Samedi 18 avril 2009

Suite de Tombeau de Seefried (1)


    En attendant de pouvoir lire une monographie sur Seefried digne de ce nom (il n'en est jamais paru à ma connaissance, mais on en annonce une à Vienne pour cette année, semble-t-il), j'ai un peu parcouru le livre de Franz Fassbind, Wolfgang Scheiderhahn - Irmgard Seefried : eine Künstler- und Lebensgemeinschaft, Berne/Stuttgart/Vienne, Alfred Scherz, 1960. Il y a quelques photos, surtout consacrées au couple ; une discographie détaillée avant 1960, mais pas de liste des rôles abordés à la scène.

    C'est très documenté sur les années antérieures à 1960, et particulièrement sur les enfances de Seefried, mais curieusement rédigé dans une narration qui incorpore les propos de Seefried à un tissu romancé parfois déconcertant, avec conversations dramatiques entre le père hostile à une carrière artistique de sa fille et la mère évidemment plus compréhensive, etc. Le père, Heinrich, mourut dans un accident de voiture en décembre 1936 (elle avait donc 17 ans), mais dans la suite du récit il demeure comme une sorte d'ange gardien avec qui elle a  dialogue volontiers, parfois de façon pathétique (du style « Père, pourquoi m'as-tu abandonnée ? »). Ça se lit peut-être comme un roman, mais je ne sais pas s'il faut s'en féliciter.


    Les années 1936-1945 sont évoquées cependant avec un luxe de détails. J'évoquerais plus tard les premières temps de la carrière de Seefried, depuis les débuts professionnels à Aix-la-Chapelle, où elle se fait remarquer dans un psaume de Haendel et le Jubilate de Max Bruch interprétés à la cathédrale, et qui seront ses premiers enregistrements (réédités dans le double album Références en 1984 mais jamais reportés en CD sauf erreur), jusqu'aux débuts fracassants à Vienne dans Les Maîtres-Chanteurs alors qu'elle n'avait que 22 ans. C'est aussi qu'elle a débuté sur scène vers 10 ans dans un spectacle scolaire, chantant le rôle-titre d'un ourson (Brummbär, alto) dans un singspiel écrit par Sœur Consilia (sic), une des pédagogues de cette école catholique, qui avait très tôt connu les dons exceptionnels de Seefried pour le chant.

    L'idylle bavaroise s'arrête provisoirement là, avec toute ma sympathie pour votre frustration.
    À la place, voici trois belles photos prises à Vienne en 1946 par Nat Farbman pour Life. Sur la troisième, c'est le jeune Schneiderhahn, au balcon de leur appartement (je ne saurais pas localiser plus précisément dans Vienne).





















Par Bajazet - Publié dans : Artistes
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