Lundi 24 août 2009
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Maureen Forrester, dont il a déjà été question ici puis là , a laissé un certain nombre d'enregistrements, qui tient trop souvent du continent englouti. Les Haendel fabuleux des années 60, gravés à Vienne pour le label Westminster,
commencent enfin à ressurgir : le Serse avec Lucia Popp vient d'être réédité par DG, et on peut espérer que la Rodelinda de 1964 sous la direction du même Priestman suive,
mais aussi cet Hercules où elle incarnait Déjanire face à l'Iole de Stich-Randall. Commentant l'édition du Serse, Ivan Alexandre a souligné que l'art de Forrester, unissant «
l'académie et la transe », vient opportunément rappeller « ce que primo uomo veut dire ». De même, la Theodora dirigée par Somary, rééditée récemment elle aussi par le label
Alto, offre au couple protagoniste, avec Harper et Forrester, des interprètes aussi
cultivés qu'intenses, chose rare dans la discographie de cet oratorio.
La Radio Canadienne (CBC) avait publié il y a une dizaine d'années une anthologie Haendel de Forrester, qui puisait aux intégrales Priestman et Somary. Elle sera rééditée
bientôt dans un double CD, avec une autre anthologie consacrée à Forrester dans le lied (déjà proposée en 2000 sous le titre malencontreux La Grande Dame de la Lyrique), et qui comprend
notamment les Quatre chants sérieux de Brahms et les Wesendonck-Lieder gravés en 1968, plus les Zigeunerlieder. Deutsche Grammophon de son côté continue de négliger la
Rhapsodie de Brahms avec Fricsay (1957) : seul le complément des Rückert-Lieder avec le même chef a reparu dans le coffret Fricsay : a life in music. Et qui rééditera
les Songs composés par Thomas Arne pour les pièces de Shakespeare, où Forrester en 1964 avait le même partenaire que dans son album Purcell de 1968, rien moins qu'Alexander Young ?
Mais la nouveauté, absolue, vient d'un autre éditeur canadien, XXI-21 Productions, qui s'apprête à publier cet automne un coffret copieux regroupant les premiers
enregistrements de Forrester dans les années 1950, parmi lesquels des raretés et même de l'inédit.
On y trouvera une partie Mahler, issue de disques généralement connus : les Rückert avec Fricsay, le Chant de la Terre avec Reiner (studio) et Walter (live),
la Seconde Symphonie avec Walter, les Kindertotenlieder avec Munch. Deux versions de l'Ode à la Joie aussi : Fricsay en 1959, Munch l'année suivante. Passons sur le
fait que dans la partie d'alto, selon un mot célèbre, « on ne vous remarque que si vous n'êtes pas bonne ».
Mais surtout sera restituée la Rhapsodie de Brahms dirigée par Fricsay : merveille !
Un autre 'intérêt majeur du coffret réside dans le lied avec piano. Car reparaîtront les albums introuvables réalisés avec John Newmark au piano :
¶ Le Lied (1955) : Schubert, Beethoven, Schumann, Wolf, Strauss, Dvorak, Brahm (avec les deux lieder avec alto obligé).
¶ Programme Schumann-Brahms en 1958 (avec Frauenliebe undLeben, je présume)
¶ Un plus rare en 1959 : C.P.E. Bach, Franck, Schumann, Loewe
À quoi s'ajoute un inédit, issu des archives canadiennes : des Wesendonck-Lieder datant de 1954. Mais aussi, on l'espère, une Rhapsodie de Brahms captée en 1960 à Porto-Rico
sous la direction de Pablo Casals, inédite encore, et qui complétera les Songs of Sunset de Delius gravées en studio sous la direction de Beecham.
Vifs remerciements à Denis Alarie pour ces informations. Et en attendant de découvrir ces trésors (qu'accompagnera une notice bien documentée), voici Maureen Forrester dans
Blow the wind southerly, une de ces mélodies entêtantes :
Par Bajazet
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Publié dans : Artistes
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