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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /2007 12:37

    C'est vendredi prochain à la Salle Pleyel, Matthias Goerne chante, Christoph Eschenbach l'accompagne au piano. Au lieu d'une soirée tout entière dévolue à Brahms (initialement annoncée), ce sera plus partagé :

SCHUMANN : Lieder sur des poèmes de Heine*
Abends am Strande
Es leuchtet meine Liebe
Mein Wagen rollet langsam
Liederkreis op. 24

BRAHMS : Lieder op. 32** & Quatre chants sérieux

    Le programme est passionnant, dans le détail et dans sa conception d'ensemble. Il est rare je crois de donner un opus entier de Brahms en récital. Ces 9 lieder sont écrits sur des poèmes d'August von Platen (1 et 3-6) et sur des traductions du poète persan Hafiz par Daumer (7 à 9), plus une poésie populaire moldave également traduite par Daumer (2 : "Nicht mehr zu dir zu gehen"). Les premiers sont d'une mélancolie sombre, parfois véhémente, moins suave qu'amère. Eschenbach avait gravé le magnifique "Nicht mehr zu dir zu gehen" avec Edda Moser. L'ensemble se clôt sur "Wie bist du, meine Königin", un des plus lyriques de Brahms, une merveille.
    Les Quatre chants sérieux sont bien connus, qu'ils soient par un homme pour par un alto féminin. Les textes sont empruntés à l'Ancien Testament, à l'Ecclésiaste en particulier. Là c'est le Brahms méditatif, austère du Requiem allemand. Avoir choisi un tel pendant à l'opus 32 est une excellente idée, et donne à la partie Brahms une forte cohérence.

    Quant à la partie Schumann, bénédiction ! "Abends am Strande" est particulièrement pénétrant, sur un long poème : c'est le soir, on regarde vers la mer, on rêve, mais la nuit vient tout effacer et impose le silence. "Mein Wagen"  flirte avec le fantastique, sur un ton énigmatique et ironique (le postlude est fascinant). C'est je crois un des tout derniers lieder écrits par Schumann, en tout cas inoubliable.
    Enfin, le cycle op. 24, plus schumannien que son illustre jumeau Dichterliebe. J'avoue que je préfère ce cycle que chantera Goerne, un peu plus concentré, d'une cyclothymie géniale, entre l'élégie faussement extatique de "Ich wandelte unter den Bäumen" et la violence rageuse de "Warte, warte, wilder Schiffmann". Et quelle péroraison que "Mit Myrthen und Rosen", avec sa vaste continuité du chant et du piano, comme un ciel changeant. En fait, le choix des poèmes (comme pour Dichterliebe, Schumann a puisé dans le Buch der Lieder) révèle un sens intime de la poésie de Heine, de sa subversion de l'idylle romantique par l'ironie.


    Ce miroir entre Brahms et Schumann repose aussi, peut-être sur l'idée d'un face-à-face entre Heine et Platen, dont les univers poétiques sont si différents (l'ironie n'est guère le propre du second, dont la morbidité n'est en rien celle de Heine). Songeons aussi que c'est Heine qui rendit publique l'homosexualité de Platen, dont la célébrité est aujourd'hui trop souvent réduit au fameux poème "Tristan" et à ses vers introductifs : "Celui qui a un jour contemplé la beauté / Est désormais voué à la mort." Le Prof. Aschenbach de la nouvelle de Thomas Mann doit sans doute quelque chose à la figure de Platen, fasciné d'ailleurs par Venise au point de lui avoir consacré un recueil de sonnets.

    Espérons en tout cas que le cadre cossu de la Salle Pleyel sera plus favorable aux échos de ce concert que celui de la Cité de la Musique. J'ai du mal à comprendre pour quelle obscure raison celui de Goerne l'an passé, avec un programme si étrange et donc séduisant (les Wesendonck, Frauenliebe und Leben), n'a suscité aucune réaction dans la presse ni sur les forums.
  

   
*Tous ces lieder, sauf "Es leuchtet meine Liebe" se trouvent dans un fabuleux disque Schumann de Fassbaender chez DG, avec Irwin Gage, récemment réédité. Les 3 lieder isolés figurent dans le dernier disque Schumann de Goerne avec Eric Schneider (Decca, 2004).
    (Et j'espère toujours la réédition du cycle op. 24 par Ernst Haefliger, vieux microsillon DG d'une poésie inoubliable. Il serait temps que DG consacre à cet artiste "maison" un hommage digne de ce nom. Mais quand on voit qu'EMI n'est même pas foutu d'honorer Grümmer.)

    ** L'intégralité de l'opus a été gravée, entre autres, par Thomas Quasthof (DG) et par Andreas Schmidt (CPO). J'en profite pour signaler que cette intégrale Brahms chez CPO (Helmut Deutsch au piano), qui propose les lieder par opus, distribués à des chanteurs différents (on y rencontre aussi J. Banse), est vendue sur jpc à 8 euros le volume.


   
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /2007 08:22

Cette nuit, j'ai revu le Palais de mon Père.


Mais cette nuit qui vient, n'oubliez pas : quand il sera 2 heures, il sera temps d'écouter la magnifique Ode funèbre de Bach, Jean-Sébastien :

    Laß, Fürstin, laß noch einen Strahl
    Aus Salems Sterngewölben schießen !




Encore une exclusivité du Bajablog !

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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 20:03




    Ça y est ! Après l'héritage d'Yves Nat, admirablement restauré et restitué à un prix modique, EMI va rééditer tous les enregistrements de studio de Marcelle Meyer, ce génie (osons ce mot galvaudé) qui fit sonner le piano comme personne,  avec autant d'élégance que de rigueur et de poésie. Non, vous n'aurez jamais entendu le piano sonner ainsi.

    La première, elle grava une intégrale Rameau intemporelle, fascinante, fluide comme l'eau qui coule, exacte et éloquente comme une phrase de Montesquieu, consistante mais aérienne, noble mais dansante — à la fois la Discrète et la Triomphante. Bref, une perfection absolue devant laquelle même les dévots du clavecin s'inclinent. Mieux qu'une perfection : une compagne.

    Or elle a gravé aussi des Couperin, des Scarlatti comme on en rêve, des Mozart incomparables. Personne ne l'a égalée dans les Pièces de Chabrier, où son jeu laisse entrevoir un âge disparu, qui est pourtant de tous les temps. Il y a aussi des Debussy, une intégrale Ravel, des Stravinski aussi je crois (elle a autant œuvré pour la musique contemporaine d'alors que pour la musique ancienne). Des Bach aussi, et des Schubert merveilleux.

    La restauration des originaux devrait bénéficier des mêmes soins que le coffret Yves Nat.


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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /2007 01:33

    La Monnaie de Bruxelles propose un très beau programme lyrique la saison prochaine. La Phaedra de Henze avec Kozena, laquelle reviendra dans un programme Dvorak avec Röschmann ; le Jules César de Haendel dirigé par Jacobs et mis en scène par les Herrmann ; Werther version baryton avec Tézier  et Koch ; Euryanthe de Weber en concert ; etc.
    Le détail peut être consulté ici :
http://www.demunt.be/2007-2008/fr/index.htm
(brochure téléchargeable)

    On note en particulier la création d'un opéra de Pierre Bartholomée, La Lumière Antigone, sur un livret d'Henri Bauchau, avec Mireille Delunsch en protagoniste (17-24 avril).

     Également, une production de
la Médée de Cherubini en version française originale, avec dialogues parlés (du 12 avril au 2 mai). La mise en scène sera assurée par Kr. Warlikowski, ce qui n'est pas vraiment réjouissant, surtout associé à Christophe Rousset : si une approche "philologique" de cet opéra si particulier et souvent abusivement grossi est une très bonne chose, j'imagine mal comment Les Talens Lyriques pourront donner la tension, la consistance et le souffle nécessaires à cette esthétique. Dans la distribution, des chanteurs qui ne sont pas forcément familiers de la déclamation française : Kurt Streit (Jason), Ekaterina Gubanova (Néris) et Nadja Michael (Médée). Cette dernière, qui a chanté récemment Eboli et Fidelio à Vienne, a été aussi bien Ottavia (à Munich, face à Antonacci et Daniels) que Vénus de Tannhäuser.
(J'avais cru comprendre qu'Anne-Catherine Gillet devait être Dircé, mais le rôle est donné comme encore non distribué.)

    Cependant, le voyage à Bruxelles est d'autant plus tentant que non seulement Antigone et Médée sont données simultanément, mais que vers le 20 avril, on pourra aussi entendre un beau programme haendelien de Joyce Di Donato avec Rousset, sous le signe de la "fureur" (19+22 avril), et de surcroît les Scènes de Faust de Schumann par Harnoncourt, avec rien moins que Gerhaher, Röschmann et Güra (21 avril).
       Il y a même l'Elisabetta de Rossini avec Antonacci les 16 et 22 avril.


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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /2007 21:50

    Entendu hier à la radio :
    « S. Royal devrait faire une apparition dans son fief de Melle »


    Écouté ce soir (par M. Delunsch bien sûr) :

JENNY
    D'ici voyez ce beau domaine
     Dont les créneaux touchent le ciel!
     Une invisible châtelaine
     Veille en tous temps sur ce castel.
     Chevalier félon et méchant,
     Qui trâmez complot malfaisaisant*,
     Prenez garde ! Prenez garde !
     La Dame blanche vous regarde,
     La Dame blanche vous entend.

     En tous lieux protègeant les belles,
     Et de son sexe ayant pitié,
     Quand les maris vont infidèles,
     Elle en avertit leur moitié.
     Cœur volage, époux inconstant,
     Qui manquez à votre serment,
     Prenez garde ! Prenez garde !
     La Dame blanche vous regarde,
     La Dame blanche vous entend.

GEORGES
     Grand merci, ma belle enfant,
     Votre conte est charmant.

TOUS (effrayés)
     Un conte!

JENNY
     La Dame blanche vous regarde
     Elle vous entend !

TOUS
     Silence !

GEORGES (riant)
     Elle nous entend ! Ah! Ah! Ah!



* E.B. [?]
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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /2007 23:04

    La brochure de la saison 2006-2007 de l'Opéra de Lyon était déjà croquignolette : non seulement tellement encombrée de blabla polychrome qu'elle était peu lisible, mais prodiguant les concepts foireux, ainsi du thème unificateur de la saison : l'Amour. Ça a dû être vraiment dur de trouver, parce que, entre nous, c'est fou combien il y a d'opéras qui sont passés à côté de l'Amoûr (comme Brigitte Fontaine). Quant aux sous-titres : Eugène Onéguine, la cavale du mâle aimé. Je ne sais pas à qui nous devons ces saillies laborieuses, mais c'est vraisemblablement quelqu'un qui est passé à Libération ou à Télérama.

    La tendance se confirme pour la saison prochaine. La plaquette en affiche la devise en capitales grasses : CHAQUE JOUR, S'ÉVEILLER À TOUTES LES MERVEILLES. Oui, la paronomase est offerte par la maison. Et comme à Lyon on aime les emblèmes, il y a une photo pour illustrer : un bol avec un sachet à infuser dedans, dont on ne voit que la ficelle, où est accrochée l'étiquette 07/08.

    Et en cas qu'on n'ait pas compris, ou qu'on soit mal réveillé, S'ÉVEILLER est en rouge. Ça donne donc (pour faire plaisir au Dr Marrec, qui a bien connu l'Ami Ricorée) :
   
CHAQUE JOUR, S'ÉVEILLER À TOUTES LES MERVEILLES

Il ne manque plus que des rires enregistrés.
Surtout qu'au bas de cette couverture est annoncé un festival en mars qui répond au titre :
DITES OUI
AU NÔ
.
J'espère qu'il s'agit de spectacles Télérama, ou c'est à n'y rien comprendre. De toute façon, sur présentation de votre Almanach Vermot, la 2e place vous sera gracieusement offerte.

    À l'intérieur de la plaquette, c'est le foutoir : 10 trucs attirent l'œil en même temps, et ça bavarde obstinément, sur le même registre bien sûr. La Damnation de Faust engendre ainsi Faust d'orchestre LOL MDR PTDR (NDLR)

    Passons sur l'éditorial du Directeur général Dorny, qui a pourtant une âme de poète :

La nuit, c'est l'heure du spectacle.
Noir de la nuit, rouge des toits de l'Opéra.
La nuit, l'heure de la fête.
La nuit, l'heure des étoiles, l'heure de la lune.
La nuit, l'heure de l'obscurité.*

La nuit, l'heure des secrets.
C'est l'heure du sommeil.**
La nuit, l'heure des songes — rêves et cauchemars.***
C'est l'heure de l'amour et c'est l'heure du crime.****
La nuit, c'est l'heure de la joie et du mal de vivre.
C'est l'heure où la lumière du jour ne guide plus.
C'est l'heure des illusions et l'heure de vérité.
C'est l'heure du crépuscule et c'est l'heure de l'aube.*****

Et maintenant notre grand jeu SMS : quel est le thème de la prochaine saison lyonnaise ?
Pardon ? Un indice ?
À la p. 8, en marge de Maria Stuarda, ces mots de Leicester : « Comme un éclair dans la NUIT sombre elle a brillé, s'est enfuie, a disparu ».
Eh oui, c'est bien la nuit ! Bravo aux gagnants, qui pourront ainsi découvrir le pompon de ces pages, à savoir ce qu'on lit p. 50. Non pas seulement que Jérémie Rohrer est « au centre du Cercle de l'Harmonie », mais ceci :

DIANA DAMRAU
Nouvelle star
Elle est jeune. Elle ressemble à Meryl Streep. Elle nous arrive avec sa "voix d'argent précieux" [que l'auteur se dénonce !], "riche et limpide"… Une réputation déjà très brillante. [surtout la NUIT, hihihi] Etc.

    Bon, il faut croire que toutes les fusées du feu d'artifice (© M6) ont alors été tirées, parce que p. 51, on lit :
Son prénom, déjà, est un gage de bonheur. Felicity Lott est la plus française des chanteuses anglaises. Une grande Dame.

Voilà. Sans doute on le savait, mais la confirmation vient des Gaules : le ridicule ne tue plus, il engraisse.
Au fait, comme thème pour 2008-2009, pourquoi pas : la Quenelle des Bouffons ?


*Arrêtez, j'ai mal au ventre.
** Discrimination intolérable ! À bas la pensée unique !
*** Discrimination évitée.
**** Un alexandrin !… Quelle sensation de luxe !
***** Voilà qui est mieux. ^^

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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /2007 21:24

Ce matin était officiellement annoncé le détail de prochaine saison du Capitole, que voici (je passe sur les ballets…). La brochure est disponible au théâtre  depuis aujourd'hui.

1) OPÉRAS

Lalo, Le Roi d'Ys : 5, 7, 9, 12, 14 oct.
Yves Abel / Nicolas Joel
Inva Mula, Sophie Koch, Charles Castronovo, Frank Ferrari, Paul Gay, Eric Martin-Bonnet

Destouches, Le Carnaval et la Folie : 11 oct.
Production de l'Académie d'Ambronay (version concert), dir. Hervé Niquet

Mozart, Don Giovanni : 9, 11, 13, 16, 18, 20, 23, 25 nov.
Günter Neuhold / Brigitte Jaques-Wajeman (reprise)
Ildebrando d'Arcangelo, Tamar Iveri, Barbara Haveman, Topi Lehtipu, Karine Deshayes, David Bizic, Gudjon Oskarsson, Paul Gay

Offenbach, La Belle Hélène : 22-31 déc.
Patrick Davin / Jérôme Savary
Marie-Ange Todorovitch, Sébastien Droy, Eric Laugérias, Alain Vernhes, Patrick Rocca, François Harismendy, Eric Huchet, Till Fechner

Tchaïkovski, La Dame de Pique : 31 janv., 3, 5, 7, 10 févr.
Tugan Sokhiev / Arnaud Bernard
Vladimir Galouzine, Barbara Haveman, Raina Kabaivanska, Vladimir Chernov, Boris Stasenko, Varduhi Abrahamyan, Balint Szabo

Wolf-Ferrari, Les Rustres : 29 févr., 2, 4, 7, 9 mars
Daniele Callegari / Grischa Asagaroff
Roberto Scandiuzzi, Cinzia de Mola, Alessandra Marianelli, Luigi Roni, carlos Chausson, Daniela Mazzucato

Rossini, Le Turc en Italie : 28 & 30 mars, 1er, 4, 6 avril
Maurizio Benini / Tobias Richter
Inga Kalna (YOUPI !), Alberto Rinaldi, Pietro Spagnoli, Marco Vinco, Lawrence Brownlee, Brigitte Hool, Philippe Do

Strauss, Le Chevalier à la rose : 9, 11, 13, 16, 18 mai
Jiri Kout / Nicolas Joel
Martina Serafin, Sophie Koch, Anne-Catherine Gillet, Kurt Rydl, Eike-Wilm Schulte, Ingrid Kaiserfeld, Elsa Maurus, Jordi Ismael

Offenbach, Les Contes d'Hoffmann : 12, 15, 19, 22, 26, 29 juin
Yves Abel, Nicolas Joel
Giuseppe Sabbatini, Désirée Rancatore, Kate Aldrich, Inva Mula, Karine Deshayes, Samuel Youn, Christian Tréguier, Rodolphe Briand, Qiu Lin Zhang

2) RÉCITALS

10 décembre : Sandrine Piau, avec Susan Manoff, piano
Zemlinski, Chausson, Debussy, Strauss, Schönberg

24 janvier : Juan Diego Florez, avec Vincenzo Scalera, piano
Programme à préciser

8 mars : Yvonne Naef, avec Bertrand Chamayou, piano
Messiaen

13 mars : Diana Damrau, avec le Cercle de l'Harmonie, dir. J. Rohrer
Mozart : airs de Lucio Silla & La Flûte, air de concert "Basta, vincesti"
Salieri : airs de Semiramide riconosciuta, L'Europa riconosciuta, Les Danaïdes, La Finta Scema, Der Rauchfangkehrer
Righini : air de Il Natal d'Apollo

21 avril : Waltraud Meier, avec Joseph Breinl, piano
Programme à préciser

3) Midis du Capitole (récitals avec piano)

10 octobre : André Heyboer
6 mars : Alessandra Marianelli
3 avril : Philippe Do
15 mai : Ismael Jordi


P.S. Confirmation pour Hippolyte & Aricie, février 2009



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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /2007 22:38


    L'approximation, qui a tôt fait de verser dans l'incompétence, étend encore son empire. Cette fois, l'exemple nous vient de Paris, et plus exactement de France Musique, qui comme il a été annoncé ici-même, a diffusé le concert de cantates françaises autour d'Ulysse donné à la Cité de la Musique le 8 juin dernier.

    Hélas, hélas, trois fois hélas ! Le programme a été estropié sans autre forme de procès : à la trappe Circé puis Ulysse & Pénélope !!! De ce que chantait Françoise Masset n'a ainsi subsisté que la première cantate du programme, Le Naufrage d'Ulysse. Mais ce n'est pas tout : Olivier Bernager, qui n'est plus à son coup d'essai en la matière, a présenté cette dernière comme chantée par Valérie Gabail… tandis Françoise Masset se voyait abusivement prêter une des cantates de Gabail.

    Il suffit d'avoir entendu Olivier Bernager une fois ces dernières années pour savoir que c'est le roi triste du lapsus ("Figaro veut épouser Barberine" n'est pas le pire) mais surtout du flou et de l'impréparation  érigés en système.  Il n'est pas le seul sans doute  à alimenter la chronique, mais cette incurie autosatisafaite, outre le mépris du travail des artistes, est proprement effarante.  Finalement il devrait se borner à dialoguer avec des auditeurs zélés à raconter leurs petites histoires en se faisant mousser. Dans le style Béranger (Macha), Bernager (Olivier) n'a sans doute aucune concurrence sérieuse aujourd'hui.

http://www.radiofrance.fr/francemusique/ecr/contact/fiche_prod.php?prod_id=2


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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /2007 17:20



    Un vieux de la vieille, que j'ai bien connu, avait cette formule excellente :

Lascia a' morti la pace.


    Mais en ce jour anniversaire de la mort de Callas, il faut parler, parler encore. Et si on a déjà par le passé essuyé les bavardages et les approximations de France Musique, que dire de cet après-midi d'hommage à la grande ombre !

    Passons sur la Tribune des Critiques animée désormais par Renaud Machart, lequel réussit à faire du sous-Lodéon (et inviter Micheline la Bordeluche, acolyte de la Sacerdotessa Maïté dans feue la Cuisine des Mousquetaires, fallait le faire !), et à ratiociner sur les deux Tosca de Callas. Même à Radio Classique ils  doivent faire des choses moins galvaudées. Vous allez dire qu'il ne manquait que Ruggieri, mais M. Parouty la remplaçait avantageusement au robinet à clichés.

    Le sommet reste l'heure animée par une certaine Emmanuelle Gaume, qui n'était pour moi qu'un nom, mais qui semble (si c'est la même) très connue dans la presse people. Vous apprendrez qu'elle a en charge une émission hebdomadaire sur l'actualité des livres sur la musique. Et ça fait vraiment peur.

    Non, elle n'avait pas invité Ruggieri, mais son rival vernissé (astuto mio rival !) : Henry-Jean Servat, qui tenait le haut du pavé. Le pauvre Charles Dupêchez, venu présenter la dernière biographie définitive de Callas  aux éditions qu'il dirige, a peu parlé, sinon pour s'étonner que la voix de la Divine se soit si vite altérée.  Enfin, le falsettiste Robert Expert (dont je jurerais à l'accent qu'il est du Béarn)  était préposé aux extraits musicaux, témoignant d'ailleurs au double titre de fan de Callas et d'expert de la technique vocale.

    Mlle Gaume, visiblement très excitée par la carrière de « Maria », qu'elle n'a pas eu la chance de connaître (« je suis née en 1968, eh oui ! »), « adoooore » le livre de Servat, parce qu'il est plein de photos de « Maria » avec « en dessous des phrases qu'elle a prononcées ». Ces phrases, elle les « adore » aussi, et tellement qu'elle les égrène en cirant les pompes vernies de Servat. De temps en temps, elle se rappelle que Dupêchez fait tapisserie et lui octroie quelques paroles.

    Servat, en bon narcisse médiatique, commence à raconter comment il en est venu à mettre en scène Traviata. Il « adore Proust », il « adore le travail de Visconti ». Il se souvient qu'adolescent il était au cinéma et que pendant la projection des Gauloises bleues avec Bardot (à qui il comparera souvent Callas) le patron du cinéma est venu annoncer qu'Onassis allait épouser Jackie Kennedy et que « ça va être terrible pour Callas ». Servat, garçon sensible, a bien sûr été bouleversé : « ça a été mon premier contact avec Callas ».

    Mais bon depuis, il a mûri, et n'hésite pas à proposer des analyses pénétrantes. Callas « jouait sa vie dans ses rôles de théâtre » ; d'ailleurs la vie privée et l'opéra se rejoignent à la fin de sa carrière quand elle chante Traviata, alors qu'elle est abandonnée de tous. Gaume semble impressionnée par le « destin terrible » de « Maria », mais apparemment elle est aussi intéressée par son premier mari, qu'elle appelle « Menighi ».

    Servat souligne qu'il n'a pas voulu faire un récit objectif de la vie de Callas. Cependant il s'est documenté, en vrai professionnel. Par exemple, il a été voir la table où elle dînait chez Maxim's. Gaume a dit et répète que le texte qu'il a écrit est très beau, « une sorte de préface aux photos, en fait » ; enfin, non, puisque « le livre est préfacé par votre ami Roberto Alagna ».

    Gaume se demande s'il est vrai, « comme certains le disent », que Callas « n'avait pas une très bonne technique ». On se récrie unanimement. On écoute à la suite, pour illustrer les talents extraordinaires de Callas, la fin d'une Médée live et la folie de Lucia à Berlin avec Karajan. R. Expert souligne « la prise de risque » dans le chant de Callas. Mais Gaume veut en savoir plus :
    « Comment expliquez-vous cette prise de risque ? Une forme de lâcher ? Une forme de transcendance ? » C'est la transcendance, tout le monde semble s'accorder sur ce point, à défaut de savoir exactement le sens qu'il faut donner à ce mot.

    Bajazet va alors vaquer à l'office — car même ici, on manque de personnel. À son retour, on est revenu au « destin » de « Maria ». Servat trouve encore les mots justes : « Onassis lui a perturbé le mental. Ça serre le cœur comme un papier qu'on froisse. » (Là, Ruggieri doit se sentir humiliée. NDLR)

    Et pour résumer la magie Callas : « elle touche à l'impalpable ».

   L'émission se conclut par un petit mot de Gaume aux auditeurs :
    « Je vous embrasse très fort. »*

    Vous écoutez France Musique.


* On aimerait tant lui rendre le baiser de Tosca.



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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 23:35


    Les 26 et 27 octobre sera donné au Nouveau Théâtre Jules-Julien de Toulouse Didon & Énée d'Henry Purcell. Je n'en sais guère plus, le magazine municipal Toulouse Culture étant chroniquement défaillant en détails et généreux en erreurs ; peut-être aussi que la distribution n'est toujours pas  arrêtée (mais que fait la police ?).

    Ce que l'on sait cependant c'est que Stéphane Delincak y dirigera l'Ensemble vocal et instrumental À bout de souffle. C'est pas bien long, Didon & Énée, mais dans ces conditions il y aura sans doute un entracte. Surtout si les chœurs doivent courir vers Carthage pour se mettre à l'abri de l'orage. Haste, haste to town…

   
Une photo des répétitions (encore une exclusivité du Bajablog !) :



Thy hand, Belinda…


    Encore une victoire du vrai chic toulousain !
   
   
    N.B.
Ne cherchez pas la version avec J. Seberg et J.-P. Belmondo : elle n'est pas commercialisée. Profitez-en plutôt pour (ré)écouter les versions gravées par Tatiana Troyanos. Celle de Hambourg avec Mackerras, où  jeune encore, elle est déjà souveraine (DG Originals, avec Sheila Armstrong et Paul Esswood en Esprit fascinant) ou celle sous la direction moins séduisante de Leppard, compensée par la Belinda grand genre de Felicity Palmer (encore soprano alors) et le Marin parfaitement jouissif de Philip Langridge, où Troyanos a gagné encore en intensité, en chair et en majesté (Erato, rééd. Apex).



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