site. Acceptez-vous les petites annonces ? Je recherche notamment les numéros de l'Avant-Scène sur le "Freischutz", le "Château de Barbe-Bleue" et "Manon Lescaut".
Commentaire n°12 posté par Bernard le 16/01/2008 à 17h56
Pour ceux que cela intéresse, ce numéro dans son édition originale a été en vente sur ebay par gilek59 et la vente s'est terminée ce 23 mars sans acquéreur. N'hésitez pas à prenndre contact avec le vendeur. j'ai aussi réussi à trouver un ex. récemment sur abebooks.fr et livrerare.fr. Cordialement
Commentaire n°13 posté par Gauche Agnès le 06/04/2008 à 23h30

 

Profitant de l’été pour mettre un peu d’ordre, j’ai aussi relevé les sommaires de revues qui traînaient avant de les ranger. Je n’ai que quelques numéros de l’ASO, mais l’évolution est visible à l’œil ; il semblerait qu’un sérieux basculement se soit fait au début des années 1990. Les articles fondant alors que les critiques de disque ou de vidéo gonflent considérablement (en nombre et non en contenu). Un exemple en prenant 2 numéros à 11 ans de distance :

 

 

L’AVANT SCENE OPERA (n° 42, juillet-août 1982)

 

 

            ORLANDO PALADINO de Haydn

                                                           L’autre capitale de l’Europe : Vienne au XVIIIe siècle (P. Enckell)

                                                           Joseph Haydn, l’artisan furieux (C. Nanquette)

                                                           Haydn et l’opéra : pour accompagner les fêtes (R. Landon)

                                                           De l’Arioste à Haydn, les errances de Roland (M. Petitjean)

                                                           Roland limogé (M. Marnat)

                                                           Orlando ou la folie obstinée (G. Coutance)

                                                           Itinéraire de Paris à Sodome (A. Guédy, PJ Salazar)

                                                           Orphée au pays des marionnettes (B. Pinchard)

                                                           Une passion pour Haydn (C. Diederich) (Orlando à Carpentras)

                                                           Notre troisième rencontre (G. Coutance, C. Marest) (Orlando à Carpentras)

                                                           Une fête folle (P. Ionesco ) (Orlando à Vienne)

                                                           Notes sur l’enregistrement de huit opéras de Haydn (E. Smith)

                                                           Discographie (articles tirés de différentes revues)

                                 

            Pour un nouvel opéra :           (dossier)

Commentaire n°14 posté par La mauvaise... le 27/09/2009 à 16h50
J'ai une édition intermédiaire, de 1991, d'Idoménée; on y trouvait ceci (bien sûr + livret, traduction et commentaire), c'est assez proche de la première édition :

L’AVANT SCENE OPERA (n° 89, septembre 1991 ; 1ère édition juillet 1986, mise à jour décembre 1990, nouvelle mise à jour sept. 1991)

 

 

            IDOMENEE de Mozart

                                                           La genèse d’Idoménée au miroir de la correspondance (E. Giuliani)

                                                           Mozart face au livret de Varesco (A. Gueullette)

                                                           Les vertus paradoxales d’un livret imparfait (JM Brèque)

                                                           Le créateur du rôle d’Idoménée : Anton Raaff (J. Gheusi)

                                                           Mort du « seria », naissance du drame (R. Stricker)

                                                           Un laboratoire de la dramaturgie mozartienne (JV Hocquard)

                                                           A Glyndebourne avec Fritz Busch (Sena Jurinac)

                                                           Une œuvre inépuisable (Karl Böhm)

                                                           Discographie (P. Kaminski)

 

            Chanter Mozart (Anton Dermota)

 

            L’œil de l’oreille : Ténors mozartiens ? (A. Tubeuf)

 

Commentaire n°15 posté par ...mais mauvaise quoi, au fait? le 27/09/2009 à 16h54
Ah!!! Le commentaire 14 a été coupé!

Bon, ben, vous ne suivrez pas ma belle démonstration...
Commentaire n°16 posté par mauvaise aussi en édition de commentaires! le 27/09/2009 à 17h05
Infirmièèèère !

La Mauvaise est très agitée ce soir.
J'ai peur.

Commentaire n°17 posté par Bajazet le 27/09/2009 à 21h37
P.S. J'ai perdu mon Eurydice, mon short rouge et mon Avant-Scène d'Obéron. Impossible de remettre la main dessus. Es ist seltsam, nicht ?
Commentaire n°18 posté par Bajazet le 27/09/2009 à 21h38
Alors Obéron

L’AVANT SCENE OPERA (n° 74, avril 1985)

 

 

            OBERON de Weber

                                               Une odyssée allemande (JV Richard)

                                               Le romantisme dans la musique (M. Schneider)

                                               Aux sources du livret : Wieland et son Obéron (B. Gicquel)

                                               Wieland (Madame de Staël)

                                               La genèse d’Obéron (G. Corneloup)

                                               L’opéra irréconciliable (S. Martin)

                                               Obéron revu par Mahler (C. Bouju)

                                               Du Freischütz à Obéron : magie noire et magie blanche (A. Gueullette)

                                               Rêves marins dans l’opéra allemand (H. Pierrakos)

                                               Un antécédent : l’Obéron de Wranitzky (B. Gicquel)

                                               Discographie (A. Tubeuf)

 

            Opéra et mythe (5) :   Le cothurne musical (entretien avec Gilbert Durand)

 

            L’œil de l’oreille : Demeure, tu es si beau ! (A. Tubeuf)

 

            La discothèque de l’ASO :    Tiefland – E. D’Albert – Janowski

                                                           Tamerlano – Haendel – Ledroit, Elwes, Jacobs, Poulenard / Malgoire

                                                           Scipion – Haendel – Farncombe

                                                           Moses und Aron – Schönberg – Solti

                                                           La Traviata – Verdi – Callas, G. di Stefano / Mugnaï (1952)

 

Commentaire n°19 posté par c'est pas moi qui l'ai pris le 28/09/2009 à 08h31
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