Mardi 20 novembre 2007
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Le festival de musique classique Styriarte, dont Nikolaus Harnoncourt est chaque année partie prenante, a lieu tous les étés à Graz et dans ses environs. Sur les bords de la Mur, Graz, située au sud de Vienne et au nord-est de la Carinthie, est une ville extraordinaire, très différente de Vienne, moins cosmopolite mais plus composite, plus orientale en un sens. Le festival est unifié à chaque fois par un thème fédérateur ; celui de l'été prochain est « Alles fließt », « Tout s'écoule », la devise d'Héraclite, et la quasi-totalité des concerts se rattache à l'élément aquatique, répartis du 27 juin au 27 juillet, avec également des soirées de lecture publique.
Pour le programme détaillé, c'est ici.
Au cœur d'une programmation particulièrement copieuse, on trouve Idomeneo de Mozart (avec le ballet !!) dirigé par Harnoncourt, qui revient ainsi au premier opéra de Mozart qu'il avait abordé (à Zurich au début des années 80). Or le chef sera également aux commandes de la mise en scène, assisté de son fils Philippe. La distribution est la suivante :
Saimir Pirgu (Idomeneo)
Marie-Claude Chappuis (Idamante)
Julia Kleiter (Ilia)
Eva Mei (Elettra)
Tomislav Muzek (Arbace)
Rudolf Schasching (le Grand Prêtre)
Chœur Arnold Schönberg
Concentus Musicus de Vienne
Ballet de l'Opéra de Zurich
Représentations les 1er, 8, 10, 12, 15 juillet (Helmut-List-Halle)
On remarque aussi, toujours sous la direction d'Harnoncourt, un programme d'œuvres sacrées de Mozart (5, 6 et 13 juillet) : les Vêpres du Dimanche, la Messe du Couronnement et l'offertoire lancinant Misericordias Domini. La soprano n'est autre que Genia Kühmeier, excusez du peu.
Tout s'écoule, mais Donna Leon est toujours là… Elle éclusera Acqua alta, un programme d'extraits d'opéras de Haendel le 16 juillet (airs et duos d'Alcina, Rodelinda, Tolomeo, etc.), dirigé par Alan Curtis, avec Ann Hallenberg secondée par la soprane Klara Ek.
Plusieurs concerts comprennent du Mozart instrumental, en contrepoint des représentations d'Idomeneo. On retiendra en particulier celui du 7 juillet, où le Concentus-Harmonie, issu du Concentus Musicus, jouera le 3e octuor de Myslivecek et une transcription d'Idomeneo pour instruments à vents, due à Wendt.
Mais on pourra aussi entendre Pierre-Laurent Aimard dans des concertos de Mozart (28 et 29 juin, avec l'Orchestre de chambre d'Europe) ou dans une soirée Messiaen, avec le Quatuor pour la fin du temps (2 juillet)
Également très alléchant, au château Eggenberg (photo ci-dessus), un programme de musique de chambre entièrement consacré à Brahms, le 11 juillet, qui réunira sur instruments anciens Fr. Benda (clarinette), E. Höbarth (premier violon illustre du Concentus et du quatuor Mosaïques), M. Hornstein (violoncelle) et J. Polyzoides (piano-forte).
De quoi donc passer une petite semaine goûteuse à Graz.
Les places sont chères pour Idomeneo (280, 200, 150, 100, 50 €), plus abordables pour le Mozart sacré donné à l'église baroque de Stainz (110, 90, 70, 40, 15, 10), et carrément bon marché pour les concerts de musique de chambre ou le concert Haendel (de 38 à 16 €).
Par Bajazet
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Dimanche 6 janvier 2008
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17:27
Le Ring der Nibelungen enregistré live à Bayreuth en 1955, avec le gratin d'alors sous la direction de Joseph Keilberth et dans un son stéréo fantastique de précision et de naturel, est désormais disponible en coffret de 14 CD au prix de 9, soit environ 130 euros. Je n'ai entendu à la radio que des extraits de La Walkyrie et surtout un Siegfried affolant de beauté et de vie théâtrale, où Windgassen est stupéfiant.
D'autre part, le site Testament annonce parmi divers enregistrements à paraître, d'un intérêt inégal à vue de pays, un album de 2 CD consacré à Anna Moffo. Enfin ! Cela fera deux ans en mars qu'elle est morte, et on ne peut pas dire qu'on se bouscule pour rééditer un fonds discographique important, surtout chez RCA (mais y a-t-il encore un pilote chez RCA ?).
Testament avait déjà proposé de Moffo, outre un Philosophe de campagne de Galuppi (mais on aimerait plutôt disposer de sa Servante maîtresse de Pergolèse avec Montarsolo), un admirable album Mozart issu du fonds EMI. Or apparemment Testament dédaigne de rééditer la suite de ces enregistrements des années 50, dont les extraits de bel canto un temps proposé dans un CD de la collection EMI-Studio ("La Bellissima"). C'est le fonds RCA, plus tardif, qui est aujourd'hui sollicité, pour autant qu'on puisse interpréter la présentation laconique de ce nouvel album.
On devrait donc trouver un "Portrait de Manon", regroupant des extraits de Massenet et de Puccini avec Giuseppe Di Stefano, complété par des "duos d'amour" de Donizetti et Verdi. Il y avait bien eu un disque de "Great love duets" chez RCA en 1973, mais d'après ce que j'ai pu voir, il s'agissait d'une compilation d'extraits d'intégrales antérieures (avec Bergonzi, Tucker, etc.). Tout cela reste assez flou, et comme la remarquable discographie de Moffo composée par Monsieur X. est désormais dans les limbes de la toile… eh bien attendons.
P.S. Et on se plaint du mauvais goût des pochettes de récents récitals d'opéra ! Celle-ci date de 1972 :
Poverina ! Et pourquoi pas un autre cliché de cantine pour La Fille du Régiment ? Remarquez qu'on pourrait s'inspirer de ce très gracieux concept, et mettre par exemple la photo d'un hachis ou d'un plat de daube pour illustrer un récital de… devinez qui.
Par Bajazet
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Jeudi 10 janvier 2008
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01:38
Roberto Alagna vient d’offrir à Bologne son interprétation de l’Orphée de Gluck. Le spectacle, conçu en collaboration par ses frères David et Frederico, a été diversement reçu
mais on ne saurait lui dénier de renouveler hardiment notre perception d’un opéra dont le néo-classicisme est parfois mal compris. Car sous les vieilles lunes de la mythologie gréco-latine, c’est
l’humanité de toujours et de maintenant qui frémit. Travaillant dans une profonde communauté de pensée et de sensibilité, les trois frères entreprennent un cycle Gluck dont la prochaine étape
sera une production d’Iphigénie en Tauride qui risque de faire date. En exclusivité et en avant-première, le Bajablog vous propose un entretien avec les
acteurs de cette aventure qui rend à l’œuvre de Gluck toute sa dimension de risque.
Isola Desolata — Qu’est-ce qui vous a poussés vers les opéras de Gluck ?
David Balagna — C’est assez mystérieux. Nous sommes pour ainsi dire tombés dans Gluck, mais je peux vous assurer que personne ne nous a poussés. En fait, je crois que nos racines méditerranéennes
nous rendaient particulièrement réceptifs à ce côté mythique, à cet univers antique, élémentaire.
Frederico Balagna — Oui. Il y a le ciel, le soleil et la mer. J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage (rire). En même temps, nous avons voulu
donner une dimension vraiment universelle au drame d’Orphée, sans verser dans le cliché « cultures du sud ». C’est une des raisons pour lesquelles David et moi avons choisi de faire mourir
Eurydice dans un accident de la route. Vous comprenez, ça peut arriver à tout le monde. Un accident est si vite arrivé, et pas seulement sur une corniche !
Roberto Balagna — C’est vrai. Je dis souvent que nul n’est à l’abri d’un accident de parcours. Je voudrais dire aussi que le fait d’avoir pratiqué la guitare (plus ou moins assidûment) nous a
également rendus très proches du personnage d’Orphée. Enfant, je me souviens d’avoir visité les grottes de Lascaux lors d’un voyage scolaire. Pendant que mes camarades s’amusaient à faire des
graffitis rupestres, j’ai fredonné « O sole mio » dans ces immensités souterraines, et ma voix a pris une résonance fantastique. C’était une expérience inoubliable. Je m’en suis servi pour
chanter l’acte II d’Orphée. Un acte dont je ne ressors pas indemne.
Isola Desolata — Oui, cette musique remue des choses tellement profondes…
Roberto Balagna — Oui très profondes… C’est même un peu grave pour moi, parfois. En fait, on a voulu casser cette image figée de Gluck, cette image confortable, marmoréenne. Or le marbre doit
s’animer ! J’en ai parlé longuement avec Andrew Killox, qui a su me montrer, patiemment, progressivement, comment le marbre s’anime.
David Balagna — Vous comprenez, les gens croient connaître Orphée, le ballet des Ombres heureuses, « J’ai perdu mon Eurydice », tout ça… Mais il fallait
rendre ce que cette musique a de toujours neuf, de surprenant, de très dérangeant même. C’est pourquoi j’ai également tenu à casser la linéarité chronologique du drame.
Isola Desolata — La fin que vous avez imaginée est troublante en effet. Pouvez-vous nous en parler ?
David Balagna — Je n’étais pas satisfait de ce lieto fine. C’est tellement convenu, tellement daté… Je préfère les histoires d’amour qui finissent mal (en
général). D’ailleurs, j’adore pleurer au cinéma. Si Gluck avait vécu du temps de Puccini, il aurait composé Madame Butterfly. Ça aussi, quelle tragédie !
Même la Danse des Sushis est chargée d’une telle violence… De toute façon, les fins heureuses, ça ne se fait plus du tout à l’opéra. Voyez Carsen quand il monte Alcina, ou ce qu’a fait Bondy pour Idomeneo. Bref : nous avons supprimé la fin heureuse, que nous avons remplacée par la
reprise de la scène inaugurale de l’acte I. L’opéra s’achève par le début. Sa fin est son commencement. Le public ne l’a pas forcément compris, mais c’est notre manière de renouer avec la
temporalité circulaire du mythe (d’autant que le spectacle va partir en tournée). Ça c’était mon idée : réaliser sur scène cet éternel retour qui définit
le mythe. Vous avez lu Nietzsche ?
Roberto Balagna — L’éternel retour, c’est tellement fort comme idée, et puis ça parle forcément à un chanteur.
Federico Balagna — On a repensé au film avec Jean Marais aussi. Moi je connaissais surtout la série des Fantômas, qui en plus est en couleurs.
Isola Desolata — Un choix qui a pu déconcerter, c’est d’avoir confié le personnage de l’Amour, composé pour une voix de soprano qu’on imagine plutôt légère, à un baryton consistant, en la
personne de Marc Barrard.
David Balagna — Là, Jean Marais n’y est pour rien (rires). Déjà qu’il n’y a que trois personnages, on voulait varier un peu les couleurs. Et puis
cet Amour, on voulait en faire vraiment un protagoniste, une sorte de guide dans l’initiation d’Orphée.
Isola Desolata — Vouliez-vous suggérer par là une dimension homosexuelle, comme dans certaines interprétations du mythe d’Orphée ?
Roberto Balagna — Hein ?!
David Balagna — Non, ce n’est pas ce que j’avais en tête. J’ai plutôt pensé à Dante, en fait… Virgile guidant le poète dans les Enfers…Vous connaissez la Divine Comédie ?
Isola Desolata — Vous voulez parler du groupe de rock ? On s’occupe surtout de musique classique ici, vous savez. Mais si je vous comprends bien, confier l’Amour à un baryton procède chez vous
d’une démarche dantesque ?
David Balagna — Tout à fait. D’ailleurs au début j’avais songé à insérer de la musique de moi, et puis Marc m’en a dissuadé. Bien que très barbu, Marc est un artiste remarquable, et un ami très
cher : c’est vraiment un amour (rires). Il fait partie de la famille, pour ainsi dire.
Roberto Balagna — Et la famille, c’est sacré.
Isola Desolata — Eh bien justement, vous allez poursuivre l’exploration de l’œuvre de Gluck avec une sacrée famille : les Atrides. Vous n’allez pas dire que vous vous en sentez très proches !
Roberto Balagna — Iphigénie, c’était un rêve de gosse. Tout enfant, j’avais vu Bambi et j’avais beaucoup pleuré. Un enfant s’identifie au faon, bien sûr,
mais j’avais été bouleversé par le sort de la biche. C'est beau, une biche, la nuit, dans la forêt qui brûle. Je me sens très proche des biches, et le personnage d’Iphigénie m’a toujours beaucoup
parlé. (Son téléphone mobile sonne.) Ah, excusez-moi… Allô… on a bientôt fini, oui… je te rappelle, bisou ma biche. (Il
éteint son mobile.)
Isola Desolata — Vous voulez dire que vous allez chanter le rôle-titre d’Iphigénie en Tauride ?
Roberto Balagna — Ben oui, ça vous dérange ? Mon ami Placido Domingo aborde Oreste, parce qu’il n’a plus l’aisance dans l’aigu pour Iphigénie. Moi je peux. Et puis je n’étais pas trop d’accord
pour incarner un rôle d’homosexuel. Vous saviez que Pylade était de la confrérie, en fait ? C'est vraiment incroyable… Mais bon, il paraît que sur Wikipedia il y a plein d’erreurs.
David Balagna — On a hésité, mais on s’est dit qu’après avoir confié la partie de l’Amour à un baryton barbu, confier Iphigénie à un ténor un peu macho comme Roberto, c’était cohérent. De toute
façon, Iphigénie est une prêtresse de Diane, elle est désexualisée, ou déféminisée, vous comprenez ? Et puis cette fable du sacrifice, c'est tellement nous. C’est une métaphore de l’artiste. On a
tous en nous quelque chose d’Iphigénie.
Roberto Balagna — Et puis quand je crois que mon frère est mort, que je dois dire « ta famille est anéantie, je n’ai plus de parents », c’est bien simple, je peux à peine chanter ! Cela dit,
malgré l'investissement physique que cela demande, j'espère pouvoir un jour chanter le rôle d'Alceste. Pour le moment, je me suis simplement risqué à chanter un extrait, dans un gala de
bienfaisance, en duo avec Florent Pagny (c'était « Divinités du Fisc »).
Isola Desolata — Tout à l’heure, vous parliez de l’univers méditerranéen des mythes grecs, mais la Tauride, c’est bien plus au Nord…
David Balagna — Nous refusons de travailler sur une approche littérale du livret. Cet opéra va tellement plus loin… Et puis si Oreste est complètement à l'ouest, on peut bien pousser plus au sud,
non ? Surtout il y avait l’opportunité du festival de Bandol, un nouveau festival que dirige Steve Ruggiero, un endroit où on peut vraiment travailler dans un cadre familial.
Frederico Balagna — Steve Ruggiero est un ami très cher. Il fait pour ainsi dire partie de la famille.
David Balagna — L’opportunité s’est présentée de monter un opéra en plein air, sur le rivage. Génial ! On a cherché les opéras qui se passent au bord de la mer. Steve avait pensé à Tristan et Isolde, mais Angela ne se sent pas prête, et puis on ne peut pas installer un orchestre trop important. Alors on s’est dit : c’est l’occasion pour une
Iphigénie ! Moi j’avais plutôt pensé à Iphigénie en Aulide au départ, mais Roberto ne voulait pas qu’on fasse du
mal à une biche. Et puis il faut une distribution plus importante, il y a des ballets envahissants… Alors voilà : destination Tauride-en-Provence. Vous connaissez la Côte d’Azur ? Ah, la
presqu’île de La Motte… je m’y sens chez moi ! Quand vous êtes devant la mer et un bon pastaga, vous vous dites qu’il est temps de ne plus remettre Iphigénie aux calenques grecques.
Isola Desolata — Vous savez que récemment Patrice Chéreau s’est inspiré d’un paysage méditerranéen de cyprès pour le second acte de Tristan, à la Scala
?
Roberto Balagna — C’est quoi, la Scala ?
David Balagna — Ah, ce Patrice, on l'adore ! cette puissance de travail… Figurez-vous que je lui avais justement parlé de mon idée de rapatrier le mythe dans l’univers méditerranéen, sous le
double signe du soleil et de la mort. Je vois que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ! Mais je ne lui en veux pas. Je trouve très beau que les grands créateurs puissent s’inspirer les
uns les autres, comme à la Renaissance. Les artistes forment une grande famille, qui ne meurt jamais. Vous avez lu Vasari ?
Roberto Balagna — Je voulais aussi prouver qu’on peut donner aujourd’hui les opéras de Gluck sans cette grandiloquence que n’a pas évitée Riccardo Muti, qui a été un ami très cher. Mais je suis
quelqu’un de simple, je n’ai pas oublié le chemin du cœur.
Isola Desolata — Nos vœux vous accompagnent pour ce qui s’annonce comme un cycle Gluck ! Avez-vous un troisième projet derrière ? Une poire pour la soif ?
David Balagna — C’est un peu tôt pour en parler (rires). Armide peut-être. (gravement) Nous sommes en pourparlers avec Christophe Rousset (un Aixois, très attaché à la Provence, à la Méditerranée) et une équipe à lui, mais ces gens sont un
peu compliqués. Christophe, pareil. En fait, j’aurais aimé que Roberto relève le défi du rôle-titre : il est en sa puissance, vous savez. Armide, c'est un rôle où il a je crois des choses à dire,
mais Roberto est sujet au vertige, même sur un char. De toute façon, Angela ne se sent pas prête. Mais je pense qu’elle pourrait marquer définitivement l’interprétation de la Haine. Sinon, on
demandera à Marc.
Festival de Bandol (août 2008)
Gluck, Iphigénie en
Tauride
Direction musicale : Michael Plassoon
Mise en scène : David Balagna
Souffleur, effets de vague : Steve Ruggiero
Iphigénie : Roberto Balagna
Oreste :
Florent Pagny / Florence Foresti
(en alternance)
Pylade : N.N.
Thoas : Ewa Podles
Diane : Arielle Dombasle
Une femme grecque : Marc Barrard
Par Bajazet
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Mercredi 16 janvier 2008
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/2008
19:30
Wachet auf, ruft uns die Stimme !
Er kommt, er kommt,
Der Bräutgam kommt !
Ihr Töchter Zions, kommt heraus…
Der Bräutgam kommt, der einem Rehe
Und jungen Hirsche gleich
Auf denen Hügeln springt
Und euch das Mahl der Hochzeit bringt.
Wacht auf, ermuntert euch,
Den Bräutgam zu empfangen !
Dort, sehet, kommt er hergegangen.
(Page réalisée grâce au mécenat de l'entreprise BWV)
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Jeudi 14 février 2008
4
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/2008
00:56
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Jeudi 28 février 2008
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17:36
Depuis le temps qu'on l'espérait… voici enfin édité en DVD la Trilogie de la villégiature de Goldoni, telle que mise en scène par Strehler à la
Comédie-Française en 1979, avec une distribution dont on n'a plus idée depuis longtemps dans cette maison, tant elle réunissait aux personnalités les plus fortes (pour certaines ce sont carrément
des génies du théâtre) une harmonie d'ensemble stupéfiante. Qui n'a pas vu cela ne sait peut-être pas à quel degré de poésie et de mélancolie la comédie peut atteindre. Et qui n'a pas vu Ludmila
Mikaël en Giacinta n'a pas connu la force de l'éphémère sur une scène.
Les acteurs réunis étaient Pierre Dux, Jacques Eyser, François Beaulieu, Claude Giraud, Marcel Tristani, Yves Pignot, Gérard Giroudon, Jacques Sereys, Denise Gence, Françoise Seigner, Ludmila
Mikaël, Catherine Hiégel, Catherine Salviat, Bernadette Le Saché.
Les Éditions Montparnasse, à qui on doit cette publication, ressortent aussi en DVD une série de mises en scène du Français filmées dans les années
70, et naguère disponibles en VHS. L'esthétique des spectacles paraît souvent bien sage, mais là encore la personnalité de certains interprètes écrase aisément ce qu'offre généralement la série
Molière publiée récemment par la Comédie-Française. Jacques Charon cabotine certes mais de quelle façon… Françoise Seigner est monumentale en Toinette du Malade imaginaire, et les mots
manquent pour qualifier ce que fait Robert Hirsch en Tartuffe.
On trouve aussi l'extraordinaire production d'Ondine de Giraudoux avec la débutante Isabelle Adjani, inoubliable, et Jean-Luc Boutté qui ne
l'est pas moins. Une Dame de chez Maxim, captée en 1982 dans la production de Jean-Paul Roussillon, dispose un gratin inconcevable : Bernard Dhéran, Annie Ducaux, Denise Gence, Michel
Aumont, Geneviève Casile, Michel Duchaussoy, Catherine Hiégel, Nicolas Silberg, Bérengère Dautun, Catherine Samie, Jacques Serreys, Catherine Ferran, et consorts.
Pour Les Femmes savantes, on ne retrouve pas la production avec Pierre Dux, Annie Ducaux, Geneviève Casile et la fantastique Yvonne Gaudeau
en Bélise, mais celle réglée par Jean-Paul Roussillon, plus originale et qui réunit quand même les sœurs de Dominique Costanza et Pascale Ferran (cette dernière magistrale, et quelle voix, quel
phrasé), Françoise Seigner en Philaminte, la Bélise incomparable de Denise Gence et sauf erreur le Trissotin de Jean-Luc Boutté.
Ce dernier, acteur exceptionnel s'il en fut, avait aussi mis en scène plusieurs spectacles au Français, dont une Double inconstance également
rééditée mais dont je garde un souvenir assez morne. On préférerait retrouver ses Acteurs de bonne foi de Marivaux, où un Richard Berry débutant rejoint une distribution sans faille
dominée par Mesdemoiselles Denise Gence et Yvonne Gaudeau. Voir cette dernière jouer Madame Amelin ne fait qu'accroître le mystère : comment une actrice aussi étincelante et vigoureuse est-elle
aujourd'hui à peu près inconnue ?
Chacun des DVD est disponible pour 15 euros, les 243 mn de la Trilogie de Goldoni tenant apparemment sur un seul CD.
Par Bajazet
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Lundi 17 mars 2008
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01:32
« J'avais proposé un projet, une équipe véritablement municipale, mais c'est à une nationalisation du scrutin municipal à laquelle on a assisté en France et à Toulouse. […] À travers ce
mouvement, c'est la victoire du sectarisme, de la démagogie et de l'esprit partisan qui a prévalu. Comme démocrate, je m'incline. »
Jean-Luc Moudenc, maire sortant, au Capitole le 16 mars 2008
MARSCHALLIN
Laß Er nur gut sein und verschwind Er auf eins zwei !
DER BARON
Wieso denn ?
MARSCHALLIN
Wahr Er seine dignité und fahr Er ab.
DER BARON
Ich ! Was ?
MARSCHALLIN
Mach Er bonne mine à mauvais jeu,
so bleibt Er quasi doch noch eine Standperson.
MARSCHALLIN (zum Kommissar)
Er sieht, Herr Kommissar,
das ganz war halt eine Farce und weiter nichts.
[…]
MARSCHALLIN (zum Baron)
Er darf, Er darf in aller Still sich retirieren !
Versteht Er nicht, wenn eine Sach ein End hat ?
Die ganze Brautschaft und Affär' und alles sonst,
was drum und dran hängt, ist mit dieser Stund vorbei.
La Maréchale du Rosenkavalier, au Capitole du 9 au 18 mai 2008
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Lundi 24 mars 2008
1
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/2008
00:45
Er ist's ! Le volume 1 d'une grande série Schubert par Matthias Goerne vient de sortir en Allemagne et sera disponible en France dans quelques jours
sous label Harmonia Mundi. Au piano : Elisabeth Leonskaja, excusez du peu. Plus de détail ici.
Intitulé Sehnsucht, le programme rassemble quelques grands lieder antiquisants (Hades, Memnon, Tartarus, Grenzen der Menschheit), des raretés (An
Emma) et quelques merveilles élégiaques où Goerne doit exceller : Aux Dioscures, Der Winterabend, Der Jüngling an der Quelle, Des Fichers Liebesglück.
De ce dernier lied, Christian Gerhaher avait laissé une interprétation onirique dans son album Abendbilder. Toujours chez RCA, voici son second album Schumann, avec une
photo bizarre en couverture. C'est intitulé Melancholie (décidément !), du titre d'un des lieder du programme, qui propose avec le cycle Eichendorff op. 39, les Chants du
Harpiste extraits du Wilhelm Meister et les plus rares Gedichte aus dem Liederbuch eines Malers op. 36.
J'en profite pour rappeler la récente réédition des premiers Schubert gravés par Gerhaher pour Arte Nova, à savoir les 3 grands cycles, parmi lesquels un Chant du
Cygne pénétrant, couplé avec une poignée de lieder dont Im Frühling. Les 3 CD restent disponible en coffret pour 20 euros environ.
Gerhaher participe aussi à un nouvel enregistrement du Paradis et la Péri de Schumann dirigé par Harnoncourt avec le chœur et l'orchestre de la Radio Bavaroise
(RCA, parution en avril). On pourra donc l'entendre dans le sublime arioso du crépuscule, juste avant "Hinab, zu jenem Sonnentempel !". La distribution réunit Werner Güra en narrateur, Bernarda
Fink pour la partie de l'Ange, et la Péri de Dorothea Röschmann. Je l'imagine admirable là-dedans, mais le Chevalier des Grieux m'en dit carrément des choses peu flatteuses. Nous verrons bien.
C'est plutôt Harnoncourt que je ne sens pas trop dans les élans de Schumann mais ce chef-d'œuvre absolu du romantisme recèle des choses qui doivent convenir à l'inquiétant Monsieur Nikolaus. Je
tâcherai d'en parler en revenant sur cette œuvre et sur la version EMI avec Edda Moser et Fassbaender (gigantesques),
ainsi que sur celle dirigée par Armin Jordan (avec Edith Wiens et Robert Gambill, et les forces de Lausanne), récemment rééditée par Cascavelle.
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Lundi 24 mars 2008
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/2008
01:36
« Qu'arrive-t-il à Mireille Delunsch ? », me demandais-je hier. Eh bien voilà : contrairement à ce qui a été annoncé, ce n'est pas Mireille Delunsch qui chantera le rôle-titre
d'Iphigénie en Tauride au Palais Garnier en mai. Le site de l'Opéra de Paris ne laisse guère de doute : c'est Christa Ludwig qui la remplacera pour ce qui sera à la fois ses adieux
définitifs au public français et une ultime prise de rôle. Une interprétation de « Ô toi qui prolongeas mes jours » d'ores et déjà historique !
On regrettera toutefois, et une fois encore, que l'Opéra de Paris sous la direction de G. Mortier, honore si mal les grandes voix. Un tel événement était
digne d'une annonce solennelle, qui ne fût pas réduite à une photo, même éloquente.
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Dimanche 30 mars 2008
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/2008
17:28
Les archives continuent de rendre gorge. Après le fantastique Requiem de Verdi dirigé par Fricsay et le Rosenkavalier
munichois d'Erich Kleiber où elle chante Octavian (il en a été question ici), voici quelques fragments inédits
d'Elisabeth Grümmer, dans un album Preiser de la collection "Lebendige Vergangenheit".
Le CD reprend pour partie celui qu'EMI avait publié dans la défunte collection "Studio" juste après la mort de Grümmer. Comme ce CD est supprimé depuis plus de douze ans et
qu'il reste difficile à trouver d'occasion, on se réjouit de retrouver les rares extraits d'opéra qu'Electrola lui avait fait graver (les deux scènes d'Otello, anthologiques, sont
elles couramment disponible dans l'album Grümmer chez Testament) :
¶ Così fan tutte : « Come scoglio »
¶ Les Noces de Figaro : les deux airs de la Comtesse et le duo de la lettre avec Erna Berger (en italien)
¶ La Flûte enchantée : air de Pamina et scène du suicide évité (magique !)
¶ Faust : ballade du roi de Thulé (en allemand)
¶ Mignon : « Connais-tu le pays » (en allemand, et à pleurer)
¶ Peer Gynt : chanson de Solveig et berceuse (en allemand)
À cela s'ajoutent les deux monologues de Lisa dans La Dame de pique, extraits d'une version abrégée en allemand enregistrée à Berlin à la fin des années 40 sous la
direction de Rother, avec Rudolf Schock et Margarete Klose, disponible par ailleurs.
En fin de programme aussi, le solo du Requiem allemand du Brahms dirigé par Rudolf Kempe, une merveille dont il a été question ici.
Et puis de vrais inédits, et goethéens en plus !
1) la Ballade du roi de Thulé mise en musique par Zelter, couplée avec Gretchen am Spinnrade de Schubert. Au piano, Hugo Dietz.
2) les deux airs de Klärchen dans la musique de scène que Beethoven a composée pour l'Egmont. Juste retour des choses pour celle qui voulait au départ être actrice, et qui semble née
pour donner corps à l'idéalisme allemand.
Le disque est paru en Allemagne il y a 15 jours. Tous détails nécessaires sur le site Preiser : c'est ici.
N.B. Parmi les nouveautés Preiser, un second volume consacré à Gottlob Frick. Par ailleurs, il y a une promotion en ce moment sur leur site : vous achetez 4 CD de la collection
"Lebendige Vergangenheit" (une mine !) et vous n'en payez que 3.
Par Bajazet
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