Wagner, Les Maîtres-Chanteurs, II, 3
Hans Hotter, Opéra de Berlin, printemps 1942
Was duftet doch der Flieder
Comme le sureau embaume !
so mild, so stark und voll !
Cette suavité, cette force, cette plénitude…
Mir löst es weich die Glieder,
Il amollit tout mon corps,
will, daß ich was sagen soll.
il veut me pousser à parler.
Was gilt's, was ich dir sagen kann ?
À quoi bon ce que je pourrais te dire ?
Bin gar ein arm einfältig Mann !
Je ne suis qu'un pauvre homme, quelqu'un de simple !
Soll mir die Arbeit nicht schmecken,
Si je dois ne pas trouver goût au travail,
gäbst, Freund, lieber mich frei :
tu ferais mieux, mon ami, de me laisser la liberté :
tät besser, das Leder zu strecken,
je ferais mieux d'étirer le cuir,
und ließ alle Poeterei !
et de laisser là toute poésie !
Und doch, 's will halt nicht gehn :
Et pourtant, ça ne passe pas :
Ich fühl's und kann's nicht verstehn ;
je le sens, et je ne puis le comprendre ;
kann's nicht behalten – doch auch nicht vergessen :
je ne puis le retenir – mais pas non plus l'oublier ;
und fass' ich es ganz, kann ich's nicht messen !
et si j'embrasse l'ensemble, c'est la mesure qui m'échappe !
Doch wie soll ich auch fassen,
Mais comment embrasser aussi
was unermeßlich mir schien ?
ce qui m'a paru échapper à toute mesure ?
Kein' Regel wollte da passen,
Aucune règle n'était là de saison
und war doch kein Fehler drin.
et il n'y avait aucune faute cependant.
Es klang so alt, und war doch so neu,
Cela sonnait si ancien, et pourtant si neuf,
wie Vogelsang im süssen Mai !
comme le chant de l'oiseau dans la douceur de mai !
Wer ihn hört
Quiconque en l'entendant,
und wahnbetört
leurré par l'illusion,
sänge dem Vogel nach,
imiterait l'oiseau,
dem brächt es Spott und Schmach :
les moqueries seraient son lot :
Lenzes Gebot,
Printemps qui commande,
die süße Not,
douce nécessité
die legt es ihm in die Brust …
qui inspire sa poitrine…
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