Lundi 24 mars 2008
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Er ist's ! Le volume 1 d'une grande série Schubert par Matthias Goerne vient de sortir en Allemagne et sera disponible en France dans quelques jours
sous label Harmonia Mundi. Au piano : Elisabeth Leonskaja, excusez du peu. Plus de détail ici.
Intitulé Sehnsucht, le programme rassemble quelques grands lieder antiquisants (Hades, Memnon, Tartarus, Grenzen der Menschheit), des raretés (An
Emma) et quelques merveilles élégiaques où Goerne doit exceller : Aux Dioscures, Der Winterabend, Der Jüngling an der Quelle, Des Fichers Liebesglück.
De ce dernier lied, Christian Gerhaher avait laissé une interprétation onirique dans son album Abendbilder. Toujours chez RCA, voici son second album Schumann, avec une
photo bizarre en couverture. C'est intitulé Melancholie (décidément !), du titre d'un des lieder du programme, qui propose avec le cycle Eichendorff op. 39, les Chants du
Harpiste extraits du Wilhelm Meister et les plus rares Gedichte aus dem Liederbuch eines Malers op. 36.
J'en profite pour rappeler la récente réédition des premiers Schubert gravés par Gerhaher pour Arte Nova, à savoir les 3 grands cycles, parmi lesquels un Chant du
Cygne pénétrant, couplé avec une poignée de lieder dont Im Frühling. Les 3 CD restent disponible en coffret pour 20 euros environ.
Gerhaher participe aussi à un nouvel enregistrement du Paradis et la Péri de Schumann dirigé par Harnoncourt avec le chœur et l'orchestre de la Radio Bavaroise
(RCA, parution en avril). On pourra donc l'entendre dans le sublime arioso du crépuscule, juste avant "Hinab, zu jenem Sonnentempel !". La distribution réunit Werner Güra en narrateur, Bernarda
Fink pour la partie de l'Ange, et la Péri de Dorothea Röschmann. Je l'imagine admirable là-dedans, mais le Chevalier des Grieux m'en dit carrément des choses peu flatteuses. Nous verrons bien.
C'est plutôt Harnoncourt que je ne sens pas trop dans les élans de Schumann mais ce chef-d'œuvre absolu du romantisme recèle des choses qui doivent convenir à l'inquiétant Monsieur Nikolaus. Je
tâcherai d'en parler en revenant sur cette œuvre et sur la version EMI avec Edda Moser et Fassbaender (gigantesques),
ainsi que sur celle dirigée par Armin Jordan (avec Edith Wiens et Robert Gambill, et les forces de Lausanne), récemment rééditée par Cascavelle.
Par Bajazet
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