Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /2009 18:31


Jonas Kaufmann
, ténor
Helmut Deutsch
, piano
Zurich, Opéra, 24 mai 2009


SCHUBERT, Die Bürgschaft (Schiller)

SCHUMANN, Dichterliebe op. 48 (Heine) :
    Im wunderschönen Monat Mai ;
    Aus meinen Tränen spriessen ;
    Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne ;
    Wenn ich in deine Augen seh ;
    Ich will meine Seele tauchen ;
    Im Rhein, im heiligen Strome ;
    Ich grolle nicht ;
    Und wüssten's die Blumen ;
    Das ist ein Flöten und Geigen ;
    Hör ich das Liedchen klingen ;
    Ein Jüngling liebt ein Mädchen ;
    Am leuchtenden Sommermorgen ;
    Ich hab im Traum geweinet ;
    Allnächtlich im Traume ;
    Aus alten Märchen winkt es ;
    Die alten bösen Lieder.


R. STRAUSS
Schlichte Weisen op. 21 :
    All' meine Gedanken ;
    Du meines Herzens Krönelein ;
    Ach Lieb, ich muß nun scheiden ;
    Ach weh mir unglückhaften Mann ;
    Die Frauen sind oft fromm und still
Sehnsucht op. 32 n° 2
Nachtgang op. 29 n° 3
Freundliche Vision op. 48 n° 1
Ich liebe dich op. 37 n° 2
4 Lieder op. 27 :
    Heimliche Aufforderung ;
    Ruhe, meine Seele ! ;
    Morgen ;
    Cäcilie

En bis :
3 lieder de R. Strauss :
Breit über mein Haupt ; Ich trage meine Minne ; Nichts !




    Le hasard a fait que dans un week-end à Zurich motivé par les représentations d'Agrippina et de Rigoletto est venu se glisser impromptu une matinée de lieder par Jonas Kaufmann et Helmut Deutsch, laquelle restera nettement le plus grand moment du séjour. Après un Winterreise en 2007, Kaufmann devait proposer en mars dernier un nouveau programme centré sur le Schwanengesang de Schubert. Annulé, ce récital a été finalement reporté au merveilleux mois de mai, avec semble-t-il sa première interprétation publique du cycle Dichterliebe de Schumann. La veille, Kaufmann chantait dans la Neuvième de Beethoven dirigée par Barenboim à Berlin pour le soixantième anniversaire de la République fédérale allemande, avec Anne Schwanewilms, Waltraud Meier et René Pape, et retransmise à la télévision.






    D'autres circonstances m'ont placé au premier rang du parterre, assez à gauche pour être en mesure de jouir aussi du spectacle offert par Deutsch au clavier. Je n'aime pas d'ordinaire être si près des chanteurs (cela me mettrait presque mal à l'aise) et il est certain que les éclats enthousiastes (Strauss !) d'un ténor dans une forme insolente doivent subjuguer davantage avec plus de recul dans la salle ; mais il est vrai aussi que cette première ligne permet d'admirer au vif deux phénomènes également beaux quoique d'un ordre différent. D'abord l'harmonie exceptionnelle entre le chanteur et le pianiste qui l'accompagne. Tout paraît unifié, disposé « comme un seul homme », sans que Kaufmann ait besoin de regarder Deutsch, et cette complicité paraît d'autant plus profonde qu'elle prend les dehors de l'amitié fraternelle lors des saluts.

    Le deuxième phénomène - qu'on me pardonne - engage aussi l'union des deux artistes dans une sudation ruisselante. Il faisait une chaleur estivale à Zurich dès le matin, et le théâtre n'était pas loin du comble, mais le profil cramoisi, inondé du pianiste comme les gouttes qui pleuvaient gracieusement des boucles du ténor sur sa face et jusque sur le revers de sa veste manifestaient surtout cette part physique, physiologique de la concentration dont procède à ce moment-là la grandeur esthétique. Souveraine, la musique jaillit bien de deux corps dans l'effort. Nobile sudor, comme on chante dans je ne sais plus quel oratorio. Après l'entracte qui suit Dichterliebe, les deux artistes ont d'ailleurs tombé la veste (et changé de chemise). Kaufmann s'est adressé au public avec grâce pour qu'il excuse cette « entorse à l'étiquette », l'invitant à faire de même si nécessaire.

    Cette parole si communicative, naturelle et brillante, c'était aussi celle d'un chant qui, au-delà du charme individuel du timbre et de la phrase, captive en permanence par la beauté de l'allemand. Je suis de plus en plus persuadé que l'ascendant de Jonas Kaufmann sur un public germanophone doit certes à la séduction et au rayonnement d'une belle personne, mais bien davantage à cette incarnation quasiment érotique du verbe. Kaufmann fait sonner comme bien peu, et avec une force d'évidence immense, le corps de la langue, et donc son esprit. Là serait peut-être ce qui le rattacherait le plus exactement à Fritz Wunderlich. Du moins le choix inusité (et déjà avéré dans les récitals de Kaufmann en 2007) d'ouvrir le récital par la longue ballade Die Bürgschaft me semble symptomatique d'une manière de placer l'éloquence du texte avant la séduction vocale. Un lied narratif et gradué permet certes de chauffer la voix, mais se tourner vers ces ballades de Schubert négligées, sur un poème de Schiller (« ein Gott der Sprache », disait Edda Moser), et vers celle-ci, qui dramatise la force de l'amitié fraternelle à partir de la légende de Damon et Pythias, n'est-ce pas ancrer délibérément le chant dans la culture allemande classique ?





    Toujours est-il que Kaufmann livre de cette Caution une interprétation royale. On reste ébloui par la maîtrise de la narration, que servent non seulement une diction parfaite mais un jeu de couleurs exceptionnel. Dans ce récit de ce qui tourne vite à une course contre le temps, et où justement l'interprète doit tenir la distance pour l'intensité expressive, la véhémence est parfaitement dosée, donnant au franchissement du fleuve comme à la rencontre de Philostrate toute leur force d'évocation. Les notations sur le déclin du soleil qui scandent la ballade sont admirablement nuancées, et l'ensemble est conduit de façon captivante sans jamais altérer la noblesse du geste ni la majesté de la langue. Helmut Deutsch témoigne lui aussi d'une alliance supérieure de la ferveur dramatique et de l'élégance du dessin. Il serait bon que ces interprètes, avec des qualités si hautes, se consacrent un jour plus largement à ces longues ballades de Schubert si rares au concert comme au disque.


    Les lieder de Strauss qui pourvoyaient la seconde partie et les bis sont désormais bien connus par Jonas Kaufmann qui les a régulièrement chantés en concert et enregistrés pour Harmonia Mundi. Une fois n'est pas coutume, ce disque est sensiblement moins flatteur que ce qu'on entendait lors de ce récital à Zurich. La chaleur du verbe, l'animation du texte, l'aisance générale, l'enthousiasme des envolées lyriques qui caractérisent souvent ces lieder, tout était supérieur avec la liberté du geste et la vivacité des couleurs sur le vif. Même Helmut Deutsch était plus aiguisé ici (Weh mir unglückhaften Mann) ou plus pénétrant là. La beauté sans détours du prélude de Morgen était telle que la jeune fille assise à côté du pianiste pour tourner les pages s'est mise à pleurer en silence, et jusqu'à la fin. Dans ce lied, Kaufmann soutient une tension expressive superbe de bout en bout, en union avec le piano, et de même Ruhe, meine Seele déploie une arche qui porte loin. Comme il est constant, chez les plus grands, la poésie n'est ici que l'autre face de la science architecturale.
    Dans un tout autre registre, Weh mir unglückhaften Mann offre des trésors d'esprit, jusqu'à l'ironie de celui qui va déplorant l'argent et les biens qu'il n'a pas. Si on réentend des lieder familiers, dont l'inévitable Cäcilie pour conclure, l'émotion vient davantage de ceux qui sont peu chantés, par exemple ce Sehnsucht si profondément suggestif et doté d'un superbe postlude. Dans les amples lignes, Kaufmann libère le rayonnement d'une voix héroïque et souple, et c'est enivrant, mais on entend aussi ce matin-là des graves vacillants et des pianissimos exposés au détrimbrage (Freundliche Vision). On n'en finit pourtant pas d'apprécier dans ce répertoire tant de générosité unie à tant de discipline, et une telle pénétration poétique dans des pièces si souvent près de basculer dans le geste d'opéra.






    Le cycle Dichterliebe constituait à la fois la nouveauté et la pierre de touche du récital, et la réussite est incomparable. Helmut Deutsch n'y est pas pour peu, qui produit des prodiges de force expressive sans hausser le ton, sans embarrasser le mouvement. Les moments où Schumann joue de la scansion presque percussive du piano sont d'une netteté et d'un nerf parfaits mais la plénitude des couleurs n'en pâtit jamais. Car c'est bien sur la couleur autant que sur le rythme ou sur l'art des lignes que repose cette économie de la musique. Dès le lied inaugural, le piano ouvre un espace onirique qui est aussi celui de l'équilibre : quel art dans ce rubato imperceptible qui distille quelque chose de douloureux dans une lumière équivoque ! Et on reste subjugué par cette façon dont les notes et les hauteurs entreluisent dans le discours instrumental, comme autant de présences fantômatiques : elle se retrouvera dans Hör ich das Liedchen klingen ou Am leuchtenden Sommermorgen. Un poète est à l'œuvre, et un maître du mystère familier, jusque dans le postlude final, qui entraîne l'auditeur très loin. Aux antipodes de l'articulation formidable, presque clinique, d'Aribert Reimann avec Fassbaender, Deutsch privilégie l'allant, comme dans Es ist ein Flöten und Geigen, où le malaise naît certes de la manière qu'a Schumann de dissocier par glissements le piano de la voix, mais aussi, dans cette circonstance, de l'art de ne pas surexposer ces glissements. Quelque chose se dérobe subrepticement alors même que le flux de la musique semble égal, et cette sorte de soustraction insidieuse est d'autant plus étrange, et inquiétante.


    L'inquiétude est sans doute un des maîtres-mots de cette interprétation à laquelle les résonances sombres du ténor ajoutent une profondeur qui fait paraître Wunderlich dans certains lieder du cycle presque inoffensif ou superficiel en comparaison. On n'a guère l'habitude d'entendre dans Dichterliebe tant de finesses portées par une voix de ténor si pleine et mâle. Mais pour autant, Kaufmann ne s'abandonne jamais à une véhémence univoque dans les passages les plus extravertis. En témoigne de façon exemplaire Ich grolle nicht, d'une tension inlassable mais qui ne verse jamais dans l'éclat agressif. Voir le chanteur se préparer en quelque secondes à ce lied, par une mise en condition psychique visible dans tout le corps, comme serait le frémissement soudain d'un cheval immobile, est une de ces beautés qui rendent la scène irremplaçable. Dans ce lied tel que le chante Kaufmann, l'affect dirigé vers l'autre est d'abord ce qui affecte au plus profond le sujet : c'est comme si l'humeur hostile dont la bien-aimée de diamant et de nuit est la cible se retournait contre celui qui la signifie. C'est être magnifiquement fidèle au texte de Heine, et à l'esprit de ces poèmes.





    Au long de cette interprétation règne ce qu'on pourrait appeler un lyrisme réprimé : l'expansion ardente est là qui affleure, toujours prête à jaillir, mais impossible à concrétiser véritablement, ne trouvant jamais à s'exprimer de façon naïve. Car toute l'imagerie de l'idylle romantique est irrémédiablement corrompue ; le jardin, les fleurs, les oiseaux sont autant de signes accablants ; l'échappée dans le rêve est vaine, où ne se trouve qu'un vide béant ; le fleuve fait office d'horizon sinistre, où on voudrait plonger. Mais même dans Ich will meine Seele tauchen, l'élan demeure comme sourdement empêché. Kaufmann et Deutsch rendent tout cela sensible au plus haut degré, maîtres dans l'art de cette tension du dedans. Un téléphone mobile a beau avoir obstinément tintinabulé dans le postlude de Am leuchtenden Sommermorgen, les interprètes déploient aussitôt dans Ich hab im Traum geweinet une progression et un génie du silence qui bouleversent. Rien n'est plus éloigné sans doute de Kaufmann qu'un maniérisme décadent. C'est un artiste trop franc et droit pour ces sortes de fard. Il offre plus, et mieux : ce poison de la souffrance et de la solitude qui s'est répandu partout, et qui contamine tout mouvement et toute réminiscence des ombres de la tristesse. On y trouve évidemment la confirmation que ce ténor photogénique est d'abord un fort poète - un de ceux qui font toucher presque du doigt la chair du chagrin et de la stupeur.




Crédit photographique : Studio Julien am Utoquai




Par Bajazet - Publié dans : Représentations et concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonsoir Bajazet (on a failli attendre, tout de même).

Je partage grandement ces enthousiasmes et leur objet. Effectivement, une vaste fresque récitative du jeune Schubert (la plus réussie peut-être, après Die Nacht), qu'il donne aussi dans les pays non germanophones, c'est courageux. Et extrêmement prenant si on aime le genre, d'autant qu'il s'investit fort.

Il ne se fatigue pas trop pour renouveler ses programmes (ces Strauss, cela fait dix ans qu'il les joue sur les plus grandes scènes...), mais il est vrai que cela lui sied à merveille, que ce n'est pas si souvent joué. Et quelle santé, quelle implication !


J'aime par ailleurs énormément le toucher plein de relief et la musicalité de Deutsch, vraiment un pianiste admirable, qui fait bien mieux que seconder, qui co-invente.

Si tu n'as pas jeté un coup d'oreille à leur Meunière, c'est assez fou.

Ma réserve serait sur le soin réel à faire des nuances, qui le conduit à détimbrer en faisant passer les sons dans le nez, mais 'par-derrière'. Ca donne un côté Vickers un peu étrange, on entend du souffle aussi. Il fait toutes les nuances qu'il veut, mais la voix en est abîmée malheureusement. Dès qu'il met les voiles glottiques, l'impression disparaît très largement.

Cela dit, j'aime bien justement cette attitude, qui ne fait jamais céder la discipline interprétative devant la plénitude vocale.


(Et salutations chaleureuses au photographe.)
Commentaire n°1 posté par DavidLeMarrec le 01/06/2009 à 01h58
"Une fois n'est pas coutume, ce disque est sensiblement moins flatteur que ce qu'on entendait lors de ce récital à Zurich."

Pourtant, le studio a souvent une certaine tiédeur par rapport aux témoignages en salle, même lorsqu'il est réalisé dans la même période et dans des conditions proches de la représentation.

Du coup, même vocalement, on gagne souvent en présence ce qu'on perd de cette rondeur fabriquée au besoin par un peu de réverbération...
Commentaire n°2 posté par DavidLeMarrec le 01/06/2009 à 02h15
Un Vickers sans sonorités hideuses, en somme. 8-|
(OK, je vais me planquer dans le trou d'eau le plus proche.)

La Belle Meunière de Kaufmann & Deutsch doit être publiée en CD à l'automne en principe.
Commentaire n°3 posté par Bajazet le 01/06/2009 à 03h07
Surtout, il y a tranchant dans le verbe que je n'ai pas senti chez Vickers. On imagine mal Vickers chanter Die Bürgschaft, tout de même.
Commentaire n°4 posté par DavidLeMarrec le 01/06/2009 à 11h48
Je vous trouve fortiches de vouloir coûte que coûte placer John Vickers dans le débat du lied allemand !
Commentaire n°5 posté par Utoquai am See le 01/06/2009 à 17h59
Ne faites pas l'innocent, Karl-Heinz. Vous savez bien qu'on e peut plus parler de la voix de Kaufmann sans évoquer Vickers.
Commentaire n°6 posté par Bajazet le 01/06/2009 à 18h39
C'est vrai qu'il s'est approprié le façonnage alla Vickers jusque dans les erreurs d'intonation de son Don José. Certes, malheureusement.

Et il est d'autant plus inutile de l'évoquer en matière de lied précisément parce qu'il, Kaufmann, peut faire valoir des armes intrinsèques autrement plus intéressantes que le basique copier/coller habituel.

Pour revenir à ce bel article, il faut dire et redire l'aspect historique de cette matinée zürichoise ceinte des larmes touchantes de la tourneuse de partition.
Commentaire n°7 posté par Karl-Heinz le 01/06/2009 à 19h46
Ouais, bon, ce n'était jamais qu'une blonde qui pleure.
Commentaire n°8 posté par Bajazet le 01/06/2009 à 19h52
"Ne faites pas l'innocent, Karl-Heinz. Vous savez bien qu'on e peut plus parler de la voix de Kaufmann sans évoquer Vickers."

Karl-Heinz le sait peut-être, mais moi je l'ignore, je ne lis pas la presse musicale comme tu le sais.

Je suis allé l'entendre en salle en m'attendant à tout autre chose, et j'ai constaté qu'il émettait ses piani dans le nez, par derrière, en détimbrant un peu, pour un résultat sonore qui a des similitudes fortes avec Vickers. C'est assez rare, parce que le 'détimbrage' assumé n'est pas considéré comme anodin dans le milieu du lyrique.
Il n'y a pas de complot derrière cette convergence auditive possible, fût-ce avec de tristes sires bien connus de vos services.

Ce n'est au demeurant pas un reproche (même si c'est dommage), je rends au contraire hommage à son désir de faire prévaloir l'expression sur l'hédonisme vocal - il aurait pu tout chanter à pleine voix, le public aurait été encore plus heureux.
Pour un format généreux, il se débrouille quand même plus que bien dans ce répertoire.
Commentaire n°9 posté par DavidLeMarrec le 02/06/2009 à 17h46
Ne vous méprenez pas, il n'a jamais été question de la presse musicale, dans le cas présent. Je songeais plutôt à des propos de table 8-)

Je résume les arguments de l'accusation :
Kaufmann a la fâcheuse tendance de singer Vickers sans en avoir les ressources vocales, et d'assombrir artificiellement une voix qui en elle-même était plus lumineuse et "mozartienne". Les griefs se traduisent par divers aspects techniques auxquels je n'entends goutte.

Cela étant, comme je suis en train de découvrir son nouveau CD d'airs allemands, je songerais volontiers à certaines analogies avec James King, qui a compté au nombre de ses professeurs d'ailleurs.

À propos de ce récital dirigé par Abbado à la tête du Mahler Chamber Orchestra : un grand chef, et en consonance si profonde avec le chanteur, ça fait tout de suite une sacrée différence ! Cet air d'Alfonso & Estrella, mon Dieu… Et l'accompagnement du monologue de Florestan n'est pas loin de l'inouï.
Commentaire n°10 posté par Bajazet le 02/06/2009 à 20h28
L'expérience apprend qu'il faut toujours se méfier des gens avec qui l'on dîne. Quelque part, il vaudrait peut-être mieux ne pas dîner du tout. [Mais je ne sais pas pourquoi, je devine que vous ne serez pas d'accord.]

Après, les glottophiles peuvent toujours émettre autant d'hypothèses qu'on voudra sur les moyens réels et la technique qu'il aurait fallu aborder (clairement, Kaufmann est de plus en plus déséquilibré vers le nez). Mais je ne trouve absolument pas qu'il singe Vickers en quoi que ce soit, j'imagine d'ailleurs que la ressemblance n'est pas délibérée.

Oui, la parenté avec King, pour la vaillance, à ceci près que Kaufmann a un véritable soin de ce qu'il chante, il n'y a pas le côté tout en force ni surtout la mastication des mots qu'on entend chez King.

En tout cas, je n'ai pas l'impression que ce soit un proto-mozartien égaré (on nous a déjà fait le coup pour combien de chanteurs ?), c'est bel et bien un grand format de ténor lyrique lourd, en tout cas il en a les moyens.

Et c'est la technique qu'il a développée ; d'où, très logiquement, des difficultés d'allègement et de souplesse dans le lied - qui restent tout à fait relatives, ce n'est pas comparable à Seiffert dans ce répertoire par exemple.


Et pour en rester à Schubert, son Fierrabras est terriblement électrique, toujours au même degré d'investissement verbal et d'intensité vocale ; en plus la mise en scène de Guth est vraiment stimulante.
J'y pense d'autant plus volontiers que les manières de Welser-Möst / Zürich OO dans ce répertoire ne sont pas très éloignées d'Abbado, lorsqu'il dirigeait le Europe Chamber Orchestra.
Commentaire n°11 posté par DavidLeMarrec le 02/06/2009 à 20h41
Mon dieu, que de fantasmes.
Je repasserai plus tard ...



Ou pas.
Commentaire n°12 posté par K. H. le 05/06/2009 à 13h24
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés