Dimanche 30 août 2009
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C'est par excellence une musique du matin, du lever, la musique du matin beau et limpide sur le penchant de l'été. J'avais acheté le disque un peu par hasard, il y a 15 ans,
parce que j'aimais le bleu et le Beccafumi. Véronique Gens, Gérard Lesne et Peter Harvey chantent ensemble un Confitebor splendide de Galuppi. Le début ci-dessous (et fi du La Tour
sempiternel : rançon de Youtube).
Je ne connaissais alors de Galuppi qu'un oratorio biblique, La Caduta di Adamo, enregistré par Claudio Scimone en 1985, et où Adam et Ève sont flanqués de l'Ange de
Miséricorde (le soprano radieux de Susanna Rigacci) et par l'Ange de Justice avec son épée ondulée qui ne plaisante pas (Marilyn Schmiege, redoutable). Ernesto Palacio chantait Adam (superbe air
de pénitence déployé sur 9 minutes, « Amare lagrime ite a torrenti ») et dans la partie de sa fausse moitié on entendait l'étrangeté de Mara Zampieri, dont un bel esprit a écrit un jour
que le Serpent n'avait pas entendu qu'elle ouvre la bouche pour prendre la fuite. Ou plutôt si elle lui avait balancé d'emblée « tutto spira l'orrOOOOOOR del mio deliTTOOOOOO », il
serait mort sur le champ de saisissement. Qu'importe : hétérodoxe et bizarre comme elle est, cette Éve-Dragon a de quoi fasciner.
Faute de pouvoir insérer un extrait de cette œuvre ici, ce sera une musique pour le soir. Et plutôt qu'une sonate de Galuppi jouée par Michelangeli, ce sera la fameuse scène de L'Olympiade de Métastase, « Mentre dormi, Amor fomenti ». Furtivement mais longuement,
Lycidas invoque la douceur du sommeil pour l'autre — « con l'idea del mio piacer ».
C'est enregistré à la Fenice sous la direction d'Andrea Marcon,
et c'est Franziska Gottwald qui chante.
Par Bajazet
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Publié dans : uvres et compositeurs
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