Jeudi 3 avril 2008
4
03
/04
/2008
02:22
Wieland Wagner faisant répéter
à Dietrich Fischer-Dieskau le rôle d'Amfortas
à Dietrich Fischer-Dieskau le rôle d'Amfortas
Philips fut le premier éditeur à diffuser les enregistrements sur le vif des productions du Bayreuth d'après 1960, dans les mises en scène de Wieland Wagner. La Tétralogie dirigée par Böhm en 1966-67 demeure celle où la splendeur vocale et la justesse théâtrale s'allient avec le plus grand bonheur, récemment rejointe par celle dirigée par Keilberth en 1955, et ressuscitée par Testament. Böhm offre en propre le couple Rysanek-King à son sommet en Sieglinde et Siegmund, le Hagen de Greindl, la Waltraute de Mödl confrontée à Nilsson en Brünnhilde, et l'Oiseau de Köth (je plaisante).
À un même degré d'évidence poétique et théâtrale, le Tristan de 1966, également dirigé par Böhm, classique entre tous, où Windgassen, possédé, fascine davantage que Nilsson, plus athlétique que mystérieuse. Mais c'est la tension et la fluidité soutenues par le chef qui sont déterminantes. La première scène de l'acte II est la plus confondante que j'aie entendue.
Anja Silja en Senta (1961)
Cet esprit du théâtre de Wieland, intense et neuf, les témoignages de Sawallisch ne l'incarnent pas moins, dans les opéras de Wagner les plus solidaires du romantisme antérieur. Je ne connais pas le Lohengrin (1962, avec Thomas, Silja, Varnay, Vinay), mais Le Vaisseau fantôme qui réunit Silja (dans le rôle de sa vie, il me semble) et Crass, tout jeunes et éloquents, est d'une électricité et d'un emportement rarement atteints : un monument, exalté par Sawallisch, et qui attendait sa réédition. Silja est aussi juvénile mais bien moins adéquate pour Tannhäuser (1962), mais l'ensemble est là encore remarquable de vie théâtrale, avec Windgassen, la Vénus extraordinaire de Grace Bumbry et le Wolfram âpre mais grand de Waechter.
Autant de versions marquantes ou légendaires, que Philips rééditera dans un mois en un gros coffret de 33 CD, vendu pour 45 euros (!) : voir le site www.jpc.de
33 CD en effet, car le coffret comprend aussi les Meistersinger de Varviso (1974), au moins célèbres pour illustrer le bas étiage de Bayreuth après 1970 (Cox en Walther, ça fait un peu peur). Il y a bien sûr aussi un Parsifal, mais pour le coup, ce n'est pas le Knappertsbusch testamentaire avec Thomas, Dalis, Hotter, déjà réédité en collection économique dans la série "The Originals" : Philips a préféré le Parsifal plus récent de 1985, dirigé par Levine, avec une des premières Kundry de Waltraud Meier, entourée de Peter Hoffmann, Hans Sotin, Simon Estes.
Par Bajazet
-
Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander










Derniers Commentaires